Le gouvernement du Burundi et ses partenaires techniques et financiers s’activent pour résorber le déficit hydrique au Nord du pays. En ce sens, des projets ont été initiés pour venir à bout de la sécheresse. Les activités consisteront à introduire les pratiques modernes d’irrigation, la promotion du maraîchage ainsi que la protection du sol
D’après le ministre de l’Environnement, de l’Agriculture et de l’Elevage, Dr Déo Guide Rurema, la province de Kirundo connait actuellement des problèmes liés au changement climatique. Cela se traduit par une faible pluviométrie et le dérèglement climat. Ce qui est à l’origine de la sécheresse alors que c’est une région très fertile et productive. Pourtant, la province de Kirundo regorge de lacs qui pourraient profiter à la population. Il existe pas mal de projets qui ont été réalisés pour pallier au déficit hydrique de cette province et d’autres qui sont en cours ou en perspective.
La BAD va bientôt démarrer un projet pilote pour faire remonter les eaux du lac Rweru vers de gros tanks installés en amont de ce lac
Des projets d’irrigation en perspective
La Banque Africaine de Développement (BAD) va développer un projet pour la résilience des populations de la région de Bugesera. Le projet vise à développer les techniques modernes d’irrigation au bénéfice des populations riveraines du lac Rweru. La BAD va bientôt démarrer un projet pilote pour faire remonter les eaux du lac Rweru vers de gros tanks installés sur les collines qui se trouvent en amont de ce lac. Cette technique va faciliter l’irrigation des champs qui se trouvent tout autour de ces tanks. «Il est choquant de voir les habitants recourent aux toitures des maisons ou aux portes pour survivre en période de disette», regrette le ministre Rurema. L’ambition est de transformer les régions côtières du lac Rweru en de véritables zones agricoles via la promotion des cultures maraîchères.
Le ministre Rurema propose à toutes les parties prenantes de travailler en synergie pour transformer la province de Kirundo en grenier du Burundi comme auparavant. Il appelle la population à développer la culture des plantes qui résistent à la sécheresse pour faire face à des crises de famine à répétition. Pour pallier à la sécheresse, le ministre de l’Agriculture a annoncé que des études sont en cours pour évaluer les possibilités d’effectuer des forages là où la nappe phréatique n’est pas profonde.
LVEMP II, un projet aux résultats mitigés
La deuxième phase du Projet de Gestion Environnementale du Bassin du lac Victoria (LVEMP-II) financée par la Banque Mondiale a connu un échec en commune Busoni. « Le sous-projet de promotion de l’apiculture n’a pas atteint les résultats escomptés. Les ruches n’existent plus et la maison qui servait de pré-traitement du miel n’est pas fonctionnelle », a indiqué Mme Isabelle Ndahayo, ministre à la présidence chargée des affaires de la Communauté Est Africaine. Elle rejette le tort aux bénéficiaires du projet qui n’ont pas réussi à capitaliser les acquis du projet pour le pérenniser.
Pour le ministre Rurema, cet échec est dû en partie aux responsables du projet qui n’ont pas assuré le suivi lors de sa mise en œuvre. La pérennisation et l’appropriation des résultats de ce projet ont été problématiques parce que la population n’a pas été entièrement impliquée. Une version confirmée par les habitants de Busoni. Ils affirment qu’ils n’ont pas été sensibilisés sur les retombées positives de ces projets. « Nous allons d’abord sensibiliser la population sur l’importance de ces projets et ce qu’elle va en tirer », précise le ministre Rurema.
Le ministre de l’Agriculture invite la population Kirundo à protéger le patrimoine du lac Rweru. Le traçage des courbes de niveau est indispensable pour limiter l’envasement du lac et préserver l’humidité du sol. Cependant, la population riveraine et la communauté de pêcheurs doivent diversifier les sources de revenus pour réduire la dépendance vis-à-vis des ressources halieutiques, a-t-il mentionné.