Plus de 400 mille jeunes diplômés sont au chômage selon une enquête réalisée par le ministère de l’Intérieur en septembre 2020. A, l’initiative du Chef de l’Etat, un centre régional multisectoriel de reconversion professionnelle vient d’être inauguré à Karusi pour répondre à ce défi. Sauf qu’il n’est pas encore équipé
En marge de la deuxième édition du forum national tenue dans la commune Shombo de la province Karusi du 15 au 16 septembre 2022, le Chef de l’Etat a inauguré le Centre Régional Multisectoriel de Rusi. Ce centre se veut être un centre de formation technique et de reconversion professionnelle, selon Dr François Havyarimana, ministre de l’Education Nationale et de la Recherche Scientifique.
Le Centre Régional Multisectoriel de Rusi a une capacité d’accueil de 1080 personnes avec un régime d’internat et d’externat.
Des travaux d’une valeur de 15 milliards de Fbu
D’une capacité d’accueil de 1080 personnes, ce centre a été construit en deux ans grâce aux fonds propres du gouvernement du Burundi à hauteur de 15 milliards de FBu dont 12,5 milliards de FBu pour la construction des infrastructures par l’Office Burundais de l’Urbanisme, de l’Habitat et de l’Aménagement (OBUHA), 2 milliards de FBu pour le raccordement en eau et en électricité par la Regideso et plus de 500 millions de FBu pour la construction de la route reliant Rusi et la RN12. Erigé sur 12 hectares, il est constitué de 8 blocs d’ateliers, 3 dortoirs d’une capacité de 600 élèves, 3 blocs de salles de classe, 1 bloc de réfectoires et services, une salle polyvalente, un bloc administratif, un bloc pour bibliothèque, etc. Le Centre organise un régime d’internat et d’externat.
Un défi de taille s’invite. Le centre n’est pas encore équipé. Le ministre de l’Education Nationale sollicite les appuis des partenaires au développement pour l’équiper. Evariste Ndayishimiye, Chef de l’Etat se réjouit de l’étape franchie déjà. « Personne ne s’attendait à ce que le gouvernement puisse s’offrir de telles infrastructures pour un montant aussi minime ». Le but est de construire 4 autres centres selon les régions dont Kirundo pour le Nord, Cankuzo pour l’Est, Makamba pour le Sud et Bubanza pour l’Ouest. Les études sont déjà faites pour la construction de ces 4 centres, selon Jean Pierre Gatore, commissaire général de l’OBUHA
La genèse du centre
L’enquête du ministère de l’Intérieur réalisée en septembre 2020 a montré que plus de plus de 400 mille jeunes diplômés sont au chômage. Selon le chef de l’Etat, plus de 60% d’entre eux sont des jeunes sans profession. « Ils ont des diplômes, mais ils ne peuvent pas accéder au marché du travail suite à l’incompétence technique ». Le Chef de l’Etat s’en prend au système éducatif burundais qui ne permet pas d’acquérir des compétences techniques. « Nous avons étudié ayant pour seule vision d’être fonctionnaire de l’Etat. Il faut être clair tous les Burundais ne peuvent pas être embauchés à la fonction publique ». Evariste Ndayishimiye est on ne peut plus être clair là-dessus : « Il est nécessaire de se tourner vers des formations techniques, l’apprentissage des métiers ».
Pour le ministre de l’Education National, ce centre veut développer des programmes de formation, de perfectionnement et de reconversion professionnelle mieux adaptés aux besoins spécifiques du pays en main d’œuvre qualifiée et assurer l’enseignement technique et la formation professionnelle et aux métiers à tous les niveaux.
Quelles formations seront dispensées dans ce centre ?
Les premiers bénéficiaires de ce centre sont les jeunes diplômés chômeurs en l’occurrence les lauréats de l’enseignement post fondamental général, pédagogique et technique.
Les formations porteront sur plusieurs filières et seront modulaires. Pour chaque filière, l’achèvement d’un module sera sanctionné par un certificat tandis que la formation complète totalisant 120 crédits sera sanctionnée par un Brevet de Technicien Supérieur (BTS), informe Dr Havyarimana.
Dans un premier temps, le centre se focalisera sur les filières de production végétale avec des modules comme la gestion agronomique des principales cultures vivrières et industrielles tropicales, la production, la multiplication, la certification et la conservation des semences et des plants ainsi que la culture des champignons comestibles.
Il y aura également la filière Transformation des produits agricoles avec des modules de formation comme la technologie des fruits et légumes, la technologie des huiles, la technologie des céréales, etc. En troisième lieu, il y aura la filière Formation pastorale avec les modules : Bovin, Cuniculture, Petits ruminants, Porciculture, Aviculture et Pisciculture.En outre, le centre disposera de la filière Gestion des coopératives. Il y aura enfin la filière Technologique avec 3 options dont l’électricité, l’électromécanique, l’automobile et le motocycle.
Les filières de formation, les conditions d’admission, la durée de la formation et les titres à délivrer à la fin de la formation seront définis par une ordonnance ministérielle en conformité avec le Cadre National de Qualification et de Certification. Au niveau du ministère en charge de l’Education, on n’a pas eu de réponses à la question de savoir si le Burundi dispose de ressources humaines compétentes pour donner ces formations.