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UE : 332 millions d’euros pour améliorer les conditions de vie de la population

L’engagement de l’Union Européenneet de ses pays membres présents au Burundi à améliorer les conditions de vie de la population burundaise est remarquable. Pour gagner le pari, ils ont financé pas mal de projets dans des secteurs variés. Les financements de l’Union Européenne sont estimés à 332 millions d’euros sur une période de cinq ans. Les bénéficiaires s’en réjouissent

Les ambassadeurs de l’Union Européenne et de ses pays membres au Burundi(Allemagne, Belgique, France, Pays-Bas), celui de la Suède et la conseillère politique de l’Irlande, tous deux avec résidence en Tanzanie; ont effectué  une visite du 23 au 24 janvier 2020 dans les provinces de Bujumbura,  Rumonge et Makamba pour se rendre compte des réalisations des projets qu’ils ont financé. Le premier projet visité concerne le renforcement des compétences des ménages dans la prévention de la malnutrition chronique au Burundi (ADRN). Ce projet a été financé par l’Union Européenne pour un montant de 5 millions d’euros. Sept provinces sont ciblées à savoir Bujumbura, Bururi, Mwaro, Rumonge et Kirundo. Selon les responsables dudit projet, l’objectif est de renforcer la résilience des communautés et des ménages pour prévenir la malnutrition et les maladies liées à cette dernière à travers les approches Foyer d’Apprentissage Nutritionnel (FAN) ou Foyer d’Apprentissage et de Réhabilitation Nutritionnelle (FARN) dans sa zone d’action

Claude Bochu, chef de délégation de l’Union Européenne au Burundi : « Je me réjouis des interventions de l’Union Européenne sans oublier celles de ses pays membres »

16 000 ménages ont accès à l’eau potable

Parmi les activités réalisées par le projet ADRN, 400 FARN pour la prise en charge des enfants qui ont des maladies liées à la malnutrition identifiés lors du dépistage ont été mis en place. Et d’ajouter 7395 jardins de cuisine avec production de fumure pour les enrichirà travers la dotation de 1 150 ménages en petit bétail avec le système de chaine de solidarité communautaire. Plus de 16 000 ménages ont accès à l’eau potable à  travers la réalisation des adductions d’eau potable,des forages et des sources aménagées.  37 écoles et plus de 7500 ménages ont accès à l’assainissement à travers la réalisation des latrines et des dispositifs de lavage de mains.

La qualité des soins améliorée

Le deuxième projet visité concerne la Digitalisation de la SPT (Stratégie Plainte Traitement) dans le cadre du Programme d’Appui au Système de Santé I (PASS I).La délégation d’ambassadeurs s’est rendue au Centré de Santé de Gitaza, en province de Bujumbura Ce projet est financé par l’Union Européenne pour un montant de 1 171 650 d’euros. Trois provinces pilotes sont ciblées. Il s’agit de Rumonge, Muramvya et Kirundo.  L’objectif est de contribuer, par la digitalisation des procédures, à l’amélioration de la qualité des soins à travers le renforcement des capacités des gestionnaires provinciaux et de leurs fonctions régaliennes, la mise en œuvre rigoureuse des protocoles cliniques en vigueur et l’amélioration de la gestion des médicaments. Le titulaire du centre de Santé de Gitaza s’en réjouit. Il affirme qu’il y a eu amélioration de la qualité des soins offerts par les prestataires de soins. Le temps est réduit. Les longues files d’attente se sont amenuisées.

