Entrepreneuriat

A la rencontre d’une femme innovatrice du secteur agricole

Au Burundi, le secteur informel est de loin dominé par les femmes où elles représentent plus de 70%. Cependant, certaines d’entre elles parviennent à se hisser à l’échelon supérieur dans l’entrepreneuriat par l’innovation et se battent à côté de leurs maris pour soutenir financièrement leur famille. L’exemple de Gloriose Muhorakeye est un des plus convaincants    

Non, les femmes Burundaises  ne sont pas condamnées à la pauvreté et à la dépendance financière par la nature. Comme des hommes, elles peuvent réussir dans tous les domaines. Déjà présentes dans les métiers auparavant considérés comme propres à l’homme, certaines femmes vont très loin et s’investissent dans l’innovation entrepreneuriale. Résidente du chef-lieu de la province Muyinga, Gloriose Muhorakeye –connue aussi sous le nom d’Adidja car convertie à l’Islam, religion de son mari- est  propriétaire d’une entreprise de transformation des fruits par séchage.

Alors qu’elle a ouvert son entreprise au nom de « BARKA ENTERPRISES » en janvier 2018, Muhorakeye emploie actuellement 5 salariés et transforme 150 kg de fruits quotidiennement.  A Bujumbura, capitale économique du Burundi, quelques alimentations entre autres BMC, chez Fatima ou celle communément connue sous le nom de « Kwa Wege »  sont déjà attirées par ses produits. Malgré que ses produits sont enviés dans les pays de la région qu’au Burundi,  elle affirme vouloir imposer sa marque sur les marchés local et régional.

Gloriose Muhorakeye, propriétaire de l’entreprise de transformation des fruits BARKA ENTERPRISES : « Les femmes sont d’ailleurs persévérantes que les hommes. Et nous devons prouver notre capacité à soutenir foncièrement nos ménages ».

La bravoure et le courage

Au même titre que les hommes, les femmes ont des capacités de créer des activités génératrices de revenus et les faire grandir.  Muhorakeye a longtemps fait l’expérience de la vie salariale avant de mettre fin à sa carrière d’enseignante pour créer son propre emploi. Elle fera alors face à différents obstacles avant de stabiliser sa nouvelle activité.

Face à différents défis entre autres, le manque de matériel, la coupure d’électricité, la difficulté de percer sur le marché local ou le manque de certification de ses produits,  Muhorakeye oppose sa volonté farouche de progresser. D’ailleurs, elle préconise de s’offrir un groupe électrogène et de chercher une certification à l’étranger.

Certains maris soutiennent leurs femmes

Loin d’engager le bras de fer avec son mari, Muhorakeye affirme être fortement soutenue par son mari. Il lui permet d’effectuer les voyages de travail sans broncher. Pour elle, le mari peut respecter sa femme quand elle fait preuve d’engagement et de bravoure dans le développement du ménage. « Ceux qui croient que les maris musulmans enferment leur femmes à la maison n’ont pas toujours raison », mentionne cette femme mère d’une famille musulmane.

Ainsi, le comportement du mari de cette femme en pleine conquête de l’activité commerciale est un exemple parfait de la masculinité positive. « Les femmes sont d’ailleurs persévérantes que les hommes. Et nous devons prouver notre capacité à soutenir financièrement nos ménages », insiste celle qui veut influencer ses semblables.     

Innover pour contribuer à la croissance de l’économie nationale

«J’avais remarqué que l’incapacité de conserver les fruits était un des défis auxquels faisaient face les agriculteurs de la province Muyinga où je venais de déménager et j’ai pensé comment je pouvais à la fois aider les agriculteurs tout en en réalisant mon propre profit », explique cette ancienne enseignante. Au-delà des mentalités sociales Muhorakeye rappelle aux femmes Burundaises qu’elles sont des piliers de leurs ménages.

Sûre de la trajectoire qu’elle veut suivre, elle indique que son activité pourra contribuer au développement du pays et de son ménage. Pour cette femme déjà habitué à l’art de la rhétorique commerciale, manger les fruits est le meilleur moyen pour garder son corps en bonne santé. Alors qu’elle affirme se chercher encore, elle souligné sa grande ambition d’embaucher beaucoup de femmes dans l’avenir.

L’organisation du forum des femmes au chef lieux de la province de Ngozi du 22 au 23 mars 2022 aura montré que les mentalités qui font de la femme un être inférieur par rapport à l’homme sont trompeuses. Le cas de Muhorakeye n’est pas un cas isolé. Certaines femmes Burundaises se posent irréfutablement en leaders dans le monde de l’entrepreneuriat.

A propos de l'auteur

Jonathan Ndikumana.

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