Le 1er et le 2 décembre 2022, le Ministre de l’Environnement, de l’Agriculture et de l’Elevage, S.E.M. Dr. Sanctus Niragira, accompagné de plusieurs cadres ministériels, et l’Ambassadeur de l’Union européenne au Burundi, S.E.M. Claude Bochu, ont effectué une descente à Kayanza et Ngozi, pour visiter des projets soutenus par l’UE et pour se réunir dans un atelier de dialogue
Claude Bochu, Ambassadeur de l’UE au Burundi : « L’UE et ses Etats membres présents au Burundi ont toujours accordé une grande priorité à l’appui aux secteurs de l’agriculture, de l’élevage et de l’environnement ».
« L’UE et le ministère de l’Environnement, de l’Agriculture et de l’Elevage a organisé une visite conjointe dans les provinces de Kayanza et Ngozi pour voir différentes réalisations du projet ‘’Tubeho neza’’ et le projet du soutien d’adoption et la mise en œuvre des pratiques agricoles durables restaurant et améliorant la fertilité des sols) qui sont pertinents pour trois secteurs, à savoir : l’agriculture, l’élevage et l’environnement », a déclaré Claude Bochu, Ambassadeur de l’UE au Burundi.
Pour lui, ces réalisations qui, depuis la fin du projet, sont des exemples parmi tant d’autres d’interventions en cours qui sont appuyés par l’UE et ses Etats Membres sur l’ensemble du territoire national.
Ambassadeur Claude Bochu informe que l’UE et ses Etats membres présents au Burundi ont toujours accordé une grande priorité à l’appui aux secteurs de l’agriculture, de l’élevage et de l’environnement.
« Au cours de ces 5 dernières années, l’UE a, pour sa part, financé des projets dans le secteur de l’environnement, du développement rural et de la nutrition pour un montant de plus de 75 millions d’Euros et plus de 91 millions d’Euros en phase d’instruction », fait-il remarquer avant de rappeler qu’à cela s’ajoutent les financements directs des Etats Membres de l’UE dans ces mêmes secteurs
De bonnes leçons à tirer
« D’ailleurs, depuis que je suis au Burundi en octobre 2019, c’est la première fois qu’une telle visite conjointe avec le ministère en charge de l’agriculture est organisée. Nous avons remarqué avec les bénéficiaires des projets que les fonds engagés par l’UE ont produit de bons résultats », se réjouit Ambassadeur Claude Bochu.
Parmi trois projets visités, fait remarquer Ambassadeur Claude Bochu, le projet sur l’aviculture a impressionné. Avant le début du projet, confirme-t-il, il y avait zéro aviculteurs. Aujourd’hui, ils sont au nombre de 800.
Et de renchérir : « Ce projet fonctionne bien même si le financement est terminé ». Il se délecte qu’un projet de production de la fumure organique et celui de la farine fabriquée à base de céréales qui a permis de lutter contre la malnutrition ont réussi. Grâce au soutien de l’UE, la production de cette dernière a été multipliée par 4.
L’Ambassadeur de l’UE au Burundi applaudit également que le projet de vaccination des porcs a porté des fruits. « Il a touché 100 mille porcs », martèle-t-il avant de se ravir que la malnutrition chronique a régressé dans la province de Kayanza.
Une meilleure coordination des partenaires pour plus d’impact
Ambassadeur Claude Bochu reconnait que les secteurs qui attirent l’attention de l’UE et du ministère en charge de l’agriculture font face à de nombreux défis. Il indique que les besoins de la population rurale en sécurité alimentaire et nutritionnelle et en perspectives de croissance sont énormes.
Pourtant, confirme-t-il, les ressources naturelles dont elle dépend se sont déjà fort dégradées et ne sont pas infinies.
« Par ailleurs, les moyens mis à disposition par les différents partenaires au développement sont considérables, mais sans doute insuffisants pour répondre à tous ces besoins et défis », déplore l’Ambassadeur de l’UE au Burundi.
Et de continuer : « Il est bienvenu d’optimiser la façon de collaborer pour mieux canaliser ces appuis afin de maximiser les impacts attendus au niveau des bénéficiaires finaux ».
Pour y arriver, selon toujours Ambassadeur Claude Bochu, il semble important d’améliorer : la coordination de tous les intervenants dans les secteurs du développement rural et de l’environnement, l’implication des structures centrales et déconcentrées dans le suivi et le co-financement des actions/projets supportées par les différents partenaires au développement, l’appropriation des actions par les structures institutionnelles des ouvrages/ infrastructures mis à la disposition des bénéficiaires par les différents partenaires au développement, l’harmonisation des approches d’interventions auprès de la population bénéficiaire, etc.
L’Ambassadeur de l’UE au Burundi confie que cette institution ne cesse d’être auprès du citoyen.
Par ailleurs, continue-t-il, aujourd’hui, le ministère en charge de l’agriculture et l’équipe Europe ont organisé un atelier afin d’échanger sur l’état des lieux de la coordination sectorielle, ses défis et ses perspectives. Ce qui harmonisera les priorités et améliorera la communication sur les appuis dans les secteurs de l’agriculture, de l’élevage et de l’environnement.
« Il s’agit aussi d’une opportunité de discuter des futures modalités d’un partenariat renforcé avec les structures du ministère », renchérit l’Ambassadeur Claude Bochu.
