Les opérateurs économiques sont appelés à investir dans le marché des capitaux qui sera ouvert officiellement bientôt. La Banque de la République du Burundi les informe qu’il s’agit d’un marché rassurant et générateur de beaucoup de profits. Le taux d’intérêt est fixé à 13,5% par an. Les détails dans ce numéro
L’API en collaboration avec la BRB a organisé lundi le 20 avril 2020 un atelier de sensibilisation sur le marché des capitaux et l’investissement. Selon Melchior Wagara 1er vice-gouverneur de la BRB, cet atelier avait pour objectif de sensibiliser les parties prenantes sur l’existence du marché des capitaux, son fonctionnement et les opportunités d’investissement que ce marché va générer. Il a indiqué que le marché financier est faiblement développé au Burundi. Ce qui constitue un handicap majeur pour le financement des projets d’investissements qui ne trouvent pas de moyens de financement adaptés. Pour cette raison, la BRB a piloté le projet de modernisation du marché financier par l’implémentation du marché financier qui va permettre la modernisation et la canalisation de l’épargne nécessaire au financement des projets d’investissement. Ce marché va permettre la mobilisation de l’épargne des ménages et des entreprises et allouer cette épargne aux divers agents économiques qui peuvent l’utiliser à des fins productives.
Wagara s’inquiète du fait que l’épargne est une ressource faible dans différents pays en développement comme le Burundi. Il est donc nécessaire que le processus de mobilisation et d’allocation de cette ressource soit efficace. La tâche du marché financier est donc de veiller à ce que cette ressource soit mobilisée et allouée aux entreprises qui sont capables de l’utiliser de manière efficace afin de générer des revenus pour les épargnants sous forme de dividendes.
Le marché des capitaux et les établissements de crédits sont complémentaires
Selon toujours Wagara, le marché des capitaux ne vient pas se substituer au système d’intermédiation indirect existant effectué par les établissements de crédits. Ils sont plutôt complémentaires. Les établissements de crédits sont des acteurs de 1er rang sur le marché des capitaux en fournissant entre autres des services de gestion des fonds et les instruments financiers échangés sur le marché.
Melchior Wagara, 1er vice-gouverneur de la BRB : « Le marché financier est faiblement développé au Burundi »
Quid des défis ?
Néanmoins, Wagara précise que le développement du marché des capitaux au Burundi pourrait être confronté à plusieurs défis. Peu d’entreprises rechercheraient un financement en utilisant ce marché en raison des problèmes de gouvernance d’entreprises. Et d’ajouter une base étroite d’investissements de taille, une insuffisance d’infrastructures du marché qui occasionnerait un coût de transactions élevées, etc.
Marché des capitaux, une opportunité rassurante
Selon Arsène Mugenzi, chargé du suivi du programme national du marché des capitaux à la BRB, ce marché existe déjà. Seulement, il manque un espace légal de rencontre des émetteurs et des demandeurs de capitaux. Néanmoins, ce marché est exigu. A titre d’exemple, l’Institut National de Sécurité Social (INSS), l’Office National des Pensions et Risques Professionnels des fonctionnaires, magistrats et agents de l’ordre judiciaire (ONPR) certaines sociétés d’assurances, etc sont prêtes à mettre des fonds dans ce marché. Il demande aux autres personnes tant morales que physiques de leur emboîter le pas, car c’est un marché rassurant dans lequel les risques de non remboursement sont limités. De plus, le taux d’intérêt n’est pas négligeable. Il est fixé à 13,5% par an. Pour un entrepreneur qui a un montant de 200 millions de FBu sur son compte, Mugenzi lui conseille de le placer dans le marché des capitaux au lieu de construire par exemple une maison. Avec ce taux, il engrangera un bénéfice de 27 millions de FBu par an. Dans 10 ans, Mugenzi fait remarquer que le profit sera colossal. Par contre, pour celui qui a construit une infrastructure, il n’est pas facile de récupérer même son capital.
Quid du marché des capitaux ?
Désiré Musharitse, directeur général de l’API indique que le marché des capitaux qui sera bientôt opérationnel au Burundi est une plateforme idéale où se rencontrent les offres et les demandes des capitaux à court, moyen et long terme et dont l’équilibre est assuré par la BRB. Parmi les fonctions les plus importantes du marché des capitaux, il y a le financement des entreprises et par conséquent le financement de l’économie à travers les investissements ainsi que le maintien de la liquidité de l’épargne. Le marché des capitaux est un marché financier qui réunit les acheteurs et les vendeurs pour échanger des actions, des obligations, des devises et d’autres actifs financiers. Il aide les gens qui ont des idées à devenir des entrepreneurs et les petites entreprises à devenir de grandes entreprises. Il donne également aux gens la possibilité d’économiser et d’investir pour leur avenir. Le marché des capitaux du Burundi va créer un contact direct entre les agents économiques en besoin de financement et les agents à capacité de financement.
Le marché des capitaux du Burundi permettra d’augmenter le volume de l’épargne à long terme, favorisant ainsi le financement des investissements porteurs de croissance. Le marché des capitaux du Burundi va favoriser le développement de l’épargne contractuelle et l’investissement collectif (les fonds de pension et de prévoyance, les compagnies d’assurances, les régimes d’entraide médicale, les placements collectifs, etc.) Le marché des capitaux du Burundi va permettre d’élargir le pool des investisseurs, d’augmenter le financement en monnaie locale et contribuera ainsi à la gestion du risque de change et l’adoucissement de l’inflation. Le marché des capitaux du Burundi permettra aux investisseurs de diversifier leurs portefeuilles et de gérer les risques y afférant. Le marché des capitaux du Burundi contribuera à mobiliser les investisseurs institutionnels tant nationaux qu’étrangers pour le financement des infrastructures stratégiques. Le marché des capitaux du Burundi contribuera également à diversifier les services rendus par le système bancaire.