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ZOA et IFDC : L’autonomisation des ménages, le pari visé par l’approche PIP

Dans un atelier régional d’échange sur l’approche PIP mise en œuvre par ZOA Burundi et le projet PAGRIS de l’IFDC, les bénéficiaires se réjouissent du fait que cette approche leur a permis d’améliorer leurs conditions de vie. Les ménages et les collines touchés ont enregistré des avancées notoires dans le développement durable et inclusif. Ils demandent son extension dans tout le pays. Le gouvernement affirme que l’approche PIP a généré des résultats satisfaisants au niveau des ménages et des collines. Il promet de contribuer à son extension pour qu’il n’y ait personne qui reste en arrière dans le développement durable et inclusif

Richard Ndayisenga, habitant la colline Kiramira de la commune Cibitoke dans la province Bujumbura affirme que les conditions de vie des membres de sa famille se sont améliorées.

 

 

Les bénéficiaires de l’approche Planification Intégrée Participative (PIP) mise en œuvre par l’Ong ZOA et le projet Pagris de l’IFDC se réjouissent du fait que cette approche leur a permis d’améliorer le niveau de vie de leurs ménages et de contribuer énergiquement au développement de leurs collines d’origine. Cela ressort d’un atelier régional d’échange sur l’approche PIP organisé du 14 au 17 avril 2026.

Grâce à cette approche, Richard Ndayisenga, habitant la colline Kiramira de la commune Cibitoke dans la province Bujumbura affirme que les conditions de vie des membres de sa famille se sont améliorées.

En collaboration avec mon épouse, nous avons défini le vison de notre foyer. Et progressivement, nous avons tout fait pour mettre en œuvre les actions mises en avant dans notre plan du développement, explique-t-il.  Ndayisenga indique qu’ils se sont engagés de se baser sur les bonnes pratiques agricoles pour booster la production agricole. Les courbes de niveau ont été tracées pour combattre l’érosion. Et d’ajouter la plantation des arbres agroforestiers.

Les conditions de vie des ménages s’améliorent

Son épouse Odette Nzeyimana se réjouit alors qu’actuellement on a augmenté la production agricole grâce à l’approche PIP. De plus, elle précise qu’ils ont acheté une vache pour maitriser le défi lié au manque de fertilisants organiques. Et d’ajouter la construction d’une maison moderne. Mme Nzeyimana explique que ses résultats ont été atteints car, tout ce qu’ils font repose sur une bonne planification. Et d’ajouter la collaboration entre tous les membres de la famille.

Térence Niragira, habitant la colline Matara de la commune Rwibaga dans la province Bujumbura abonde dans le même sens. Grâce à l’approche PIP, on a bien défini la vision de leur colline. Le plan de développement de cette colline repose alors sur les infrastructures d’habitation, les pistes d’accès, les écoles, les centres de santé, l’accès à l’eau potable, l’augmentation de la production agricole, la plantation des arbres, etc.

La raison est qu’après la récolte, on a besoin des pistes d’accès pour écouler une partie de la production. De plus, on a besoin des écoles pour l’éduction de leurs enfants et des centres de santé pour permettre à la population de se faire soigner facilement.  Ces bénéficiaires précisent qu’actuellement ils sont modèles dans leur localité. Ils inspirent les autres dans le développement.

Micaël BEUN, coordonnateur du Projet d’Appui à une Gestion Responsable et Intégrée des Sols (PAGRIS) de l’IFDC financé par l’Ambassade du Royaume des Pays Bas affirme que les résultats générés par la mise en œuvre de l’approche PIP sont satisfaisants. La production agricole va crescendo et le niveau de vie des ménages s’améliore. Un grand changement en ce qui concerne le développement des collines touchées s’observe.

Micaël BEUN, coordonnateur du Projet d’Appui à une Gestion Responsable et Intégrée des Sols (PAGRIS) de l’IFDC financé par l’Ambassade du Royaume des Pays Bas ꓽ « Les résultats générés par la mise en œuvre de l’approche PIP sont satisfaisants ».

 

150 000 ménages formés sur l’approche PIP

Pour le moment, 310 collines disposent des visions collinaires qui reposent sur les axes économiques, environnementaux et sociaux pour le développement durable de la communauté. 150 000 ménages ont bénéficié des connaissances sur l’approche PIP et ont élaboré des plans de développement chez eux à mettre en œuvre pour accéder au développement durable et inclusif.

Sylvestre Hakizimana, cadre à l’ONG ZOA Burundi laisse entendre qu’il a été consté que la mise en place de l’approche PIP contribue beaucoup à l’augmentation de la production agricole. De plus, les conditions de vie des ménages s’améliorent.  Le développement durable et inclusif au niveau des collines est devenu une réalité. Hakizimana demande au gouvernement et ses partenaires d’étendre l’approche PIP dans tout le pays pour atteindre la vision de l’Etat qui souhaite avoir un pays émergent en 2040 et développé en 2060.