Le Troisième projet visité est le SAD (Social for Action Development) dont l’objectif visé est la lutte contre les grossesses précoces en milieu scolaire.  Il est financé par l’Ambassade de France pour un montant de 27 760 euros. Seule la province Rumonge est ciblée car elle figure parmi les provinces les plus touchées par ce fléau. Les effectifs rapportés au cours de l’année scolaire 2015-2016 au sein de 6 écoles fondamentales de la commune Rumonge font état de 110 cas de grossesses précoces enregistrées. Pour inverser la tendance, 240 élèves des 6 écoles fondamentales dont 180 filles et 60 garçons, 60 personnels éducatifs dont 35 femmes et 25 hommes et 150 parents dont 90 femmes et 60 hommes de 8 quartiers de la zone Rumonge ayant des enfants dans ces écoles ont été formés comme pairs éducateurs sur le respect et la protection des droits de la femme et la prévention des grossesses précoces en milieu scolaire. Un club d’éveil dit Club Zéro Grossesse a été mis en place dans chacune de ces écoles. 820 élèves dans les 6 écoles concernées dont 500 filles et 300 garçons ont été sensibilisés par des pairs éducateurs. 680 femmes et 400hommes ont été aussi sensibilisés sur la problématique  des grossesses précoces en milieu scolaire et familial par les pairs éducateurs.

Les maladies des mains sales maîtrisées

Le quatrième projet visité concerne la Protection des Ressources en Eau (PROSECEAU). Il est financé par le ministère allemand de la coopération au développement (BMZ) pour un montant de 930 000 euros. Philippe De Roissart, gestionnaire du projet fait savoir que les provinces de Rumonge, Bururi et Mwaro sont ciblées. Les habitants de la colline Gitwe éprouvent un sentiment de satisfaction. Auparavant, ils utilisaient une eau qui n’est pas propre. Ils étaient sujets à des maladies des mains sales.Après que ce projet ait aménagé et protégé leur source d’eau potable, ces habitants affirment que leur santé s’est améliorée. Les vers intestinaux et les maladies diarrhéiques ont été maîtrisés. 126 périmètres de protection ont été établis sur les captages prioritaires. 156 000 personnes, soit 13% de la population des provinces de Rumonge, Bururi et Mwaro utilisent un de ces 126 captages qui produisaient auparavant de l’eau de mauvaise qualité, mais quisont aujourd’hui protégés. Il y a une réduction de 35% de la population qui consomme de l’eau contaminée.

Philippe De Roissart gestionnaire du projet PROSECEAU : « Les vers intestinaux et les maladies diarrhéiques ont été maîtrisés »

CFP: Les bénéficiaires ont amélioré les connaissances

Le cinquième projet visité concerne l’Appui Complémentaire à la Formation Professionnelle et Technique (ACFPT). Il est financé par la Belgique pour un montant de 6 millions d’euros. Selon Etienne Rodenbach, chargé du suivi du projet, son objectif est de permettre aux jeunes et aux adultes d’acquérir des compétences techniques et professionnelles adaptées aux besoins de l’économie locale, nationale et régionale. Les bénéficiaires rencontrés au Centre de Formation Professionnelle de Gatete, en province Rumonge, s’en réjouissent. Ils parviennent aujourd’hui à fabriquer des bancs pupitres, des portes, des lits, des habits, etc. Avec l’appui de ce projet, ce centre dispose de 4 sections dont la soudure, la couture, la bureautique et la menuiserie. Suite au contexte général et institutionnel défavorable de 2015, l’ACFPT appuie 13 Centres d’Enseignement des Métiers (CEM) identifiés et ciblés sur base de critères d’effectifs, de fonctionnement et de potentiel endogène favorable.

Vers la maîtrise des conflits fonciers

Le sixième projet visité concerne le Service Foncier Communal (SFC). Il est financé par l’Ambassade du Royaume des Pays-Bas pour un montant de 3 010 981 euros et concerne les communes de Mabanda et Vugizo de la province Makamba. L’objectif de ce dernier est la pérennisation des SFC avec des revenus issus des certificats primaires et des mutations ultérieures, ainsi que par la réduction des conflits fonciers. Selon Léopold Nkurunziza, responsable du service foncier à la commune Mabanda, 5200 conflits sur 6 600identifiés ont été résolus. 92% des parcelles ont été enregistrées, soit 43 700 parcelles.  10 400 certificats fonciers ont été établis contre 3900 certificats retirés. Par ailleurs un autre projet de promotion de la certification foncière (PCF) dans les communes Kibago et Kayogoro, sous financement de l’USAID pour un montant de 882 495 USD, est en cours. L’objectif est d’inciter les populations à passer par les SFC pour faire établir les certificats fonciers pour leurs propriétés.  29000 personnes ont participé aux activités de sensibilisation. 1600 conflits fonciers ont été identifiés dont 930 adressés au CRC et 340 résolus.

