Les hommes se taillent la part du lion dans le développement des TIC. Cependant, certaines femmes se démarquent dans la création des applications web. Elles s’imposent dans le développement numérique à l’image de Mme Aline Joëlle Nduwindavyi, une jeune fille développeuse des sites web. Elle invite les autres femmes à briser les barrières et les stéréotypes pour exploiter leurs talents.

Aline Joëlle Nduwindavyi, une développeuse des sites web :« Depuis mon enfance, j’étais passionnée par les objets électroniques et électriques, je me souviens avoir réparé les prises et les téléphones fixes en panne à la maison. Je n’avais que 12 ans ».
Aline Joëlle Nduwindavyi est une jeune fille issue d’une fratrie de 5 enfants dont elle est le troisième. Après ses études en Chine, elle est rentrée au Burundi avec son diplôme en Génie logiciel (software engineering) en poche. Son savoir-faire a fini par séduire HOGI ACADEMY, un hub en informatique appliiquée et en design. Elle y travaille comme développeuse des sites web. « Depuis mon enfance, j’étais passionnée par les objets électroniques et électriques, je me souviens avoir réparé les prises et les téléphones fixes en panne à la maison. Je n’avais que 12 ans », réagit-elle sur la question de savoir si ce sont ses parents qui l’ont motivée à s’intéresser aux subtilités technologiques.
Interrogé sur l’attitude des clients face à son égard, elle affirme que les clients sont satisfaits par son service. « Parfois, les clients sont étonnés de mes projets et me demandent si c’est moi qui en suis l’initiatrice sans interventions de mes collègues. Je leur ai certainement répondu Oui », explique-t-elle sans tergiverser.
Elle affirme que l’inégalité entre les hommes et les femmes dans le domaine des sciences technologiques persiste à l’échelle internationale. « Même en Chine, nous étions au nombre de 85 étudiants en classe dont 15 filles seulement », dit-elle.
Des barrières internes et externes
Mme Nduwindavyi fait savoir qu’il existe des barrières internes spécifiques à la femme et des barrières culturelles et sociétales qui lui empêchent de s’investir dans ce domaine. Pour elle, les femmes manquent parfois l’estime de soi.
« Je me souviens d’une compétition où on a invité les femmes á amener leurs créations soit des applications ou toute autre chose témoignant leur innovation, mais personne n’y a participé » regrette Nduwindavyi.
Le patriarcat s’impose
Certaines filles ou femmes se sentent gênées de travailler dans un environnement à prédominance masculine. Ainsi, elles préfèrent les disciplines populaires qui ne demandent pas beaucoup de concentrations á l’instar des mathématiques et de la technologie.
D’après Mme Nduwindavyi, les parents et les amies aggravent le fossé numérique entre les sexes. Ils découragent parfois les jeunes filles en leur disant que certaines disciplines sont réservées uniquement aux garçons. D’où le désintéressement des femmes du domaine des sciences et de la technologie. En plus, d’autres problèmes sont liés aux moyens de financement pour acquérir le matériel nécessaire.
Quelles pistes de solutions pour inverser la tendance ?
Notre interlocutrice propose des pistes de solutions pour résorber l’écart entre les hommes et les femmes dans l’innovation technologique. Pour relever ce défi, les parents ont un rôle primordial. Ils doivent motiver les jeunes filles ou les femmes á briser toutes les barrières sociales et psychotiques qui les empêchent de s’investir dans ce domaine « Les filles sont parfois timides. Elles n’ont pas confiance en elles comme les garçons, elles ont peur d’affronter les sciences et de la technologie », raconte-t-elle avec fermeté. Elle lance un clin d’œil aux parents qui découragent leurs filles tout en leur disant que certains domaines sont réservés uniquement aux garçons de ne plus le faire.
Elle appelle les dirigeants à identifier les femmes et les filles qui ont fait leurs preuve en osant investir dans le domaine de la technologie pour les appuyer afin qu’elles puissent former leurs petites sœurs. « Comme cela, ces dernières auront des modèles à suivre afin de briser les barrières et les stéréotypes qui bloquent l’épanouissement de la femme dans le domaine des TIC », conclut-elle.
Les Nations Unies estiment que l’inégalité entre les sexes dans le développement numérique entraînera une perte de 1 500 milliards USD du produit intérieur brut des pays à revenus faibles ou intermédiaires d’ici 2025 si aucune mesure n’est prise.
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