L’Ambassade des Pays Bas au Burundi affirme avec certitude que cette approche a eu un impact positif sur les communautés rurales au Burundi. Ted Hunink, Chef de coopération à l’Ambassade du Royaume des Pays-Bas a fait remarquer que la preuve est la mise en place des plans d’autopromotion pour les ménages et l’existence des visions collinaires qui sont traduites en plans d’action mis en œuvre par la communauté pour leur propre développement.  Il a pu constater de ses propres yeux la différence que cette approche a faite au niveau des ménages et des collines au Burundi.

Ted Hunink, Chef de coopération à l’Ambassade du Royaume des Pays-Bas ꓽ « Cette approche a eu un impact positif sur les communautés rurales au Burundi ».

 

Ainsi, il argue que l’approche PIP constitue l’une des contributions les plus significatives des Bays bas au Burundi. La mise en place de cette approche a déclenché une transformation profonde.  Elle a redéfini la façon de l’ambassade des Pays Bas de concevoir le développement.

Il note que ce changement n’est pas limité au Burundi car l’approche a été même étendue à treize autres pays où elle continue de donner des résultats prometteurs.

 Pourquoi l’approche PIP ?

Selon lui, cette idée a été initiée en 2012.  A cette époque, le Burundi était confronté à une insécurité alimentaire persistante. Les résultats issus des efforts fournis pour inverser la tendance étaient souvent limités suite à des chocs externes en particulier.

C’est pour cela que cette idée cruciale s’est imposée car le changement durable commence chez la population elle-même, plus précisément chez les ménages agricoles. Lorsque les agriculteurs sont habilités à définir leur propre vision et à renforcer leurs capacités, l’Ambassade des Pays Bas renchérit que des progrès significatifs s’en suivent. Ils améliorent la production, renforcent la sécurité alimentaire et nutritionnelle et génèrent des excédents destinés au marché.

Ted précise que le gouvernement néerlandais a commencé à tester cette approche vers 2011-2012 dans le cadre du projet SCAD au Burundi.  Elle a été étendue à travers de nouveaux projets au Burundi qui ont vu jour tels que le PAPAB, le PAGRIS, le PADANE et le PATSAB.  Parallèlement, l’approche PIP s’est étendue au-delà des frontières du Burundi, jusqu’au Nigéria, en Syrie et en Inde.

Plus de 90 millions d’euros injectés dans des programmes liés à l’approche PIP

Aujourd’hui, plus d’une décennie plus tard, les résultats parlent d’eux-mêmes, ajoute Ted.  Au cours des dix dernières années, l’ambassade de Pays Bas a investi plus de 90 millions d’euros dans des programmes liés à l’approche PIP touchant plus de 700 000 personnes.

Alors qu’on célèbre 16 années de progrès, l’ambassade des Pays Bas au Burundi reconnait que le travail n’est pas encore achevé.  Alors que le gouvernement néerlandais s’apprête à fermer son ambassade au Burundi en 2027, de nombreux petits agriculteurs du Burundi n’ont pas encore bénéficié de l’approche PIP.  Cette ambassade demande de partager les connaissances liées à l’approche PIP avec les autres communautés pour éviter qu’il n’y ait personne qui reste en arrière dans le développement.

Le Gouvernement ravi  

Deo Ruberintwari, responsable du programme de décentralisation et de développement local au ministère de l’Intérieur, du Développement communautaire et de la Sécurité publique affirme que l’approche PIP implémentée par différents projets a montré son point fort au niveau des ménages et des communautés à travers l’investissement responsable soucieux de la durabilité environnementale, économique et sociale.  Elle a donné un exemple parlant à travers l’organisation des communautés pour l’élaboration et la mise en œuvre des visions collinaires dans plus de 300 collines.

Selon lui, le gouvernement du Burundi s’en réjouit. C’est pour cela que la loi organique du 7 juin 2024 portant sur l’organisation de l’administration communale précise que le plan communal de développement communautaire est élaboré en tenant compte des contenus des plans collinaires de développement.  La démarche de planification collinaire s’inspire des bonnes pratiques et des acquis issus des approches participatives intégrées au Burundi, dont l’approche PIP.

Emmanuel Niyungeko, secrétaire permanent au ministère en charge de l’Agriculture ꓽ « Je me réjouis du fait que les projets et les programmes financés par l’Ambassade des Pays Bas au Burundi et ses partenaires s’alignent avec les priorités du gouvernement du Burundi en général et du ministère en charge de l’Agriculture en particulier ».

 

Notons qu’Emmanuel Niyungeko, secrétaire permanent au ministère en charge de l’Agriculture se réjouit du fait que les projets et les programmes financés par l’ambassade des Pays Bas au Burundi et ses partenaires s’alignent avec les priorités du gouvernement du Burundi en général et du ministère en charge de l’Agriculture en particulier. On peut  citer à titre illustratif l’encadrement des agriculteurs notamment dans l’amélioration  de la gestion de l’exploitation agricole, l’appui aux institutions de recherche et le développement de nouvelles technologies, l’appui au secteur privé et l’accès au  marché autour des chaînes de valeurs prioritaires, l’accès aux services financiers par les  ménages et communautés et l’appui à l’élaboration des politiques sectorielles dans le domaine de l’environnement, de l’agriculture et de  l’élevage.

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