L’Agence de Promotion de l’Investissement au Burundi (API) a immatriculé plus de 13 635 entreprises en une décennie avec des milliers d’emplois à la clé. Un chiffre record pour un petit pays miné par des taux de chômage en nette augmentation. Il importe de préciser que plus de la moitié de ces entreprises estimées à 8 540, soit 62% ont été créées au cours des deux dernières années en 2018 et 2019. Mais qu’est-ce qui explique cette implosion des entreprises ?
L’immatriculation des coopératives collinaires a été spontanée pour qu’elles soient opérationnelles. D’où l’efflorescence de nouvelles entreprises.
En dépit des réformes entreprises pour stimuler les investissements étrangers, le pari est loin d’être gagné. Avec la réorganisation du secteur minier, les multinationales investissent davantage dans celui-ci. D’où l’effervescence des sociétés minières dans les mines de terres rares, d’or ou encore de cassitérite. Sur ce volet, l’approche mercatique de l’API aurait très bien marché.
Directeur de publication
Certes, il s’observe une ruée des investisseurs étrangers vers le secteur minier, mais il y a encore du chemin à faire pour que le Burundi soit attractif. Le récent classement des pays africains selon l’index d’attractivité des investissements de l’Africa CEOs Survey place le Burundi à la 50ème position. Preuve que le pays a du mal à convaincre les investisseurs sur sa capacité à créer un environnement propice à l’investissement privé.
Les études réalisées sur l’investissement au Burundi aboutissent à des conclusions alarmistes. Les crises socio-politiques répétitives et l’enclavement du pays apparaissent comme les principales contraintes à l’investissement. Le volume des investissements étrangers a chuté de 40 millions USD au lendemain de la crise socio-politique de 2015.
En outre, l’insuffisance des infrastructures de base dans les domaines de l’énergie, des transports, le faible accès aux ressources financières constituent une entrave au développement du pays. Le pays n’a pas un accès direct à l’océan, les marchandises et les matières premières transitent principalement par le port de Dar-Es-Salaam. De là, les cargaisons sont acheminés par voie routière jusqu’à Bujumbura sur une distance d’environ 1500 km. Ce qui augmente les coûts de production pour les entreprises. De surcroît, le marché burundais est très limité pour attirer les investisseurs étrangers. La voie lacustre est moins utilisée malgré ses atouts. La voie aérienne reste sous exploitée, car le pays ne dispose pas d’avions cargos pour assurer les liaisons internationales.
Pour redresser la situation, le pays doit s’investir davantage dans le développement des infrastructures de transport. Ainsi, le pays doit entreprendre des projets de grande envergure telle que la construction de nouveaux aéroports, des lignes de chemins de fer. L’urgence est de développer le transport lacustre de nombreux atouts, notamment en termes de coûts. Une lueur d’espoir se profile à l’horizon avec le projet de chantier naval en cours d’implémentation.
Ce sont de vastes programmes qui nécessitent des investissements colossaux. Ceux-ci ne proviendront pas nécessairement des recettes internes ou des dons. D’où le pays a intérêt à renouer de bonnes relations avec ses partenaires techniques et financiers. L’amélioration de la politique monétaire pour appuyer les finances publiques est plus que nécessaire. De cette manière, le pays pourrait emprunter de l’argent sur les marchés internationaux pour financer différents projets de développement.