Edition Spéciale Enfant

Comment encadrer les enfants vivant avec un handicap mental ?

Les stéréotypes autour des enfants vivant avec un handicap mental sont une réalité. Ces derniers font objet de marginalisation et sont parfois laissés à eux-mêmes. Pourtant, il existe des centres d’accueil pour cette catégorie d’enfants. Ainsi, les déficients mentaux suivent des programmes spécifiques pour réussir leur réintégration dans la société même si les défis persistent

Les enfants vivant avec un handicap mental constituent une catégorie qui mérite une attention particulière. La plupart des familles n’ont ni les compétences ni les moyens pour assurer un encadrement adéquat aux déficients mentaux. Pour ce faire, elles les confient à des centres d’éducation et de rééducation dont le centre AKAMURI.

Toutes les interventions éducatives et rééducatives de ce centre tournent autour d’un seul objectif, à savoir : l’intégration de la personne en situation d’handicap mental et/ou moteur, socialement, professionnellement et communautairement dans son milieu de vie, explique Mme Marceline Hatungimana, responsable du service de l’éducation spécialisée au centre AKAMURI.

Une éducation spécialisée pour les déficients mentaux

Les déficients mentaux ne peuvent pas suivre des programmes du système éducatif classique. Ils n’ont pas la capacité d’assimiler la matière au même titre que les enfants qui ont un niveau intellectuel élevé. Ainsi, des programmes spécifiques ont été conçus pour cette catégorie d’enfants. « Nous organisons des activités préscolaires au bénéfice des enfants vivant avec un handicap mental. En fonction du niveau intellectuel de chaque enfant, ils souvent des cours sur les notions élémentaires de lecture et de l’écriture » précise Mme Hatungimana.

Les personnes vivant avec un handicap mental sont à mesure de réaliser des projets de développement avec succès.

Les activités qui se déroulent au niveau de ce centre visent leur autonomie. Elles se concentrent beaucoup plus sur la socialisation et la communication dans la mesure où les enfants vivant avec un handicap mental éprouvent d’énormes difficultés à s’exprimer verbalement. Dans ce cas, l’apprentissage concerne le langage gestuel. Ils apprennent également les règles élémentaires d’hygiène (propreté corporelle, habillage et déshabillage), l’alimentation, les déplacements, etc.

Le handicap mental n’est pas une fatalité

Dans la plupart des cas, les enfants vivant avec un handicap mental sont marginalisés. Par conséquent, ils développent d’autres comportements. A travers la socialisation, l’enfant se sent aimé et valorisé, fait savoir Mme Hatungimana.

Les enfants adultes qui ont déjà acquis un minimum d’autonomie suivent des modules sur l’entrepreneuriat. Ils s’initient aux petits métiers tels que la savonnerie, l’élevage des poules, des lapins et parfois des porcs. En outre, les enfants encadrés par le centre AKAMURI apprennent d’autres métiers tels que la menuiserie (fabrication des raclettes) et la vannerie surtout pour les filles. D’autres suivent des formations sur les activités agricoles et culinaires.

En dehors des activités parascolaires, les enfants encadrés au niveau du centre AKAMURI excellent dans les activités culturelles et sportives. Ils cartonnent dans les jeux internationaux. Les déficients mentaux sont talentueux. Du 23 au 31  janvier 2020, quatre enfants du Centre AKAMURI ont participé aux paralympiques Africains qui se sont déroulés au Caire en  Egypte.

Une réintégration sociale qui pose problème

Normalement, l’enfant vivant avec un handicap mental ne devrait pas passer toute sa vie à ce centre, mais la réintégration dans la communauté se heurte à des obstacles. « La réintégration demande beaucoup d’efforts », confie Mme Hatungimana. Et parfois, déplore-t-elle, on constate des résistances de la part de certains parents qui refusent d’accueillir leurs enfants. Au lieu de délaisser l’enfant, les responsables du centre AKAMURI préfèrent le garder et lui chercher une occupation, révèle-t-elle. L’enjeu de pouvoir réintégrer l’enfant après son accompagnement est de taille.

En règle générale, l’enfant réintègre dans la communauté où il peut exercer des activités génératrices de revenus (le commerce, l’élevage, l’agrobusiness, etc.). C’est une preuve que les enfants avec une déficience mentale sont capables d’accomplir des tâches contrairement aux stéréotypes que leur colle la société burundaise. «Les personnes qui croient encore que les enfants vivant avec handicap mental n’apportent rien au développement du pays se trompent sur tous les plans », conclut-elle.

La responsable du service de l’éducation spécialisée au centre AKAMURI lance un vibrant appel aux personnes sensibles à la question du handicap mental à sensibiliser la population pour impulser un changement de mentalités. Elle encourage les parents à ne pas cacher leurs enfants sous prétexte qu’ils ont des déficiences mentales et que leur avenir est hypothéqué. Il les invite plutôt à fréquenter les centres d’accueil pour un encadrement adéquat.

A propos du centre AKAMURI

Le centre AKAMURI est un centre d’accueil, d’éducation, de rééducation et de réadaptation des personnes vivant avec un handicap mental et/ou moteur. Il a été fondé en 1991 par Sœur Meena Amala Jothi, des Sœurs missionnaires du Cœur Immaculée de Marie (CIM). Depuis 2012, la gestion de ce centre est assurée par la compagnie des Filles de la charité de Saint-Vincent-de-Paul.

Il accueille les handicapés mentaux qui présentent une déficience intellectuelle. Les pathologies les plus fréquentes sont notamment la trisomie 21, l’Infirmité Motrice Cérébrale (IMC), les autistes et les polyhandicaps. En plus des handicapés mentaux, des enfants qui ont des malformations physiques fréquentent ce centre. La devise du centre AKAMURI est : « Aimez, Respectez et Valorisez ce que je suis, Ecoutez ce que je ne dis pas ! ».

A propos de l'auteur

Benjamin Kuriyo.

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