Société

La briqueterie, ce chantier qui attire de plus en plus de femmes

C’est en pleine saison sèche, une période où tout le monde qui a économisé ses revenus planifie de s’offrir un toit. Le marché des briques explose et les fabricants s’activent comme ils peuvent. Longtemps réservée aux hommes, la briqueterie suscite maintenant l’interêt des femmes. Burundi Eco s’est rendu à Mubone, fief des briquetiers

C’est un lundi 10 du mois d’août vers 11h. Le soleil s’approche du zénith et la poussière fait son accueil nuageux à Mubone. Cette contrée, non loin de Kinama, est pourtant un peu particulière. Il suffit de quitter un peu le brouhaha du quartier périphérique pour s’engouffrer dans cette partie où la seule activité visible sur une centaine de mètres est la fabrication des briques. Des hommes, vieux et moins vieux sont à l’œuvre. Trouver la terre, la mélanger et la transformer en briques, c’est le hic du coin. « Mubone est toujours connu pour sa terre qui produit des briques durables », nous confie un vieux de la localité. Depuis plusieurs années, il a vu quotidiennement des camions débarquer et transporter les briques. De vastes propriétés servent actuellement de champs d’exploitation de terre pour la fabrication des briques.

Dans les briqueteries de Mubone, le transport des briques est réservé aux jeunes filles et femmes.

Certes cette activité saisonnière est la plus rentable. Longtemps réservée aux hommes, on est surpris de constater que maintenant la gent féminine est la plus représentée dans ces vastes chantiers. Les jeunes filles mineures sont les plus nombreuses. Elles s’occupent du transport des briques du lieu de fabrication à celui de leur cuisson. Elles se relaient, se faufilent entre les grands tas de briques pour gagner le gros lot de transport. Nous trouvons Kenthia Kubwimana, 16 ans, élève à une école de Maramvya, assise par terre en guise de repos sous le soleil de l’avant-midi, probablement vaincue par la fatigue. « Nous sommes ici pour essayer de gagner un peu d’argent de poche afin de s’acheter des chaussures ou d’autres produits de premier nécessité vu que la grande majorité de nous sont des élèves », nous révèle-t-elle. Selon elle, le choix de venir chercher du travail dans ces briqueteries est dicté d’abord par la pauvreté dans sa famille. « J’ai vu que mes parents trouvent difficilement les kits scolaires alors que nous sommes quatre à en avoir besoin. Mes contemporains m’ont ensuite convaincu de venir chercher du travail ici. C’est fatigant, mais c’est rémunérant. Je peux gagner au moins 400 FBu par jour », nous relate-t-elle.

Les femmes aussi s’y mettent

Un peu plus loin, Vanessa est à l’ombre sous un manguier en train de jouer avec son bébé. Elle raconte qu’elle a travaillé depuis 6 heures et qu’il fallait qu’elle prenne quelques minutes pour allaiter son bébé de quatre mois. « Je me suis engagée dans ce travail depuis le mois de juin. C’est un gagne-pain pour moi et un coup de pouce pour mon foyer. Mon mari fait le taxi-vélo à Kinama. Son modique gain quotidien ne nous permet pas de vivre. Donc il faut se serrer les coudes pour assurer la survie de notre petite famille », raconte-t-elle. Cette trentenaire affirme qu’elle gagne au moins 1000 FBu par jour, de quoi nourrir ses enfants.

La briqueterie, c’est aussi un lieu de harcèlement pour ces jeunes filles

Même si le travail leur procure un salaire, ces filles et dames témoignent que des violences à peine masquées s’y observent. « Des fois, les hommes qui s’occupent de la production des briques profitent de ces jeunes filles pour leur subir des attouchements. Une situation qui passe inaperçue puisque chacun s’occupe de ses affaires », relate Blandine, une adolescente trouvée sur les lieux. Ces jeunes filles harcelées demandent qu’il y ait au moins un responsable pour veiller à leur protection. Claver Sibomana est un briquetier saisonnier à Mubone. Lui aussi est encore élève à Kivoga. Il témoigne que ces jeunes filles sont parfois harcelées soit verbalement soit physiquement. « Elles sont là comme nous pour gagner leur vie. Nous essayons de veiller sur elles même si ce n’est pas chose facile », indique-t-il avec un peu d’amertume.

La situation est comme telle alors que le travail des enfants mineurs est interdit par l’Organisation Internationale du Travail. L’article 32 de la convention relative aux droits de l’enfant (1989) reconnait « le droit de l’enfant à être protégé contre l’exploitation économique et à n’être astreint à aucun travail comportant des risques ou susceptible de compromettre son éducation ou de nuire à sa santé ou à son développement physique, mental, spirituel, moral ou social ».

A propos de l'auteur

Bonaparte Sengabo.

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