Sous le poids des mentalités enracinées dans sa culture, la femme Burundaise peine à atteindre l’autonomie financière. A côté des ONG locales qui s’impliquent activement dans le relèvement du défi lié à la non inclusion socio-économique des femmes, le gouvernement semble également y jeter un regard particulier
C’est une évidence. La femme Burundaise apporte une contribution énorme au développement du pays. Elle se bat sur tous les fronts : de la fonction publique à l’exploitation agricole en passant par le commerce. Elle porte la main à tout ce qui lui permet de vivre et de faire vivre sa famille. Malgré le combat pour son autonomie financière, son épanouissement reste limité. La pauvreté, la discrimination et l’exploitation constituent souvent les grands défis à l’épanouissement de la femme Burundaise.

Malgré le combat pour son autonomie financière, l’épanouissement de la femme reste limité par de nombreux défis.
Conjuguer les efforts pour assurer l’autonomisation de la femme Burundaise
Au Burundi, des efforts ont été consentis depuis des décennies pour rehausser l’inclusion financière de la femme. Ainsi, la constitution et quelques autres textes légaux garantissent la place de choix donnée au sexe féminin. « La vision Burundi 2025 prend en compte le genre. Ce document d’orientation politique considère la femme comme un acteur incontournable dans tous les secteurs de la vie nationale », affirmait en 2021 Agathe Nsengiyumva, consultante dans l’autonomisation des femmes dans son étude sur l’inclusion financière de la femme. Cette femme a également indiqué qu’un accent est mis sur l’élimination des inégalités et des exclusions liées au genre dans le Programme National de Développement (PND) 2018-2027. Le pays a également mis en place « une politique nationale genre 2012-2025 ». C’est dans cette optique que la Banque d’Investissement et de Développement pour la Femme (BIDF) vient de voir le jour.
Le rapport national d’évaluation de la mise en application de la déclaration et du programme d’actions de Beijing+ R1325 note certaines avancées. Ce document affirme que les femmes et les filles burundaises participent aux opportunités de relèvement socio-économique du pays et bénéficient des appuis divers. Cela, grâce au programme national de renforcement des capacités économiques de la femme.
Aussi, les femmes pratiquent de plus en plus le commerce au local comme à l’international. D’autres vivent de petits métiers, les plus téméraires n’hésitant pas à intégrer les domaines de travail dont l’exercice était autrefois attribué aux seuls hommes.
Les défis restent toujours nombreux
Le rapport de l’ISTEEBU sur l’enquête démographique et de santé, édition 2017 montre que seulement 21% des femmes en union rémunérées décidaient principalement de l’utilisation de l’argent qu’elles gagnaient. Près de trois quarts des femmes en union ayant été rémunérées pour le travail qu’elles ont accompli, soit 74%, disent gagner moins que leur conjoint.
La femme Burundaise fait face à une discrimination en matière de droit à la terre. Ce qui constitue un obstacle majeur pour son épanouissement économique. Malheureusement, le projet de loi sur la succession de la femme préparé depuis 2004 n’a jamais été soumis au vote.
En effet, n’ayant pas accès à la terre, les femmes font face à d’énormes difficultés pour accéder au crédit bancaire. Selon le rapport de la BRB (2015) sur l’offre de services financiers formels au Burundi, le taux d’inclusion financière des femmes était respectivement de 30,6 %, 30,3%, 28,3% en 2013, 2014 et 2015 alors que celui des hommes représentait 69,4%, 69,7% et 71,7% à la même période.
D’après Search for Common Ground, les barrières culturelles pèsent aussi lourd sur l’autonomisation économique de la femme. « Les résultats obtenus suggèrent que le patriarcat reste la norme dans la société burundaise. Il limite, pour le moment, la perception des hommes comme des femmes du rôle des femmes en tant qu’individus autonomes capables de décisions par ou pour elles-mêmes », conclut le document. Selon l’agence onusienne ONU Femmes, les actions et les aspirations des femmes sont restreintes et influencées par leur environnement social, qui détermine en grande partie leur considération et leur valeur.
Les remarques de l’ONU Femmes sont plus claires. Pour cette organisation, l’investissement dans l’autonomisation économique des femmes est la voie la plus sûre qui mène vers l’égalité des sexes et l’éradication de la pauvreté.
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