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Vendre pour avoir un cahier

La rentrée scolaire pour l’année 2025-2026 approche à grands pas. Par nécessité, certains enfants vivant peut-être dans des situations de pauvreté extrême sont contraints de se débrouiller pour trouver de l’argent afin de s’acheter des cahiers ou un uniforme scolaire.

Mélance Maniragaba, rédacteur en chef adjoint.

Certains se tournent vers le petit commerce : vente de morceaux de canne à sucre après un approvisionnement sur de longues distances, vente ambulante de beignets et d’arachides pour le compte d’un patron en échange d’une commission, ou encore fabrication artisanale des briques.

Pourtant, le travail des enfants, en particulier ceux de moins de 15 ans, est interdit ou strictement encadré dans la plupart des pays, y compris au Burundi. Certaines exceptions sont tolérées, notamment lorsque l’activité est légère, non dangereuse, et exercée en dehors des heures de classe.

Mais lorsqu’un enfant est contraint de travailler pour survivre ou payer sa scolarité, cela empiète sur son droit fondamental à l’enfance. Il s’expose à la fatigue, à l’exploitation économique, à divers dangers, et risque l’échec ou même l’abandon scolaire.

L’article 28 de la Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant stipule que tout enfant a droit à une éducation gratuite et obligatoire, au moins au niveau primaire. Il revient à l’Etat et aux familles de garantir les conditions nécessaires pour que l’enfant puisse aller à l’école sans avoir à financer lui-même sa scolarité.

Cependant, certains proverbes africains abordent la question sous un autre angle, en dénonçant la paresse et en valorisant le travail dès le plus jeune âge. On peut citer, par exemple : « L’enfant qui ne travaille pas avec ses mains grandira pour mendier », « L’arbre qu’on n’a pas redressé jeune ne pourra plus l’être vieux », « Ce que l’on n’apprend pas dans l’enfance, on ne le saura jamais complètement. »

Faut-il alors se ranger du côté de la Convention de l’ONU et mettre de côté ces proverbes traditionnels ? Quoi qu’il en soit, un enfant doit aller à l’école et non fréquenter le marché pour assurer sa survie et sa scolarité.

Le commerce, même modeste, ne doit jamais remplacer le droit à l’éducation. Il est donc essentiel de soutenir les familles vulnérables afin qu’elles puissent assumer les frais scolaires, renforcer les politiques publiques d’accès gratuit à l’éducation, encourager les projets communautaires qui soutiennent les enfants sans les exploiter, sensibiliser les communautés à l’importance de laisser les enfants étudier.

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