A défaut d’exercer les métiers de leurs rêves, certains jeunes sans emploi se regroupent dans les coopératives pour faire face à la vie dure qu’ils mènent. D’autres, malheureusement, deviennent des victimes du chômage pour des raisons diverses. L’administration provinciale de Bururi appelle les jeunes Burundais à intégrer les coopératives pour accéder facilement au crédit
Alors que l’intégration des jeunes dans les coopératives est considérée par plus d’un comme un moyen sûr pour lutter contre le chômage qui hante notre pays, certains jeunes Burundais ont encore du mal à s’intégrer dans les coopératives pour des raisons diverses. C’est le cas des jeunes rencontrés sur la colline Kagoma, zone Rweza, commune Vyanda de la province Bururi. La province Bururi compte entre 17 mille et 20 mille jeunes sans emploi dont une centaine sur la colline Kagoma. A défaut d’exercer les métiers de leurs rêves, ces jeunes sont contraints à exercer toute sorte de métier. Travaillant à leur propre compte, ces jeunes demeurent dans une misère extrême. Ils regrettent d’être parfois exclus des coopératives financées par le gouvernement et qu’ils ne sont pas à mesure de créer leur propre coopérative car ils ne sont pas appuyés par les administratifs à la base.
Juvent Ndayikeza, chef de cabinet du gouverneur de Bururi : «le grand problème est que la plupart des jeunes sont sous-informés. Ils ne participent ni aux réunions, ni aux différentes fêtes nationales alors que c’est là où sont communiquées les différentes opportunités disponibles ».
Les coopératives, leur financement laisse planer des doutes
Comme l’a fait savoir R.N, 29 ans, habitant cette colline, l’intégration dans les coopératives financées par le gouvernement n’est pas ouverte à tout le monde. Selon lui, à part que l’appartenance politique compte pour beaucoup dans l’inscription des membres de ces coopératives, les moyens requis pour s’y intégrer ne sont pas abordables, surtout pour les chômeurs. « C’est injuste qu’elles soient constituées de plus de fonctionnaires que de chômeurs », regrette-t-il. Il a témoigné avoir manifesté l’intérêt de s’y intégrer et on lui a dit que les listes étaient closes.
Adronis Metero, chef de la colline Kagoma ne nie pas que les coopératives financées par le gouvernement comptent actuellement peu de jeunes que d’adultes. Il nous a donné un exemple d’une coopérative qui compte 30 personnes dont seulement 5 jeunes. Pour cet administratif, personne n’est exclu de telles coopératives. C’est juste que la plupart de ces jeunes ne trouvent pas d’intérêt à les intégrer.
L’intégration des coopérative, une opportunité
Ne pouvant pas intégrer les coopératives financées par le gouvernement, les jeunes de la colline Kagoma témoignent avoir tenté de créer leur coopérative. Ce qui n’a pas réussi. Un promoteur a rassemblé les jeunes chômeurs en leur disant qu’il va les inscrire pour créer une coopérative. Croyant enfin sortir de la misère, ces jeunes ont volontairement contribué pour 2000 FBu chacun. Ils ont attendu, mais en vain pour remarquer plus tard qu’ils se sont faits arnaquer. Ces jeunes regrettent que les projets de développement des jeunes sur cette colline ne réussissent pas, car ils ne sont pas accompagnés par les administratifs à la base.
Même si ces jeunes de la colline Kagoma ont du mal à s’intégrer dans les coopératives, ailleurs, les jeunes sans emplois ont compris l’utilité de travailler ensemble et se débrouillent tant bien que mal malgré pas mal de défis. Dans un entretien avec le ministre ayant le commerce dans ses attributions vendredi le 15 octobre 2021, beaucoup de jeunes entrepreneurs ont témoigné avoir commencé leurs coopératives à partir de rien, mais qu’ils sont aujourd’hui au stade de créer des emplois. Malgré les avancées, ces jeunes entrepreneurs ont regretté l’insuffisance du soutien des administratifs aux projets de développement des jeunes Burundais.
Selon Juvent Ndayikeza, chef de cabinet du gouverneur de Bururi, le grand problème est que la plupart des jeunes sont sous-informés. Ils ne participent ni aux réunions, ni aux différentes fêtes nationales alors que c’est là où sont communiquées les différentes opportunités disponibles. Il appelle ces jeunes à intégrer les coopératives pour accéder facilement au crédit et à s’inspirer de l’expérience des autres jeunes.