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Vers la restructuration du patrimoine immobilier de l’Etat

Face à une situation jugée « anormale », le gouvernement lance un audit complet des 600 bâtiments en sa possession et des 300 biens immobiliers qu’il loue. Alors qu’il n’encaisse que 500 millions BIF de loyers, l’Etat débourse chaque mois plus de 9 milliards pour des locations privées. Le gouvernement veut désormais réhabiliter ses bâtiments grâce à un financement de 500 millions BIF par province.

Le gouvernement burundais s’engage, plus que jamais, à mettre en valeur les bâtiments publics.

Le gouvernement burundais a annoncé une vaste opération de réorganisation des biens immobiliers appartenant à l’Etat et des bâtiments que celui-ci loue dans le pays. Cette décision a été confirmée lors d’une réunion présidée mardi le 11 novembre 2025 par le Premier ministre Nestor Ntahontuye en présence des ministres et des gouverneurs des provinces. L’objectif est de garantir une meilleure protection des intérêts publics et de rationaliser l’usage du patrimoine immobilier de l’Etat.

Au cours de la réunion, le Premier ministre a commenté les résultats d’une étude menée dans tout le pays sur les bâtiments faisant partie du patrimoine immobilier de l’Etat. Cette enquête a permis de classer les biens immobiliers en quatre catégories distinctes. Il s’agit des bâtiments que l’Etat met en location, de celles qu’il loue à son tour pour ses services, des bâtiments publics inutilisés, ainsi que des bâtiments publics occupés par des personnes qui n’ont signé aucun contrat de location. Cette situation, selon le chef du gouvernement, représente un dysfonctionnement majeur qu’il faut corriger rapidement afin que les biens publics soient utilisés de manière optimale.

Face à ce constat, le gouvernement a décidé de dresser une liste exhaustive de tous les bâtiments appartenant à l’Etat et de procéder sans délai à l’évacuation des occupants installés sans contrat, particulièrement dans les provinces de l’intérieur du pays. Chaque province recevra une enveloppe de 500 millions de francs burundais destinée à la réhabilitation des bâtiments publics. Le Premier ministre a insisté sur l’urgence de libérer les bâtiments concernés, afin qu’ils puissent être rénovées et réaffectés aux services provinciaux et communaux qui manquent de locaux.

Les chiffres en défaveur de l’Etat

Les données présentées au cours de la réunion ont également mis en évidence de fortes irrégularités dans les loyers perçus par l’Etat. Certaines bâtiments mis en location par celui-ci ne dépassent pas un montant mensuel d’un million de francs burundais, tandis que d’autres ne rapportent que 10 000 BIF voire à peine 3 000 BIF par mois. A l’inverse, l’Etat dépense des sommes colossales pour les bâtiments qu’il loue afin d’y installer ses services, notamment certains bâtiments facturés jusqu’à 30 millions de BIF par mois.

 

Selon les chiffres communiqués, l’Etat burundais occupe actuellement environ 300 maisons prises en location alors qu’il possède 600 bâtiments qu’il met en location. Cette gestion déséquilibrée entraîne un coût financier très lourd. Chaque mois, l’Etat dépense plus de 9 milliards de francs burundais pour les loyers qu’il paie alors qu’il ne perçoit qu’environ 500 millions BIF provenant de la location de ses propres bâtiments.

Les locataires de l’Etat sommés de vider les lieux

« Les locataires de l’Etat, surtout ceux vivant à l’intérieur du pays, n’ont pour la plupart même pas de contrats locatifs. Il faut leur demander de quitter les bâtiments publics qu’ils occupent pour les réhabiliter dans les plus brefs délais, afin que les directions provinciales et les départements communaux disposent d’un cadre de travail adéquat », a-t-il déclaré. Il a également précisé que les réhabilitations ne se feront pas de manière désordonnée, mais en fonction du service public qui occupera chaque bâtiment.

Le Premier ministre a par ailleurs ordonné aux services étatiques actuellement installés dans des maisons appartenant à des particuliers d’en sortir progressivement afin d’être relogés dans les bâtiments qui auront été rénovés. Les locataires des bâtiments publics, quant à eux, en sortiront tout en respectant les modalités prévues dans leurs contrats de location lorsqu’ils existent.

M. Ntahontuye a ensuite invité les gouverneurs des provinces et les ministres à vérifier s’il n’existe pas d’autres maisons oubliées dans l’inventaire, qu’il s’agisse de bâtiments loués par les ministères, de bâtiments publics mis en location ou délaissés. Il a averti que tout cas de bâtiment omis sera interprété comme une tentative d’appropriation irrégulière d’un bien de l’Etat et exposera la personne impliquée à des sanctions.

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