Depuis 2025, 124 Burundais sont détenus en Afrique du Sud suite à des soulèvements ciblant les étrangers, poussant l’ambassade du Burundi en Afrique du Sud et plusieurs pays africains à appeler leurs ressortissants à la prudence. Alors que la diplomatie continentale s’active pour dénoncer ces violences xénophobes, Pretoria rejette ces accusations, les qualifiant de faits criminels isolés. La présidence sud-africaine appelle les Etats africains à assumer leurs responsabilités en réglant les crises internes qui alimentent cet exode massif.
« Plutôt que de se limiter à des condamnations extérieures, il invite les Etats africains à s’attaquer aux causes profondes de la migration de masse ». (Photo : EWEN)
Selon les statistiques émanant de l’ONG ONLCT Où est ton frère, actuellement, 124 Burundais sont détenus en Afrique du Sud depuis l’année 2025. Selon les précisions de Prime Mbarubukeye, responsable de cette ONG, 71 d’entre eux ont été appréhendés lors des récents soulèvements qui se sont intensifiés ces derniers jours dans ce pays. Ces mouvements de protestation visent principalement les ressortissants africains, dont les Burundais, accusés de résider illégalement dans le pays. Toutefois, ces actions ne semblent pas épargner ceux qui sont en situation régulière.
Face à la gravité de la situation, l’ambassade du Burundi en Afrique du Sud a publié un communiqué le 26 avril 2026. Elle y exhorte tous les Burundais résidant sur le territoire sud-africain à faire preuve de vigilance. Les recommandations sont strictes : éviter les zones de rassemblement, refuser toute confrontation avec les manifestants, limiter les déplacements non essentiels et se tenir informés en permanence. L’ambassade conseille également de s’auto-protéger sur les lieux de résidence et de travail, suggérant même de modifier les horaires professionnels voire de suspendre les activités durant cette période de crise.
Une réaction diplomatique continentale
Le Burundi n’est pas le seul pays préoccupé. Les pays comme le Kenya, le Malawi, le Lesotho et le Zimbabwe ont également émis des avertissements officiels, appelant leurs citoyens à la prudence et à rester à l’abri des attaques. D’autres nations ont opté pour une approche diplomatique plus ferme. Le Nigeria et le Ghana ont convoqué les hauts-commissaires sud-africains pour protester contre l’intimidation et les violences ciblant leurs ressortissants. Accra a même saisi l’Union Africaine (UA) pour solliciter une intervention urgente face à ces « incidents xénophobes ». De son côté, le président mozambicain Daniel Chapo s’est rendu personnellement à Pretoria pour s’entretenir avec son homologue Cyril Ramaphosa au sujet de la protection des Mozambicains.
Pretoria appelle à la responsabilité régionale
Malgré la pression internationale, l’Afrique du Sud rejette les accusations de xénophobie systémique. Lors d’une intervention sur la chaîne News 24, Vincent Magwenya, porte-parole de la présidence sud-africaine, a fermement rejeté ces accusations. « Les Sud-Africains ne sont pas xénophobes », a-t-il insisté. Selon Magwenya, les tensions actuelles ne sont que des « poches de protestation » isolées et non l’expression d’une haine généralisée.
Pour Pretoria, les violences récentes relèvent souvent de la criminalité de droit commun, incluant parfois des règlements de comptes entre étrangers. Ce porte-parole insiste sur l’importance du respect des lois nationales et dénoncent des récits qu’elles jugent sensationnalistes, estimant qu’ils nuisent à l’image du pays.
Vincent Magwenya a profité de cette tribune pour appeler à une responsabilité partagée à l’échelle du continent. Plutôt que de se limiter à des condamnations extérieures, il invite les Etats africains à s’attaquer aux causes profondes de la migration de masse.