Les responsables des Centres d’enseignement des métiers (CEM), des Centres de formation professionnelle (CFP), les cadres du ministère en charge de l’éducation, les partenaires techniques et financiers et les consultants ont validé un nouvel outil informatique de suivi-évaluation des performances des établissements de formation technique et professionnelle. Développée par l’organisation CREOP-Jeunes dans le cadre du projet Umwuga Akazi, cette plateforme ambitionne de transformer la collecte et l’exploitation des données, d’améliorer la gouvernance des centres et de renforcer l’insertion professionnelle des jeunes.
La directrice exécutive de CREOP-Jeunes, Lydie Ndayishimiye (à droite), a indiqué que cet outil de suivi-évaluation constitue une avancée importante dans le processus de modernisation des CEM et des CFP.
Le secteur de l’enseignement technique et de la formation professionnelle franchit une nouvelle étape dans sa modernisation. L’organisation Création des Opportunités pour les Jeunes (CREOP-Jeunes) a organisé, mercredi 5 août à Bujumbura, un atelier consacré à la présentation et à la validation d’un outil informatique destiné au suivi et à l’évaluation des performances des Centres d’enseignement des métiers (CEM) et des Centres de formation professionnelle (CFP).
L’activité a rassemblé les représentants du ministère en charge de l’Éducation, les directeurs des centres de formation, des consultants ainsi que plusieurs partenaires impliqués dans le développement de la formation technique et professionnelle au Burundi. Après une présentation détaillée de la plateforme, les participants ont formulé diverses observations et recommandations avant de procéder à sa validation.
Cette application numérique s’inscrit dans le cadre du projet Umwuga Akazi mis en œuvre par CREOP-Jeunes en partenariat avec SPARK avec l’appui financier de l’Union européenne. Elle constitue l’un des principaux instruments destinés à renforcer les capacités institutionnelles des centres de formation en leur offrant un système moderne de gestion des informations.
Selon les promoteurs du projet, l’outil permettra de collecter, centraliser et analyser les données relatives au fonctionnement des centres en temps réel. Les informations ainsi générées devront servir aussi bien aux responsables des établissements qu’aux autorités de tutelle et aux partenaires techniques et financiers afin de mieux planifier leurs interventions et d’évaluer les résultats obtenus. Au terme des échanges, les participants ont salué la pertinence de cette initiative, estimant qu’elle répond à un besoin exprimé depuis plusieurs années par les acteurs du secteur.
Une étape importante dans la digitalisation de l’enseignement technique
Prenant la parole, la directrice exécutive de CREOP-Jeunes, Lydie Ndayishimiye, a indiqué que cet outil constitue une avancée importante dans le processus de modernisation des centres d’enseignement des métiers et de formation professionnelle. Elle a expliqué que le projet Umwuga Akazi vise à renforcer les capacités institutionnelles des établissements en mettant à leur disposition des mécanismes, des compétences et des outils favorisant une gestion plus efficace et davantage orientée vers les résultats.
« La nouvelle plateforme permettra de disposer de données fiables, actualisées et accessibles en temps réel. Une telle disponibilité de l’information facilitera non seulement le suivi des performances des centres, mais également la prise de décisions basées sur des données objectives », indique-t-elle
Au-delà de la simple collecte des statistiques, la responsable de CREOP-Jeunes estime que cette application contribuera à améliorer la qualité des données produites, à renforcer la transparence et la redevabilité dans la gestion des établissements de formation professionnelle.
Elle a également souligné ce système facilitera le suivi des cellules d’insertion professionnelle, tout en permettant de mesurer avec davantage de précision les performances et les impacts des différentes actions entreprises dans le secteur de l’enseignement technique et professionnel.
Pour garantir une utilisation optimale de cette plateforme, plusieurs activités préparatoires ont déjà été réalisées. Des formations de formateurs ont été organisées, les cellules d’insertion ont bénéficié d’initiations à l’informatique et l’utilisation d’un logiciel de gestion comptable. Une formation spécifique consacrée à l’exploitation du nouvel outil sera également dispensée aux utilisateurs.
Pour Lydie Ndayishimiye, la réussite du dispositif dépendra essentiellement de l’engagement des différents acteurs concernés. Elle a ainsi invité les ministères, les responsables des centres, les partenaires techniques et financiers et les représentants du secteur privé à s’approprier pleinement cet outil et à l’utiliser de manière régulière afin de produire des données fiables, indispensables à une meilleure gouvernance du système de formation.
Le ministère voit enfin aboutir un projet longtemps attendu
Du côté du ministère en charge de l’éducation, la satisfaction était également perceptible. Le directeur général de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle Avith Nsengiyumva a rappelé que cette validation était attendue depuis longtemps. Selon lui, plusieurs outils similaires avaient déjà été développés par le passé avec différents partenaires. Toutefois, ils n’avaient jamais réellement répondu aux besoins du secteur, principalement parce qu’ils n’avaient pas été suffisamment intériorisés par les utilisateurs.
« La démarche adoptée est différente. Tous les partenaires intervenant dans le secteur ont été associés au processus de développement afin que chacun puisse contribuer à l’amélioration du système et s’en approprier le fonctionnement », explique M. Nsengiyumva. Il estime que cette approche participative favorisera l’utilisation effective de la plateforme par les centres de formation et garantira une meilleure qualité des informations transmises à la Direction générale.
