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Un retour timide des investisseurs étrangers

Chaque année, le pays enregistre des milliers de nouvelles entreprises créées dans divers secteurs d’activités. A titre illustratif, de juillet 2021 à juin 2022, le Guichet Unique de Création des Sociétés de l’Agence de Développement du Burundi (ADB), ex-API a enregistré 4 974 entreprises avec plus de 18500 emplois projetés. Ce sont des chiffres impressionnants dans un contexte de relance économique. L’entrepreneuriat est en vogue. On en parle dans toutes les conférences, les rassemblements publics, les discours officiels… Il reste le mot d’ordre pour sortir de la misère et un antidote contre le chômage des jeunes. Par contre, ces statistiques ne révèlent rien sur la qualité des emplois créés et ou projetés, la performance de ces entreprises en herbe et encore moins sur leurs états financiers.

Benjamin Kuriyo, Directeur de publication

Le constat est que la grande majorité de ces entreprises sont des micros entreprises qui peinent à déployer leurs ailes pour conquérir  le marché hyperconcurrentiel.  La migration de l’informel vers le secteur formel explique en partie l’augmentation exponentielle des entreprises. Le fait de détenir un Registre de Commerce et un NIF officialise en quelque sorte les affaires. Ces derniers jours, l’ADB se mobilise pour accroître les investissements dans le pays. Des conférences, des sorties médiatiques, des rencontres entre les opérateurs du secteur privé, etc. s’organisent pour attirer les investisseurs. Le pays regorge non seulement d’énormes potentialités d’exportation, mais aussi de secteurs phares. Ce sont notamment l’agro-alimentaire, l’eau et l’assainissement, la pèche et l’élevage, l’énergie et les mines, l’industrie de transformation et de production, le transport maritime et la construction des infrastructures modernes. 

Avec la reprise de la coopération internationale, le pays enregistre un retour timide des investisseurs étrangers. D’après le rapport de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED), les rentrées des IDE au Burundi ont augmenté, passant de 1 million USD en 2019 à 6 millions USD en 2020. A cette époque, le stock total d’IDE était estimé à 234 millions USD. Les secteurs minier et agricole captent l’essentiel des investissements tandis que la France et le Japon sont les principaux investisseurs dans le pays. 

Les auteurs de ce rapport évoquent la construction en cours de barrages hydroélectriques, le soutien international à la politique agricole du pays et le développement de la production des terres rares comme principaux atouts pour attirer les investissements étrangers. Cependant, nuancent-ils, la suspension des opérations des sociétés minières étrangères en avril 2021 pourrait freiner les investissements futurs. 

L’enclavement du pays limite le flux des échanges commerciaux. Les entreprises locales y compris les investisseurs ont du mal à s’approvisionner en matières premières. Ce qui fait exploser les prix des produits. Il n’est pas rare de trouver des produits importés qui ont les mêmes prix ou coûtent moins chers que les produits dits made in Burundi. Ce qui remet en cause la compétitivité industrielle. En matière d’investissement, le coût élevé des services publics, les politiques commerciales ambiguës, les mauvaises infrastructures, la corruption, la main-d’œuvre peu qualifiée et le manque de devises sont autant de facteurs qui limitent l’afflux des IDE dans le pays. Les investisseurs ont besoin d’être rassurés sur la protection de leurs capitaux par rapport à la dépréciation monétaire et l’accès à une justice équitable en cas de conflits.

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