77 activités génératrices de revenus non agricoles créées

Le septième projet visité concerne l’appui à la valorisation des produits agricoles et la promotion de l’artisanat (CREAVA). Il est financé par l’Union Européenne pour un montant de1 328 951 euros.Les provinces ciblées sont Makamba et Rutana.

Les bénéficiaires du projet SAD ravis

Selon Ir Fabrice Ndayizigiye, chef du projet PROVAPA-TUGWIZAKAZI, le projet a contribué à la mise en place des groupements pré-coopératifs, à l’installation de petites unités de transformation (agriculture, pêche, artisanat) et à l’appui à la commercialisation des produits. 1250 personnes ont bénéficié de l’appui dudit projet dans le secteur agricole. 560 personnes ont bénéficié de bovins, de porcins et de petits ruminants. 11 unités de transformation ont été initiées. 12  boutiques d’intrants agricoles et d’élevage ont été mises en place. 2 semenciers de banane et 31 semenciers de maïs ont été appuyés. 77 activités génératrices de revenus non agricoles ont été créées.

Plus de 10 000 personnes ont accès à l’électricité

Le huitième projet visité concerne l’équipement des communautés avec des panneaux solaires (SESMA). Il est financé par l’Union Européenne pour un montant de 4,1 milliards de FBu. Les zones ciblées sont le village de Ndava à Ryansoro dans la province de Gitega, le village de Gatereni dans la province Rutana et les villages de Buheka et Kazirabageni à Nyanza-lac dans la province de Makamba. L’objectif est d’augmenter et d’améliorer l’accès des zones rurales pauvres aux services énergétiques modernes adaptées aux conditions abordables et durables. Plus de 10 000 personnes ont accès à l’électricité.

Enfin, le neuvième projet visité concerne la promotion de l’entreprenariat rural à travers une structure coopérative et l’introduction de la culture irriguée de patchouli. Il est financé par le royaume des Pays-Bas pour un montant de 7 798 145 euros.  Les travaux vont bon train  sur le site de Musatwe, colline Mvugo, commune Nyanza-lac, province Makamba. Une usine de distillation de l’huile de patchouli d’une capacité de production maximale de 150 litres par jour y sera érigée.

62 000 litres d’huile de patchouli destinées à l’exportation

Des plantations de patchouli d’au moins 1000 ha sont prévues pour être aménagées et entretenues afin de garantir la disponibilité de la matière première. On envisage une production totale annuelle d’au moins 62 000 litres d’huile de patchouli destinées à l’exportation.

Dans la même optique, le royaume des Pays-Bas a financé un projet de pisciculture moderne orienté vers le marché local au Burundi pour un montant de 6 250 873 euros. Au moins 4000 ménages ruraux bénéficiaires directs de ce projet seront regroupés dans 80 coopératives piscicoles de production et seront formés en pisciculture moderne orientée vers le marché local. Il s’agira d’un complexe piscicole moderne établi à  Nyanza-lac avec 5 départements et 80 étangs piscicoles communautaires seront établis dans quatre provinces.

Notons que Claude Bochu, chef de délégation de l’Union Européenne au Burundi se réjouit des interventions de la délégation qu’il chapeaute sans oublier celles de ses pays membres. Il affirme que  depuis 2014, l’UE à elle seule a programmé le financement de différents projets pour un montant de 332 millions d’euros pendant sept ans. Cela pour permettre à la population burundaise d’améliorer ses conditions de vie.

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