Depuis le début du mois de juillet, les écoliers et les élèves des différents établissements scolaires burundais sont en grandes vacances. Cette période de deux mois permet d’un côté à ces vacanciers d’acquérir des connaissances autres que celles apprises à l’école. Mais d’un autre côté, si ces vacanciers ne sont pas bien encadrés, ils peuvent acquérir des comportements menant à leur destruction. L’encadrement de ces enfants en vacances est plus que nécessaire
La période des grandes vacances bat son plein. Une période de deux mois de délinquance pour certains vacanciers, une bonne occasion de développement intellectuel pour d’autres. Comme le fait savoir Mme Médiatrice Nibaruta, psychologue et directrice de la crèche Winner’s School, la période des vacances n’est pas une occasion de dormir ou de passer toute une journée devant la télé comme la plupart des enfants le font. C’est plutôt une période d’apprentissage. « Une période de deux mois suffit pour qu’un enfant puissent acquérir de nouvelles valeurs, qu’elles soient bonnes ou mauvaises. A cet effet, un encadrement sérieux et objectif pendant la période des vacances permet de cadrer les vacanciers dans le bon chemin », fait-elle savoir.
Selon Mme Nibaruta, l’encadrement des enfants en vacances est une opportunité de profiter de cette période chômée des écoliers pour leur inculquer les valeurs et les connaissances que celles apprises à l’école. Car, dit-elle, nous savons tous que les connaissances apprises à l’école ne sont pas toujours suffisantes pour faire vivre une personne. On peut être brillant à l’école, mais incapable de s’adapter dans la vie courante. « C’est pourquoi lors des encadrements des enfants en vacances, nous nous focalisons en grande partie sur les intelligences multiples, les connaissances de la vie courante permettant à l’enfant de mettre en valeur ses différents dons », fait-elle savoir.
La plus grande partie des enfants burundais en vacances proviennent des familles pauvres et profitent de cette période des vacances pour chercher de l’argent leur permettant de s’acheter le matériel scolaire.
La classe sociale influence l’encadrement
La qualité de l’encadrement des enfants en vacances dépend de la classe sociale à laquelle appartient l’enfant. Si certains enfants issus des familles nanties peuvent bénéficier des encadrements payants et dans des établissements adéquats, la plus grande partie des enfants burundais en vacances proviennent des familles pauvres et profitent de cette période des vacances pour chercher de l’argent leur permettant de s’acheter le matériel scolaire. A vouloir gagner de l’argent à tout prix, certains se retrouvent dans l’obligation de faire des travaux qui, parfois, violent leurs droits. On citerait entre autres les enfants exploités dans les briqueteries, ceux utilisés dans la mendicité, dans le commerce ambulant, pour ne citer que ceux-là. De toutes les façons, le rôle des parents dans l’encadrement des enfants en vacances reste indispensable. Ceux-ci doivent veiller à ce que ce temps libre n’induise pas leurs enfants dans la délinquance ou dans les travaux qui bafouent leurs droits.
Lors d’une conférence de presse, Félix Ngendabanyikwa, secrétaire permanent au ministère ayant la solidarité dans ses attributions, a regretté que beaucoup d’écoliers, y compris ceux qui sont brillants à l’école profitent des vacances pour se livrer à la mendicité. Malheureusement, la plupart d’entre eux ne retournent plus à l’école. Il a appelé les enfants en vacances qui se livrent à la mendicité sous prétexte qu’ils cherchent de l’argent pour s’acheter le matériel scolaire à participer massivement aux camps de travail qui seront organisés par le ministère de l’Intérieur, du Développement Communautaire et de la Sécurité Publique. « Il y aura possibilité de bénéficier du matériel scolaire », fait-il savoir. Ces camps de travail mettent l’accent sur les travaux de développement communautaire et la notion de civisme.
La situation se présente comme telle alors que le travail des enfants mineurs est interdit par l’Organisation Internationale du Travail (OIT). L’article 32 de la convention relative aux droits de l’enfant (1989) reconnait « le droit de l’enfant à être protégé contre l’exploitation économique et à n’être astreint à aucun travail comportant des risques ou susceptible de compromettre son éducation ou de nuire à sa santé ou à son développement physique, mental, spirituel, moral ou social ».