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Une campagne de taille et de paillage des caféiers pour booster la production du café

Le Burundi à travers le ministère de l’Environnement, de l’Agriculture et de l’Elevage organise chaque année une campagne de taille et paillage des caféiers. Cette dernière vise à encourager et à soutenir les caféiculteurs en leur montrant les techniques d’entretien qu’ils doivent appliquer pour accroître le rendement du café. Un cadre du ministère en charge de l’agriculture fait savoir que la production peut augmenter de 40 % si l’entretien des champs de café a été bien fait

Léonard Butoyi, Assistant du ministre de l’Environnement, de l’Agriculture et de l’Elevage : « lorsque les techniques d’entretien sont correctement appliquées, la production de café peut augmenter jusqu’à 40 % ».

Le café est cultivé au Burundi depuis 1920. Comme toute autre culture de rente, le café nécessite un entretien régulier pour assurer une production suffisante et de qualité. Léonard Butoyi, Assistant du ministre de l’Environnement, de l’Agriculture et de l’Elevage a précisé qu’en appliquant correctement les techniques d’entretien, la production de café pourrait augmenter jusqu’à 40 %. C’était lors du lancement de la campagne de taille et de paillage des caféiers, jeudi le 17 juillet 2025 à la colline Gihororo de la zone Murima, commune Kayanza, province de Butanyerera.

M. Butoyi a souligné que le café permet aux caféiculteurs de générer des revenus et constitue une source importante de devises pour le pays, contribuant ainsi au financement des projets de développement. Cependant, le développement de cette filière exige des efforts concertés de la part du gouvernement, notamment à travers le ministère en charge de l’agriculture et l’Office pour le Développement du Café du Burundi (ODECA). Dans cette optique, l’assistant du ministre a demandé à l’ODECA de redoubler d’efforts pour trouver des solutions aux problèmes rencontrés ces dernières années.

Le paiement des caféiculteurs via les banques ou Lumicash, une nécessité

Tous les caféiculteurs sont désormais tenus de posséder un compte bancaire dans une COOPEC ou une autre banque ou un numéro de téléphone compatible avec Lumicash pour percevoir leurs paiements, a indiqué M. Butoyi.

Le paiement digital des caféiculteurs initié cette année suscite des inquiétudes et des retards. Alors que le gouvernement entend généraliser les transactions via les banques ou Lumicash, certains caféiculteurs dénoncent les coûts et les contraintes liés à l’ouverture d’un compte. Une mesure qui, selon Gaëtan Sibomana, chef de station à l’usine Kavumu-Nyakarambo de la coopérative Twaranyuzwe, représente un véritable obstacle pour les petits caféiculteurs.

« Imaginez, celui qui a vendu seulement 5 kg de café doit ouvrir un compte bancaire. Ce qui lui coûte déjà 11 000 FBu. Il pourrait même être contraint de vendre un autre bien pour financer cette démarche », a-t-il expliqué. Il a demandé que le paiement digital soit réservé aux caféiculteurs percevant des sommes supérieures à 500 000 FBu

Godelieve Ndizeye, une autre caféicultrice s’est montrée plus favorable au principe ce paiement digital, mais a plaidé pour une approche plus nuancée. Elle a demandé à l’Etat de limiter l’obligation d’ouverture de compte aux caféiculteurs disposant de plus d’un million de Francs Burundais, et de permettre aux petits caféiculteurs de continuer à percevoir leurs paiements via les coopératives. Elle a souligné également que les délais de recherche des documents requis pour l’ouverture des comptes ont retardé le paiement de leurs revenus, alors que les années précédentes, celui-ci intervenait dès le mois de mai.

Selon M. Butoyi, l’ODECA travaille activement à résoudre cette situation et il a rassuré les caféiculteurs que ceux qui ont déjà déposé leurs documents recevront leurs paiements sur leurs comptes bancaires ou Lumicash dès la semaine prochaine ».

Alerte à la fraude du café

Justine Komezadusabe, Secrétaire exécutive de la commune de Kayanza a souligné que la période d’achat du café cerise A était terminée. Elle a indiqué que certains caféiculteurs disposent  de café cerise B chez eux. C’est pourquoi elle a invité les autorités compétentes à fixer un prix pour ce type de café. Cela permettrait de réduire les opportunités de fraude, notamment celles impliquant le mélange du café de qualité inférieure (cerise B) avec du café cerise A volé aux coopératives ou aux usines. Ce mélange est ensuite soit vendu illégalement à l’usine, soit exporté illicitement hors du pays.

M. Butoyi a enfin informé les caféiculteurs que le prix du café cerise B sera fixé prochainement et les a encouragés à continuer à récolter ce type de café.

Signalons que le prix actuel du café cerise A est de 2 800 FBu le kilo, contre 1 380 FBu le kilo l’année précédente.

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