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Traite d’êtres humains, une réalité au Burundi

Des centaines de jeunes Burundais sont recrutés et transportés par des individus ou un réseau organisé chaque année vers les pays étrangers ou à l’intérieur même du Burundi. Ces trafiquants abusent des personnes vulnérables à la quête d’une vie meilleure. Dans cette aventure souvent tragique, beaucoup d’entre elles font face à l’exploitation sous toutes ses formes. Pour éradiquer ce fléau, Chacun de nous est appelé à dénoncer ces cas de traite d’êtres humains 

La traite d’êtres humains est une réalité au Burundi. Les chiffres exacts des victimes burundais sont jusqu’ici inconnus, car ces migrations se font souvent dans la clandestinité. Selon les statistiques de l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM), plus de 1000 victimes de la traite d’êtres humains ont été assistées au Burundi depuis 2017.  53% des victimes burundais subissent l’exploitation en Arabie Saoudite,13% à Oman, 11% en Tanzanie, 9% à l’intérieur du Burundi et 7% au Kenya.

Selon toujours l’OIM-Burundi, entre 2017 et 2021 ,81% des victimes identifiées étaient des femmes et des filles. Un quart des survivants étaient des enfants de moins de 18ans dont la plupart sont issus des milieux socio-économiques défavorisés. 50% sont exploitées à des fins sexuelles, 38% sont exploitées à des fins de travail forcé, 6% sont soumises à une activité criminelle forcée,1% sont utilisés dans la mendicités, et 5% pour d’autres formes d’exploitation.

Les chiffres exacts des victimes burundais sont jusqu’ici inconnus, car ces migrations se font souvent dans la clandestinité.

Une réalité en interne

Selon le rapport de l’OIM, l’environnement sécuritaire difficile du Burundi, la pauvreté endémique et les faibles niveaux d’éducation créent une opportunité pour les trafiquants, d’abuser des Burundais en situation précaire ou désespérés.

La nécessité économique et la coercition poussent les enfants et les jeunes adultes à travailler, notamment comme domestiques, dans les plantations ou dans les petites exploitations agricoles, dans les mines d’or, dans le commerce informel et celui ambulant qui se pratiquent dans les rues des grandes villes, etc. Beaucoup d’enfants et d’adultes handicapés sont enrôlés dans la mendicité par des gens sans foi ni loi.

La traite est souvent transfrontalière

Les trafiquants recrutent frauduleusement certaines jeunes femmes et adultes burundais soi-disant pour des emplois, mais les soumettent au contraire au travail forcé et à la traite sexuelle dans divers pays du Golfe, comme le Koweït, l’Arabie Saoudite, Oman et Qatar. Entre 500 et 3000 jeunes femmes sont devenues des victimes de la traite dans ces pays entre 2015 et 2016, et une ONG a signalé que plus de 800 jeunes femmes burundaises restent dans ces pays. En 2017, des agences de recrutement burundaises et Kenyanes ont frauduleusement recruté plusieurs femmes burundaises adultes, qui ont été identifiées au Koweït, pour travailler comme employées de maison et réceptionnistes. Cependant, à leur arrivée, les trafiquants les ont soumises au travail forcé et ont confisqué leurs passeports, les malheureuses victimes ont été payées moins que ce qui avait été convenu, leurs déplacements ont été limités et elles ont été contraintes de travailler des heures excessives sans pause.

Une avancée remarquable

Dans le rapport publié le 1er juillet 2021 sur la traite des êtres humains, le département d’Etat Américain a annoncé que le Burundi a réussi à passer de la classification de la liste de surveillance de niveau 3 à celle de niveau 2 pour 2021 et qu’il figure parmi les pays qui ont fait des efforts considérables dans le respect des normes minimales dans l’élimination de la traite des êtres humains.

Dans le but de limiter la traite des êtres humains, le gouvernement du Burundi est entrain de renforcer sa présence diplomatique dans les pays de destination, en l’occurrence dans le golfe arabo-persique. A côté de l’ambassade du Burundi déjà existante à Ryad en Arabie Saoudite et du consulat général du Burundi à Dubaï, une nouvelle mission diplomatique vient d’être ouverte à Doha au Qatar.

L’OIM suggère au gouvernement du Burundi d’ accroître considérablement les efforts pour enquêter, poursuivre et condamner plus efficacement les trafiquants et de mettre en œuvre la loi n°1/28 du 29 octobre 2014 portant prévention et répression de la traite des personnes et protection des victimes de la traite.

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