Mme Sara MBAGO-Bhunu, directrice régionale de la division Afrique de l’Est et Australe du FIDA a visité les bénéficiaires des projets financés par le FIDA dans la province de Bubanza. C’était mercredi le 30 janvier 2019. Le but était de se rendre compte des impacts des réalisations des projets financés par le FIDA. C’était également de constater les opportunités et de mener des réflexions pour recadrer le portefeuille. Cela pour mieux répondre aux vrais enjeux auxquels font face la population burundaise
Mme Sara MBAGO-Bhunu, directrice régionale de la division Afrique de l’Est et Australe du Fonds International de Développement Agricole (FIDA) : « Il serait mieux de réorienter les coopératives en place en priorisant la transformation des produits agricoles »
« L’objet de cette visite est de suivre les progrès et les réalisations en cours dans les programmes financés par le FIDA au Burundi. Ensuite faire des entretiens avec les parties prenantes afin de passer en revue le portefeuille du FIDA au Burundi », déclare Mme Sara MBAGO-Bhunu, directrice régionale de la division de l’Afrique de l’Est et Australe du Fonds International de Développement Agricole (FIDA).
Ce portefeuille est un des plus importants dans la région Afrique de l’Est et Australe qui compte 16 pays. Le FIDA, quant, à lui est le principal partenaire technique et financier du secteur agricole.
Le programme du FIDA au Burundi comprend 7 projets et programmes en cours, y compris le Projet d’Intensification de la Production Agricole et de Réduction de la Vulnérabilité au Burundi (PIPARV-B). Cela pour un montant de 414, 56 millions USD dont 189,02 millions USD sous forme de dons FIDA (46%) et cible 1572 000 bénéficiaires directs
Priorité à la transformation et aux jeunes
L’appréciation est très positive, selon Mme Sara MBAGO-Bhunu.
« Bien qu’il y ait des améliorations à faire, surtout en matière d’accès au marché, la filière lait et la filière riz illustrent très bien les cas de succès », fait-elle remarquer. Mme Sara MBAGO-Bhunu annonce que dans l’avenir on va étudier les opportunités qui existent dans le pays et dans la sous-région. Il serait mieux de réorienter, d’après toujours Mme Sara MBAGO-Bhunu, les coopératives en place en priorisant la transformation des produits agricoles. «C’est bon de cibler beaucoup plus la jeunesse dans les nouveaux projets», martèle-t-elle.
Et Mme Aissa Touré de renchérir : «Le constat est que les bénéficiaires sont en avance par rapport aux projections dans le cadre du financement par le FIDA. Il faut donc réfléchir à de nouveaux projets».
Qu’en est-il des réalisations sur terrain ?
La première visite a été effectuée à la coopérative Twizigirane de Musenyi en commune de Mpanda. Malisie Baranyikwa, présidente de la coopérative informe que cette dernière compte 200 membres dont 77 hommes et 123 femmes auxquels il faut ajouter 30 jeunes.
« Cette coopérative détient un hangar de stockage de riz d’une capacité de plus ou moins 600 tonnes. Il a été construit grâce à l’appui financier du Programme National pour la Sécurité Alimentaire et le Développement Rural de l’Imbo et du Moso (PNSADR-IM) à hauteur de 183 081 636 FBu, soit 101 000 USD », signale-t-elle.
La deuxième visite visait le Foyer d’Apprentissage et de Réhabilitation Nutritionnelle (FARN) de la sous-colline Nyabikere de la commune Mpanda.
« A Nyabikere, nous avons sensibilisé environ 200 personnes sur l’éducation nutritionnelle, l’alimentation du nourrisson et du jeune enfant, le planning familial et l’hygiène. 30 enfants dépistés de malnutrition aiguë modérée (MAM) ont été pris en charge », indique Diane Hatungimana, présidente du foyer.
