Jeune Ingénieure agronome, Divine Nduwimana a su développer ses talents de dessinatrice. Elle imite les photos portrait des gens en utilisant un stylo. Les portraits de certaines grandes figures de la musique burundaise dont Kadja Nin, Jean Christophe Matata font partie des œuvres d’art qui embellissent son bureau. Elle compte réaliser un centre d’arts qui reflète l’image et l’histoire du Burundi
Divine Nduwimana, artiste passionnée, utilise un stylo au lieu d’un crayon dans ses dessins. Une technique qui n’est pas du tout d’usage chez les autres artistes. Elle explique qu’elle a commencé à utiliser un stylo quand elle était au cycle supérieur de l’enseignement secondaire. Une attitude qu’elle a adoptée pour échapper au contrôle de son enseignant en dessinant pendant qu’il dispense son cours. Elle se déguisait en élève qui prend des notes.

Une passion puisée de nulle part
« J’ai commencé à dessiner dès mon enfance dans les livres de mes parents sous forme de badinerie. Je n’ai jamais vu quelqu’un de ma famille ou de mon entourage dessiner quelque chose. C’est ma propre création. C’est au cycle inférieur, dans le cours de dessin artistique que j’ai eu la passion de dessiner. C’est le cours où j’ai eu beaucoup de points », rassure Nduwimana. Elle a vécu cette passion tout au long de ses études primaires, secondaires et universitaires. Elle ne voyait pas que ses talents pouvaient accoucher d’un métier qui peut générer des investissements et construire une vie.
Du simple plaisir au commerce
Alors qu’elle étudiait à l’Université du Burundi, dans la faculté de Bio-ingénierie, elle n’a pas cessé de développer sa passion et a commencé à poster ses œuvres sur les réseaux sociaux. De là, des amis, des connaissances et des inconnus marquent « j’aime » et le courage de dessiner prit une grande envergure chez Divine Nduwimana. En 2016, alors qu’elle était en deuxième baccalauréat, un de ses amis lui conseille de poster ses dessins sur instagramme ; une suggestion qui lui a value plus de funs qu’elle ne s’attendait. Ainsi, des commandes commencèrent à tomber. « Un jour, un ami m’a proposé de lui faire un portait à payer. C’est à ce moment que je me suis rendu compte que je peux valoriser mes œuvres », indique Nduwimana arborant un sourire. Comme elle n’est pas du tout impliquée dans le commerce, elle ne trouva pas directement le prix à fixer pour valoriser ses œuvres. Ainsi, elle fixa à 20.000FBu le prix pour un portrait réalisé sur un papier format A4, un prix qu’elle majora plus tard à 50.000 FBu. Les prix pour le format A3 le prix à 80.000 FBu et le format A2 à 120.000 FBu. Après être entré dans le vif commercial tout en valorisant l’énergie dépensée et le temps consenti, elle abandonna les dessins sur format A2. Les prix connurent une nette augmentation et devinrent 150.000 FBu pour le format A3 et 250.000 FBu pour le format A2. Et s’il s’agit d’une photo de famille, Mlle Nduwimana informe que le prix varie selon le nombre de personnes à représenter et le format; d’où un marchandage au préalable. Elle a son bureau et informe qu’elle fait des investissements pour des projets de grande envergure.
Des œuvres qui s’imposent dans les expositions
Dans une exposition réalisée sous le thème « Le Burundi au rythme des années 1990 » et en collaboration avec les artistes musiciens burundais en 2017, Nduwimana a saisi l’occasion pour dessiner les portraits des icônes de la musique burundaise dont Canco Amisi. Cela alors que ces musiciens interprétaient les chansons des illustres chanteurs qui ont marqué la scène musicale burundaise. Une image qui a grandi la confiance de la société en ses œuvres. La même année, dans une compétition réalisée autour du thème « Croque ton histoire » qui s’est déroulée en Ouganda, la jeune artiste a représenté le Burundi, et a été classée parmi les 15 participants primés pour leurs œuvres dont deux filles. 500 artistes avaient participé à cette exhibition. C’était lors du festival (JAMA FEST) qui regroupait les artistes de l’EAC.
« Au Rwanda, j’ai visité un centre d’art où l’histoire du pays est représentée par des dessins. On se sent satisfait sans toutefois visiter les lieux. C’est très impressionnant et je veux faire de même au Burundi. Je vais réaliser un centre d’art avec des dessins qui reflètent l’image et l’histoire du pays », informe Mme Nduwimana. Le métier d’artiste peintre étant souvent l’apanage des hommes, il invite les filles à ne pas être bloqué par leur identité féminine, mais plutôt à réaliser leur passion et à viser la perfection.
Marier la peinture et l’agriculture
Bachelier, la jeune artiste projette associer l’agriculture à l’horticulture en utilisant les dessins. Pour elle, il importe de sensibiliser la population sur les bonnes pratiques de culture des fruits en utilisant les dessins. Une technique qu’elle juge plus assimilable par rapport aux discours. Tout cela pour manifester et valoriser son attachement à l’agriculture et surtout son diplôme dans ce domaine. Etant toujours un projet, elle ne sait pas encore si elle va installer une unité de transformation ou travailler avec des particuliers intervenants dans ce domaines. « C’est toujours une idée que je compte développer », conclut-elle.
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