L’UE et le ministère en charge de l’agriculture font bon ménage
Sanctus Niragira, ministre de l’Environnement, de l’Agriculture et de l’Elevage se dit satisfait des interventions de l’UE dans les secteurs de l’agriculture, de l’élevage et de l’environnement.
M.Niragira appelle l’UE à ne pas stopper ses interventions dans le secteur d’une importance capitale qualifié de garant de la sécurité alimentaire, poumon de l’économie nationale.
Et d’ailleurs, poursuit le ministre en charge de l’agriculture, pour contribuer à la sécurité alimentaire, le ministère a défini les domaines d’intervention. Cela afin d’augmenter la productivité agricole.
Il cite notamment la protection du patrimoine foncier et de l’environnement (courbes de niveau et production des plants, protection des sources d’eau, stabilisation des berges des rivières et des lacs, gestion des déchets…), l’intensification de la production, le développement des centres de rayonnement agricole et l’accompagnement des coopératives, la promotion des centres naisseurs pour l’élevage…
Toutefois, il déplore qu’il y ait de gros montants injectés par ce partenaire dans ces secteurs, mais qui ne collent pas avec les réalisations sur terrain.
« Ce jeudi 1er décembre 2022, une équipe du ministère en charge de l’agriculture et la délégation de l’UE au Burundi se sont rendus dans les provinces de Kayanza et Ngozi. Elles voulaient constater les activités réalisées sur terrain par les ONGs locales et internationales. Les résultats sont satisfaisants bien qu’il existe des pratiques à améliorer », déclare M.Niragira avant d’aviser que ces pratiques sont entre autres l’accompagnement des producteurs dans l’augmentation de la production agricole, l’augmentation de la taille des hangars, la réduction du nombre d’agences d’exécution de même activité, l’accompagnement des unités de transformation à la certification des produits…
Le ministre en charge de l’agriculture se félicite de la tenue de l’atelier entre son ministère et l’équipe Europe.
D’après lui, c’est une occasion d’échanger sur les différentes réalisations et d’identifier les bonnes pratiques à promouvoir sans oublier celles à améliorer.
Les bénéficiaires dans la fierté des interventions de l’UE
« N’eût été l’appui de l’UE et de ses Etats membres je n’aurai pas franchi ce niveau. Mon entreprise a démarré ses activités en 2018. Il y avait zéro aviculteurs. Maintenant nous avons 800 aviculteurs », applaudit Déo Nduwayezu, gérant d’une unité de production des poussins sur la colline Yanza, commune Muruta, province de Kayanza.
Goreth Sinankwa, initiatrice de la société « Gira ubuzima » : « Par la faveur de l’appui de l’UE, je parviens à produire une tonne de farine par semaine. 1 kg de farine est vendu à 2800 FBu. L’entreprise compte déjà 15 employés ».
Il avoue que grâce à l’appui de l’UE, son unité de production des poussins a dans chaque province du pays un incubateur. « Nous sommes capables de produire 2 mille poussins par mois ici à Muruta et 12 mille poussins par mois en mairie de Bujumbura », dit le trentenaire.
Thérence Butoyi de la colline Nyabizinu, commune Busiga, province de Ngozi atteste que grâce aux appuis de l’UE, il est parvenu à retenir l’eau de ruissellement contenant des éléments qui fertilisent le sol.
Et de notifier qu’il s’attend à une bonne production. Louant dans le même sens les appuis de l’UE, Martin Gahungu de la même colline, quinquagénaire et père de 5 enfants assure être capable de produire la fumure organique à partir des plantes vertes, des urines…
« A part qu’une partie de la fumure produite est utilisée pour fertiliser les champs, une autre est vendue à mille FBu le kg. Ce qui améliore le revenu de mon ménage », indique-t-il.
Goreth Sinankwa, initiatrice de la société « Gira ubuzima » qui fabrique la farine à base de céréales sur la colline Kanyami, commune Ngozi dans la province de Ngozi relate qu’elle a commencé son projet en produisant 40 kg de farine par semaine.
« Par la faveur de l’appui de l’UE, je parviens à produire une tonne de farine par semaine. 1 kg de farine est vendu à 2800 FBu. L’entreprise compte déjà 15 employés dont moi-même, mon fils qui est le directeur, mon époux le fournisseur de la matière première et d’autres de l’extérieur de la famille », se ravit-elle.
Un des projets visités est le projet « Tubehoneza » mis en œuvre par le consortium AVSI-VSF et Caritas Belgique. Ce projet est mis en œuvre dans les provinces de Kayanza et Ngozi avec un montant de 4 877 358 Euros pour une durée de 45 mois après prolongation de 9 mois par avenant.
Les bénéficiaires directs de ce projet sont au nombre de 231 046 tandis que les bénéficiaires indirects sont au nombre de 591 391. Les partenaires de mise en œuvre sont AVSI-VSF et Caritas Belgique.
L’autre projet visité concerne le soutien à l’adoption et à la mise en œuvre des pratiques agricoles durables restaurant et améliorant la fertilité des sols. Il est financé par l’UE à hauteur de 8, 050 Mio d’Euros. Les partenaires de mise en œuvre sont le CSA, le BD, l’ADISCO et la CAPAD. Il couvre 392 collines réparties dans 28 communes de 5 provinces, à savoir : Karusi, Kayanza, Ngozi, Ruyigi et Cankuzo. Les bénéficiaires directs du projet sont 70 mille exploitations agricoles familiales, 7 mille agriculteurs pilotes, le personnel des organisations locales, les agents des BPEAE.