Les services d’appui à l’innovation et l’accompagnement des jeunes par le CRIF a généré les résultats suivants : 6000 jeunes formés sur GERME (Gérez Mieux Votre Entreprise), 15 958 emplois des jeunes créés, 217 micro-entreprises de jeunes créées…
Rose Sindayihebura, veuve, âgée de 54 ans et mère de 3 enfants de la colline Gahwazi I, commune Mpanda figure parmi les visités. Elle a reçu une vache en 2013 de la part du Programme de Développement des Filières (PRODEFI). Grâce au fumier organique généré par la vache, elle témoigne augmenter sa production. Celle-ci est passée de 0, 1 tonne par hectare pour le haricot à 0,3 tonne, de 0,3 tonnes par hectare pour le maïs à 1 tonne par hectare, de 0,1 tonne pour le soja à 0,3 tonne, de 0,4 tonne par hectare pour le riz à 4 tonnes.
La mini-laiterie de la coopérative laitière Shirukubute de la colline Kivyuka, commune Musigati n’a pas été oubliée. « Créée en 2013 avec l’appui du PRODEFI et du PAIVA-B, les membres de la coopérative étaient 117. On collectait 105 litres de lait par jour. Aujourd’hui, les membres de la coopérative sont au nombre de 392 dont 52 femmes. La coopérative compte 358 vaches en lactation et collecte entre 950 et 1000 litres de lait par jour », se réjouit Anastase Habikumutima, président de la coopérative Shirukubute.
Le Centre d’Innovation et de Transformation Agroalimentaire (CITA) a été également visité. D’après Révérien Niyonkuru, représentant légal de CITA, le centre est spécialisé dans la transformation et la commercialisation de la farine pour la bouillie.
« L’entreprise produit en moyenne 30 tonnes de farine par mois et compte 45 employés permanents dont 18 femmes », signale-t-il.
La dernière cible a été le Centre de Renforcement, d’Innovation et de Formation (CRIF). Il a été créé en 2013 lors du démarrage de la composante Emploi des Jeunes Ruraux (EJR). Cela avec l’appui du PRODEFI. Le rôle de ces centres est l’animation, la mise en commun et le partage des connaissances acquises.
Les services d’appui à l’innovation et l’accompagnement des jeunes par le CRIF a généré les résultats suivants: 6000 jeunes formés sur le GERME (Gérez Mieux Votre Entreprise), 15 958 emplois des jeunes créés, 217 micro-entreprises des jeunes créées, 50 coopératives des jeunes créées, 1 incubateur des jeunes en agri-business (Youth Agri-business Incubator) créé.
Invitation à la responsabilité
Deux projets sont à la fin de leur mandat. Il s’agit du projet pour accélérer l’atteinte de l’OMD1c au Burundi (PROPA-O) lancé en 2013. Supervisé par le FIDA, son objectif est de contribuer à l’atteinte de l’OMD1c qui vise à « réduire de moitié entre 1990 et 2015 la proportion des personnes qui souffrent de la faim »et plus spécifiquement : améliorer durablement la disponibilité, la qualité et l’accès aux produits alimentaires ainsi que la situation nutritionnelle des ménages dans les régions de l’Imbo et du Moso.
L’autre projet en fin de mandat est le Projet d’Appui à l’Intensification et à la Valorisation Agricoles au Burundi (PAIVA-B). Financé par le FIDA, l’objectif général du PAIVA-B est le développement d’une agriculture familiale organisée, commerciale, rentable et durable permettant un accroissement des revenus des petits exploitants des six provinces d’intervention.
« Nous saluons les interventions du FIDA dans l’agri-élevage et nous sommes prêts à pérenniser les projets à la fin des financements de cette organisation », rassure Emmanuel Ndorimana, secrétaire permanent au ministère de l’Environnement, de l’Agriculture et de l’Elevage.
Et Nobus Thérence Butoyi, gouverneur de la province Bubanza de conclure : « Nous invitons les bénéficiaires des projets financés par le FIDA à éviter les malversations économiques au sein des coopératives. Il est souhaitable d’établir également la transparence dans la gestion des productions ».
Mme Sara MBAGO-Bhunu, directrice régionale de la division de l’Afrique de l’Est et Australe du Fonds International de Développement Agricole (FIDA) était en compagnie d’Aïssa Touré, représentante du FIDA au Burundi, des coordinateurs des projets du gouvernement financés par le FIDA, d’Emmanuel Ndorimana, secrétaire permanent au ministère de l’Environnement, de l’Agriculture et de l’Elevage et de Nobus Thérence Butoyi, gouverneur de la province de Bubanza.