Les responsables des médias et les journalistes sont exigés d’apprendre par cœur le Plan National de Développement 2018-2027 (PND 2018-2027) pour enfin le communiquer à la population. Le ministère de la Communication et des Médias y insiste car le pays compte sur ce plan pour atteindre un taux de croissance économique de 10,7% d’ici 2027
Le ministère de la Communication et des Médias a organisé vendredi le 18 0ctobre 2019 à Gitega un atelier de renforcement des capacités des responsables des médias et des journalistes pour l’appropriation du Plan National de Développement 2018-2017 (PND2018-2027) et sa mise en œuvre. A cette occasion, Frédéric Nahimana, patron de ce ministère a indiqué que les professionnels des médias doivent apprendre le PND 2018-2027 par cœur pour par la suite le communiquer à la population, car elle en a besoin pour se développer. Selon Nahimana, le PND 2018-2027 se fixe comme objectif global de transformer structurellement l’économie burundaise, pour une croissance forte, durable, résiliente, inclusive, créatrice d’emplois décents pour tous et induisant l’amélioration du bien-être social.
Frédéric Nahimana, ministre de la Communication et des Médias : « Les professionnels des médias doivent apprendre le PND 2018-2027 par cœur pour par la suite le communiquer à la population, car elle en a besoin pour se développer »
La transformation structurelle implique le déplacement des ressources et de la main d’œuvre des activités traditionnelles vers le développement de nouvelles activités plus productives pour impulser l’économie. Elle dépend largement du changement de comportements, des modes de production et de consommation, des échanges commerciaux des biens et des services, etc. Les gains de productivité contribuent également à l’élévation du niveau de vie des populations et à la participation citoyenne au processus vertueux de l’accumulation du capital et de la croissance économique.
Cette transformation structurelle de l’économie burundaise vise à améliorer les caractéristiques de l’économie burundaise actuellement dominée par le secteur agricole moins structuré et marqué par une faible productivité, avec un secteur secondaire qui demeure embryonnaire et un secteur tertiaire caractérisé par une prépondérance des activités dominées par la téléphonie, le commerce et le transport. Leurs contributions sectorielles au PIB restent relativement faibles et représentent respectivement 39,6%, 15% et 40%. L’évolution de la structure de l’économie burundaise montre qu’elle n’est pas restée rigide. Une baisse progressive du poids du secteur agricole dans le PIB s’observe depuis 2007 au profit du secteur tertiaire qui prend de plus en plus du poids (plus de 40% du PIB).
Les plans considérés pour mettre en place le PND 2018-2027
Pour mettre en place ce plan, Nahimana a précisé qu’on a tenu compte des enseignements tirés de la mise en œuvre des référentiels antérieurs de la planification du développement économique et social du Burundi. Ce sont entre autres les plans quinquennaux, les Programmes d’Ajustement Structurel (PAS) et les Cadres Stratégiques de Lutte contre la Pauvreté (CSLP I et II). De par ces référentiels, les résultats obtenus par rapport aux attentes imposent au PND le choix d’une approche audacieuse et réaliste favorisant la prise en compte des agendas multidimensionnels: international (Objectifs du Développement Durable (ODD) ne laissent personne pour compte »), régional (Agenda Africain 2063 : «L’ Afrique que nous voulons », sous régional (Vision 2050 de la Communauté d’Afrique de l’Est) et national (Vision « Burundi 2025 » : le Burundi de lait et de miel). Les orientations de la vision « Burundi 2025 », du programme de développement durable à l’horizon 2030 des Nations unies, de l’Agenda 2063 de l’Union Africaine, de la vision de la Communauté d’Afrique de l’Est 2050 et de la stratégie de sa mise en œuvre, constituent les référentiels utilisés dans la formulation du PND BURUNDI 2018-2027.
La modernisation du secteur agricole, une des meilleures stratégies pour y arriver
Selon Jean Michel Nkengurutse, expert en planification, la transformation de l’économie sera réalisée sur base de 11 piliers. Le pilier n°1 est la modernisation de l’agriculture. Le PND vise à assurer la sécurité alimentaire pour tous, la promotion de l’innovation et le développement des filières pour arriver à l’agri business et cela pour augmenter les revenus des ménages. Pour réaliser cette politique, trois objectifs stratégiques sont envisagés dont le renforcement de la capacité institutionnelle, l’accroissement de la production agricole et animale par la promotion d’une agriculture de marché. L’accroissement de la production agricole passera par l’exploitation rationnelle et optimale des ressources naturelles en général et de la terre et des ressources en eau en particulier. L’accroissement de la production passera également par l’amélioration du système d’approvisionnement en intrants et l’intensification des productions animales ainsi que la construction des barrages d’irrigation. L’agriculture de marché est envisagée comme une stratégie de développement de ce secteur qui contribue à l’accroissement de la production des cultures vivrières telles que le maïs, le riz, le haricot et la pomme de terre. Elle constitue une composante essentielle de la transformation de la structure de l’économie burundaise qui passera par la modernisation de l’agriculture via la régionalisation des cultures, la promotion de l’agriculture familiale intégrée, sa mécanisation et la préservation des terres agricoles.
Le lancement officiel du Plan National de Développement 2018-2027 a eu lieu mercredi le 22 août 2018 à Gitega par le Président de la République du Burundi. Sa mise en exécution qui va permettre au Burundi d’atteindre un taux de croissance économique de 10,7% exige un montant de 20 000 milliards de FBu.