La femme a besoin d’un minimum de moyens pour une meilleure gestion du ménage. Cependant, ni l’homme, ni la femme ne peut être autonome financièrement. Le revenu est familial et non individuel. C’est pourquoi les hommes sont appelés à accompagner les femmes dans la gestion des ménages plutôt que de se considérer comme les seuls garants des décisions dans les ménages. Les femmes sont à leur retour appelées à se regrouper dans des associations afin d’avoir une ouverture sur d’autres visions
«Quand on n’a pas un minimum de moyens pour survivre, il est très difficile d’exercer un travail rémunérateur, les maladies attaquent, et on n’a pas de moyens pour se faire soigner. C’est pourquoi on a besoin d’une indépendance financière», explique Thaddée Matereza. Celui-ci travaillait pour le projet Gender Equality and Women’s Empowerment Program (GEWEP) du Réseau des organisations des Jeunes en Action (REJA). Ce projet était exécuté en partenariat avec l’Ong Care International. L’indépendance financière est nécessaire dans la famille. Mais ce n’est pas chose facile de l’acquérir, selon Matereza. «Dans le monde rural, l’agriculture est pratiquée à majorité par les femmes. Leurs époux profitent à leur tour de la récolte. L’argent tiré de la vente de celle-ci est souvent dépensé dans les cabarets ou dans les concubinages», explique-t-il.
Matereza témoigne que comme les femmes sont souvent attachées aux ménages, elles nécessitent quelques moyens pour satisfaire des besoins comme l’habillement, l’achat des serviettes hygiéniques…Mais cela ne veut pas dire qu’elle doit gérer tout l’argent qu’elle gagne de peur d’évoluer vers le divorce.
Pour lui, l’homme et la femme doivent se compléter. Ils sont comme deux ailes d’un avion. Si une d’entre elles ne fonctionne pas, l’avion ne peut pas voler.

Calinie Ndayisaba, volontaire à REJA : « L’homme doit s’associer à sa femme pour la promouvoir »
Les femmes plus performantes dans les groupements de solidarité
GEWEP travaillait sur deux résultats: l’empowerment de la femme rurale et l’engagement des hommes pour les impliquer dans la lutte contre les violences contre les violences basées sur le genre, d’après Matereza.
Le premier résultat qui fait objet des conclusions de Matereza consistait à initier l’entrepreneuriat des jeunes. Des jeunes filles de 13 à 24 ans étaient regroupées dans des associations de 30 personnes. Il en était de même pour les garçons de même âge. Après 3 mois de cotisation, 4 ou 5 membres de l’association bénéficiaient d’un crédit de 40 à 50 mille de FBu pour exercer des Activités Génératrices de Revenus(AGR).
« Les résultats montrent que les groupements des filles sont plus performants que ceux des garçons. Cela est justifié. Les filles restent à la maison et les garçons sont contraints à l’exode rural, se déplacent pour chercher un meilleur emploi ou émigrent vers d’autres pays », précise-t-il.
La culture burundaise, une barrière à l’épanouissement de la femme
Calinie Ndayisaba, volontaire à REJA a travaillé dans un projet de soutien aux femmes leaders d’aujourd’hui et de demain pour soutenir la paix au Burundi. Elle indique que la femme rurale burundaise est le pilier de la famille. Elle se couche la dernière et se réveille la première. Toutes les activités sont concentrées sur elle (travaux champêtres, éducation des enfants…).
« Ce qui handicape son indépendance financière c’est qu’elle dépend souvent de son époux », précise-t-elle avant de signaler que le développement de la femme est intimement lié à celui de l’homme.
Cependant, suite aux barrières culturelles, elle regrette que la femme soit repliée sur elle-même. La culture burundaise ne valorise pas la femme. « De plus, cette dernière ne s’affirme pas, en témoigne les compétitions électorales. Lorsqu’il s’agit d’élire une femme et que celle-ci est en compétition avec les hommes, ses consœurs ne l’élisent pas », déplore Mme Ndayisaba.
L’important est de se regrouper dans des associations afin de s’ouvrir à d’autres horizons.
L’homme doit s’associer à sa femme pour la promouvoir. Les deux mettent tout ensemble afin de faire prospérer le ménage.
Le gouvernement et les organisations non gouvernementales (ONGs) sont appelés à soutenir et à initier des projets allant dans le sens du soutien de la femme.
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