Le directeur général souligne que cet outil permettra de mettre fin aux retards souvent constatés dans la transmission des données administratives et pédagogiques. Désormais, les informations pourront être consultées rapidement, facilitant ainsi la planification des activités et la prise de décision.
Le logiciel permettra notamment de suivre à distance plusieurs indicateurs essentiels. Les responsables pourront connaître les absences des formateurs, les absences des apprenants, les informations relatives aux différentes filières et d’autres données permettant d’évaluer le fonctionnement quotidien des centres. Ces informations aideront la Direction générale à identifier rapidement les difficultés rencontrées dans chaque établissement et à planifier les interventions nécessaires en fonction des besoins réels.
Le directeur général reconnait néanmoins que certaines dimensions restent encore à développer, notamment celles liées à la gestion administrative complète des établissements. Il considère toutefois que la version actuelle constitue déjà un outil très important pour améliorer le suivi des jeunes, mesurer la capacité des centres à assurer leur formation et évaluer leur aptitude à favoriser leur insertion professionnelle.
Des formations prévues avant le déploiement de la plateforme
Avant sa généralisation dans les différents centres, une vaste campagne de formation sera organisée au profit des utilisateurs. Le directeur général a précisé que ces sessions concerneront aussi bien les directeurs des établissements que les formateurs, les informaticiens et toutes les personnes appelées à utiliser quotidiennement la plateforme.
L’objectif est de permettre à chaque utilisateur de maîtriser les fonctionnalités du logiciel afin d’assurer une collecte correcte et régulière des données. Les responsables des centres ont été invités à réserver suffisamment de temps à cette formation afin de bien comprendre les enjeux liés à l’utilisation de ce nouvel outil. Selon le ministère, la qualité des statistiques nationales dépendra directement de la qualité des informations saisies par les centres. Plus les données seront fiables, plus il sera facile d’identifier les forces et les faiblesses de chaque établissement.
Grâce à ces statistiques, les autorités pourront déterminer les investissements prioritaires, améliorer les équipements, renforcer les filières les plus performantes et apporter des réponses adaptées aux difficultés rencontrées par certains centres. L’administration espère ainsi disposer, à moyen terme, d’un véritable tableau de bord national permettant de suivre en permanence l’évolution du sous-secteur de l’enseignement technique et de la formation professionnelle.
A l’issue des échanges, les participants ont validé la plateforme de suivi-évaluation, marquant ainsi une étape importante dans sa mise en œuvre.
Les responsables des centres saluent un gain de temps considérable
Les directeurs des centres présents à l’atelier ont favorablement accueilli cette innovation. Le directeur du Centre d’enseignement des métiers de Kinama, Jean Claude Mpawenimana, estime que cette plateforme arrive à un moment opportun. Selon lui, elle permettra aux établissements de transmettre les informations dans les délais requis tout en améliorant leur fiabilité.
« Jusqu’à présent, la majorité des rapports étaient produits sur support papier, ce qui entraînait souvent des retards dans la transmission des données et compliquait leur exploitation. Avec la nouvelle application, les informations pourront être introduites directement dans le système informatique et consultées rapidement par les autorités compétentes », explique M. Mpawenimana. Ce responsable affirme que son établissement ne rencontrera aucune difficulté particulière pour utiliser cette plateforme.
Le Centre d’enseignement des métiers de Kinama dispose déjà d’équipements informatiques suffisants. Les différents responsables administratifs possèdent des ordinateurs et le centre bénéficie d’une connexion Internet fonctionnelle et d’une alimentation électrique stable. Selon lui, ces conditions permettront une mise en œuvre rapide de l’outil dès le lancement officiel des formations. Il estime que cette digitalisation simplifiera considérablement le travail des centres tout en améliorant les relations avec la Direction générale grâce à une transmission plus rapide des informations.
Le projet « Umwuga Akazi » mise sur l’insertion professionnelle des jeunes
La mise en place de cette plateforme s’inscrit dans une stratégie plus large portée par le projet Umwuga Akazi. Ce projet vise notamment à renforcer les compétences des jeunes et à améliorer leur accès au marché du travail. Il prévoit la formation de plus d’un millier de jeunes aux compétences techniques et transversales, leur accompagnement vers leur insertion professionnelle et la création de centaines d’emplois permanents.
Le programme ambitionne également de renforcer les capacités institutionnelles de plusieurs centres d’enseignement des métiers et de formation professionnelle, tout en développant les compétences entrepreneuriales des formateurs. Le partenariat entre les établissements de formation, les pouvoirs publics et le secteur privé constitue l’un des principaux leviers retenus pour faciliter l’insertion professionnelle des jeunes diplômés.
Dans cette perspective, le nouvel outil de suivi-évaluation apparait comme un maillon essentiel. En fournissant des données fiables sur les performances des centres, les parcours des apprenants et les résultats obtenus, il permettra aux décideurs de mieux orienter les politiques publiques et d’améliorer progressivement la qualité des formations proposées.
La validation de cette plateforme marque ainsi une nouvelle étape dans la transformation numérique du sous-secteur de l’enseignement technique et de la formation professionnelle au Burundi. Si son déploiement est accompagné les formations annoncées et de son utilisation régulière par les centres, les autorités espèrent disposer d’un système d’information moderne capable d’améliorer la gouvernance des établissements, de renforcer leur efficacité et, à terme, de favoriser une meilleure insertion des jeunes sur le marché de l’emploi.