Economie

Capitale économique : Les ménages dans la panique suite à la cherté de la vie

Suite à la hausse des prix des produits de première nécessité dans la capitale économique Bujumbura ‚ le coût de la vie devient de plus en plus cher. Nourrir les membres de la famille‚ payer les loyers ‚ participer dans les cas sociaux ‚etc deviennent petit à petit quasi impossibles. Les chefs des ménages vivent la peur au ventre

Suite à la hausse des prix des produits de première nécessité dans la capitale économique Bujumbura ‚ le coût de la vie devient de plus en plus cher.

 

Dans une visite effectuée mercredi le 19 juillet 2023 au marché connu sous le sobriquet de COTEBU‚ il est ressorti que les prix des produits de première nécessité s’envolent toujours sur ce marché.

Un kg de grains de maïs s’achète à 2000 FBu ‚un kg de haricot de type Kirundo à 2500 FBu ‚un kg de haricot de type Kinure à 2700 FBu et celui de haricot de type Jaune à 3800 FBu. Un kg de riz de dernière qualité se vend à 3500 FBu‚ celui de petit pois à 5000 FBu et celui de Ndagala à 70 000 FBu.  Un litre d ’huile de coton coûte plus de 11 000 FBu et celui de l’huile de palme 8000 FBu.

Les consommateurs contactés alertent. Les conditions de vie deviennent de plus en plus précaires suite à la cherté de la vie‚ s’inquiète Jacques Niyonzima ‚ enseignant vivant dans la zone Cibitoke de la commune Ntahangwa en mairie de Bujumbura.

Les prix des produits de première nécessité font froid dans le dos alors que les revenus restent statiques.  « Imaginez. Moi je suis enseignant. Je touche 370 000 FBu à la fin du mois.  Nous sommes à sept personnes dans mon ménage. Chaque jour‚ je dois débloquer 17000 FBu pour les nourrir»‚ explique-t-il.

Avec ce montant ‚ il argue que les pommes de terre‚ les bananes et la sauce de ndagala ou de la viande sont exclus du plat de sa famille suite à son pouvoir d’achat qui se fragilise davantage.

A la fin du mois‚ cet éducateur indique qu’il a donc besoin de 510 000 FBu pour couvrir les dépenses liées seulement à la ration.

Cet enseignant ne tourne pas autour du pot en précisant qu’il y a des cas où les membres de sa famille dorment ventre creux suite au manque de moyens financiers.

Payer le loyer ‚ un casse-tête

Le pire est le paiement du loyer. «J’enregistre déjà des arriérés de 4 mois équivalant à 800 000 FBu suite au manque de moyens financiers». Il indique qu’il a déjà des litiges avec le propriétaire de la maison.

Suite à ce calvaire‚ cet éducateur ne voit pas l’avenir de sa famille en rose et vit la peur au ventre‚ car il craint déjà d’être chassé de la maison.

Il argue qu’il vit grâce aux découverts interminables qu’il contracte dans la microfinance COOPEC pour essayer de ne pas lâcher sa famille.

Michel Bizoza‚ prestataire de soins habitant à Carama n’y va pas par quatre chemins.  Selon lui‚ la vie est devenue très chère.  Les prix des produits de première nécessité montent au quotidien contrairement aux salaires.

Cherté de la vie‚ source de conflits familiaux

Il fait savoir que lui et sa femme se regardent souvent en chiens de faïence ‚ car il l’accuse de mauvaise gestion de l’argent qu’il lui accorde pour acheter des denrées alimentaires. «Un jour‚ mon épouse m’a demandé de l’accompagner  au marché pour nous approvisionner en produits alimentaires.  C’est à partir de ce jour-là que j’ai connu la réalité sur l’état des prix des produits de première nécessité » ‚ laisse-t-il entendre.

Actuellement ‚ il confie que certains de ses amis et les membres de sa famille commencent à lui soupçonner certaines mauvaises attitudes‚ car il ne participe plus dans les cas sociaux suite au manque de moyens financiers.

Suite au stress causé par cette situation‚ ce prestataire de soins est désolé du fait que certains chefs de ménages ont atteint le pic de se réfugier vers la consommation de l’alcool pour se soulager et parvenir à piquer un roupillon.  Ils n’ont pas la paix au cœur et craignent de partager le toit avec des enfants qui n’ont pas eu de quoi manger.

Carence des devises ‚ une des causes de ce malheur

Gabriel Rufyiri‚ président de l’Olucome fait savoir que la cherté de la vie relève de la carence des devises ‚lit–on chez nos collègues du groupe de presse Iwacu. Rufyiri argue que cela génère l’inflation généralisée dans le pays alors que les revenus des citoyens burundais n’ont pas augmenté.

Le président de l’Olucome demande au gouvernement de gérer rationnellement le peu de devises disponibles, de vérifier les bénéficiaires de ces dernières et de combattre les circuits informels de leur achat et vente pour ne pas fragiliser les opérateurs formels.

Il recommande aussi plus d’investissements dans les cultures industrielles génératrices de devises et le développement d’un système de rapatriement des devises issues surtout de la vente des minerais.

Et d’ajouter l’interdiction formelle des agents et mandataires publics de faire le commerce. Cela crée une concurrence déloyale.

La pénurie du carburant ‚un autre élément déclencheur

Pour Pierre Nduwayo ‚président de l’Association Burundaise des Consommateurs (Abuco)‚ la pénurie du carburant qui persiste aggrave la cherté de la vie‚ car les commerçants dépensent beaucoup d’argent pour le transport des biens.

Il déplore alors que les prix des produits de base grimpent quand les revenus de la majorité des Burundais restent précaires. « Pour certains Burundais, la situation actuelle est intenable suite à la cherté de la vie. Il y a un grand déséquilibre entre les revenus et le coût des produits de base» ‚explique-t-il.
Le président de l’Abuco s’inquiète alors de cette cherté de la vie qui ne s’estompe pas en mairie de Bujumbura.

Il demande au gouvernement de renoncer aux taxes sur certains produits, notamment les produits alimentaires pour soulager les populations à faible revenu. Et d’appeler l’administration à être vigilante quant aux éventuelles spéculations.

Le gouvernement demande à la population en général et aux habitants de la municipalité de Bujumbura en particulier de redoubler d’efforts pour augmenter la production dans les secteurs de l’agriculture et de l’élevage.  Pour le gouvernement ‚c’est le seul moyen de combattre la cherté de la vie.

Notons que les données de la BRB montrent que l’année 2023 est caractérisée par des taux d’inflation effroyables. Il était de 28‚5 au mois de janvier 2023‚ de 28‚2 au mois de février 2023 ‚ de 32‚6 aux mois de mars et avril 2023‚ de 28‚9 au mois de mai 2023 et de 27‚1 au mois de juin 2023.

A propos de l'auteur

Jean Marie Vianney Niyongabo.

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