Dans le cadre de la lutte contre le phénomène des enfants en situation de rue, le gouvernement compte mettre en place un centre d’encadrement de ces enfants. Il sera érigé dans la province de Cankuzo.
Le gouvernement compte mettre en place un centre d’encadrement . destiné aux enfants en situation de rue.
Le gouvernement compte mettre en place un centre d’encadrement destiné aux enfants en situation de rue. Il sera érigé dans la province de Cankuzo. Cela a été précisé par le ministre de l’Intérieur, du Développement Communautaire et de la Sécurité Publique lundi le 15 mai 2023 dans une réunion avec les habitants de la commune Ntahangwa.
Selon lui, tous les enfants en situation de rue vont transiter vers ce centre afin d’être encadrés dans l’objectif de leur permettre de préparer leur avenir. Cela rentre dans le cadre de la lutte contre le phénomène des enfants de la rue qui est en passe de devenir un fléau.
Un des habitants de la commune Ntahangwa qui a participé à cette réunion a lancé un cri d’alerte : « Les enfants de la rue se multiplient du jour au jour en mairie de Bujumbura et commencent à devenir des bandits».
L’idée de création dudit centre est née au moment où pas mal de mesures qui ont été prises par l’Etat pour retirer les enfants de la rue n’ont pas porté de fruits. Les enfants en situation de rue quémandent toujours de quoi se nourrir. Ils dorment à la belle étoile, dans les caniveaux ou sur les vérandas des magasins. Ils se couvrent de cartons ou de sacs. Et, de temps en temps, ils consomment les stupéfiants.
Jacques Nshimirimana, commissaire chargé des droits de l’enfant au sein de la Commission Nationale Indépendante des Droits de l’Homme (CNIDH), ne cesse de dire que ces enfants grandissent avec des blessures au le cœur.
Certes, ils souffrent beaucoup et ne sont pas appuyés par qui que ce soit. Il fait remarquer que demain ou après-demain, ils se vengeront contre la société parce que dans leur jeune âge, personne n’est venu à leur aide.
«Il est déplorable de voir les enfants dormir dans la rue»
Christine Ntahe, défenseure des droits de l’enfant souligne qu’il est déplorable de voir les enfants élire domicile dans la rue. Pour elle, ce sont les comportements des parents qui en sont la cause. Un parent digne de son nom ne peut pas rester tranquille alors qu’il ne sait pas où se trouve son enfant.
Selon Mme Ntahe, les administratifs à la base au niveau des collines et des quartiers doivent savoir les problèmes auxquelles font face les enfants en situation de la rue et les raisons qui les poussent à fuir leurs familles. C’est probablement la misère qui en est la principale cause. Or, aussi longtemps que les niveaux de vie des familles resteront faibles, le problème persistera.
Vénuste Ndayiragije, de l’association « Rema Bibondo » militant pour la protection des droits de l’enfant ajoute que beaucoup d’enfants rencontrent des problèmes au niveau de leurs familles. Dans la plupart des cas, quand les parents ne s’entendent pas, les enfants préfèrent fuir le toit familial et finissent par élire domicile dans la rue. Ce qui est étonnant, c’est que beaucoup d’enfants qui sont dans la rue ne sont pas des orphelins. Et quand on approche leurs parents, ils disent qu’ils ne peuvent pas accepter l’enfant parce qu’il s’est radicalisé. Ce qui reflète une certaine irresponsabilité. D’autre part, c’est un enfant élevé par sa belle-mère et les deux individus ne parviennent pas à s’entendre. Ce qui pousse l’enfant à rejoindre la rue.
Et de conclure que les enfants en situation de la rue sont de deux catégories. Ce sont entre autres ceux qui passent la journée dans la rue pour rentrer le soir et d’autres qui y vivent de façon permanente.