La Coopérative Agro-Pastorale de Mitakataka (CAPMI) vise à transformer sa production agricole et animale malgré un manque de moyens. Pour concrétiser cette vision, elle a besoin d’un accès au courant électrique, de l’adoption de techniques agricoles modernes, de l’utilisation du biogaz, d’un véhicule pour le transport de la production et d’un approvisionnement suffisant en eau. A terme, la CAPMI souhaite également se développer en un véritable centre d’apprentissage destiné aux stagiaires professionnels.
En plus de l’élevage, la CAPMI pratique la culture du riz, du maïs, du soja…
Selon Eric Nduwimana, fondateur de la coopérative et ancien président de celle-ci de 2022 à avril 2025, la CAPMI regroupe les anciens combattants et d’autres personnes souhaitant les accompagner. L’objectif est de mener une vie décente après la guerre et de contribuer au développement du pays.
La coopérative a son siège sur la colline Gatura, commune Mpanda, dans la province de Bujumbura. Elle est constituée de 28 membres dont 8 femmes et 20 hommes.
Pour lui, la coopérative a démarré avec un capital de 600 000 FBu, suivi d’une cotisation mensuelle de 10 000 FBu par membre. Avec cette somme, les dirigeants de la coopérative ont d’abord priorisé l’achat d’une parcelle de 20 mètres de larges sur 80 m de long destinée à l’élevage et l’acquisition des vaches. Au total, la coopérative a acheté 25 vaches, mais elle n’en détient actuellement que 18, les autres ayant péri.
En plus de l’élevage, la coopérative pratique la culture du riz, du maïs, du soja… « Notre souhait est de transformer notre production afin de pouvoir exporter », indique M. Nduwimana.
La création d’emplois face à de nombreux défis
Le fondateur de la CAPMI explique que la coopérative a été mise en place dans l’optique de créer des emplois. Pour l’instant, précise-t-il, elle compte 17 employés permanents et plus de 150 employés saisonniers.
Toutefois, il déplore que certains défis d’adaptation aient perturbé la vision de la coopérative. « Tout d’abord, la faible disponibilité des aliments pour le bétail et le manque de vétérinaires qualifiés ont provoqué la mort de plusieurs de ces animaux domestiques », regrette-t-il. M. Nduwimana souligne également que les membres de la coopérative ne sont pas formés aux bonnes pratiques agricoles modernes. Ce qui réduit les rendements.
Il ajoute que pour atteindre sa vision, la coopérative a besoin de l’électricité, du biogaz, de l’eau pour le bétail ainsi que de machines pour pratiquer une agriculture moderne. Elle souhaite devenir un centre d’auto-école agricole et aussi que ses employés puissent bénéficier d’une assurance maladie et des cotisations pour la sécurité sociale.
Il se réjouit que, malgré les défis, la CAPMI bénéficie de certains appuis, notamment un crédit de 37 millions de FBu lui octroyé par la BNDE pour développer ses projets.
La coopérative, un modèle pour les bénéficiaires
Oscar Ndikuriyo, quadragénaire et père de cinq enfants, est employé à la CAPMI. Originaire de la colline Muyebe, commune Nyabihanga, dans la province de Gitega, il affirme que la coopérative est d’une grande importance pour lui et constitue un véritable modèle.
D’après lui, les enfants ont besoin d’aller à l’école, de se nourrir et d’avoir un bon logement. Ainsi, s’il gagne chaque mois à la coopérative 100 mille FBu par exemple, il envoie la moitié, soit 50 000 FBu, à sa famille pour acheter une truie ou une chèvre, afin de pratiquer lui aussi l’agriculture et l’élevage en s’inspirant du modèle de la coopérative.
Il espère que grâce aux résultats de cette activité, il parviendra à concrétiser sa vision.