Dans les années 1990, plus de 400 enfants en situation de rue ont été pris en charge par la Croix-Rouge du Burundi, la branche de Ngozi, actuelle province Butanyerera, au sein de son centre baptisé Twitwararikane (« Soutenons-nous mutuellement »). Ces jeunes ont bénéficié d’un accompagnement à la fois social et scolaire, dans un cadre structuré.
La croix rouge de Ngozi a soutenu dans les années 1996, 1997 plus de 400 enfants en situation de rue.
Selon Francine Habonimana, la chargée de l’intendance du centre « Twitwararikane » à l’époque, les enfants en situation de rue sont des enfants comme les autres. Ils ont besoin de se loger, de se nourrir, d’étudier… C’est dans ce cadre que la croix rouge du Burundi, la branche de Ngozi a soutenu dans les années 1996 et 1997 plus de 400 enfants en situation de rue.
« Cette initiative offrait bien plus qu’un simple refuge. Elle représentait un véritable tremplin vers la réinsertion. Grâce à l’encadrement proposé, de nombreux enfants ont pu quitter la rue, retrouver la stabilité et reprendre le chemin de l’école », explique Mme Habonimana.
Aujourd’hui encore, cette expérience reste une source d’inspiration, surtout dans un contexte où les enfants réapparaissent dans les rues de certains centres urbains. Pourtant, ces mêmes enfants avaient été délocalisés depuis 2023 vers le site de Munzenze, situé dans la province de Buhumuza, à Cankuzo, un centre mis en place pour leur encadrement.
Ainsi, face au défi persistant de la présence des enfants dans la rue, souvent décrits comme des « bombes à retardement » en raison de leur extrême vulnérabilité et du risque social qu’ils représentent à long terme, l’expérience de Twitwararikane rappelle qu’une approche humaine, cohérente et centrée sur la réinsertion scolaire et sociale peut véritablement faire la différence.
De la rigueur, mais aussi des appuis
Mme Habonimana souligne que l’encadrement au centre Twitwararikane était particulièrement rigoureux et bien structuré. « On ne leur accordait pas de temps pour circuler dans la rue. L’encadrement assuré était strict », insiste-t-elle. Les activités étaient organisées autour de plusieurs domaines essentiels, à savoir : l’accompagnement social, le sport et les loisirs, l’intendance ainsi que la santé.
Ce cadre strict et équilibré visait à créer un environnement stable, propice au développement personnel et à la réinsertion des enfants.
Mme Habonimana précise également que le centre bénéficiait de soutiens importants. Selon toujours elle, les vivres étaient fournis par le Programme Alimentaire Mondial (PAM), les matériels scolaires par l’UNICEF et les autres besoins essentiels étaient couverts par la Croix-Rouge française.
Elle indique enfin que l’accès à l’éducation était un pilier central du programme. Certains enfants en situation de rue étaient inscrits à l’école primaire ou à l’école secondaire, tandis que ceux en âge plus avancé étaient orientés vers la formation professionnelle, afin de leur offrir des compétences concrètes pour leur avenir.
Mme Habonimana se veut rassurante. Si la Croix-Rouge disposait à nouveau des appuis nécessaires, elle serait tout à fait en mesure de reprendre la prise en charge des enfants en situation de rue.