Entrepreneuriat

Coopérative Kumahoro : Une tuilerie qui progresse malgré certaines embûches

Depuis les années 90, une tuilerie installée sur le bord de la RN1 en zone Kabuye de la commune Matongo a connu des progrès notables. Cependant, cet atelier qui s’est transformé en une coopérative fait face à moult difficultés dont celles liées à la nouvelle règlementation de l’Office Burundais des Mines et des Carrières (OBM)    

C’était autour de 17 heures quand nous sommes arrivés sur le chantier d’une tuilerie opérant au bord de la RN1 dans la zone Kabuye de la commune Matongo. A cette heure de la journée, cette place éloignée des ménages n’est pas tres fréquentée. Un silence de mort y règne. D’un coup de regard, on découvre quatre petits hangars servant de lieux de conservation des tuiles déjà fabriquées. Il suffit d’observer l’état dans lequel se trouvent ces hangars couverts de tuiles  pour constater que la fabrication des tuiles dans cet endroit ne date pas d’hier. Un de ces bâtiments a été complètement abandonné et l’herbe y est déjà haute. Dans la cour intérieure de ces maisonnettes, des centaines de tuiles sont bien rangées.

Un vieil homme chargé de surveiller le chantier vient nous saluer. Après lui avoir expliqué l’objectif de notre visite, il accepte de nous accueillir, mais nous révèle qu’il ne peut pas nous parler sans l’autorisation du responsable de l’atelier. Il a travaillé pour cette tuilerie depuis son jeune âge et il soutient qu’elle est une référence dans cette commune. La tuilerie dispose d’un four amélioré et les tuiles qui y sont produites sont d’une qualité supérieure par rapport à celles fabriquées sur d’autres chantiers. « D’autres fabricants de tuiles ont essayé de construire un four semblable à celui-ci pour nous concurrencer, mais en vain », lâche-t-il avant d’expliquer qu’ils l’ont acquis grâce à un soutien technique de la Coopération Suisse. Ce four permet de réduire la quantité de bois utilisé lors de la cuisson des tuiles.

D’après le président de la coopérative Ku Mahoro qui gère cette tuilerie, ce four leur accordé par cette organisation suisse qui soutient le développement communautaire date de 1993.  Pour lui, cette coopérative a permis à la population des environs d’avoir accès à des tuiles de bonne qualité pendant de longues années.

L’explosion des prix du bois utilisé dans la cuisson des tuiles a directement contribué à la hausse du prix unitaire d’une tuile.

Une coopérative confrontée à quelques défis

Ayant gagné la confiance de sa clientèle  pendant des décennies, cette ancienne tuilerie-propriété familiale aujourd’hui convertie en une coopérative poursuit son activité. Cependant, la réduction de sa clientèle et la nouvelle règlementation dont l’OBM s’est dotée pour protéger l’environnement font que la coopérative connait  aujourd’hui un certain déclin. Ce qui représente un manque à gagner au niveau de la société selon le président de la coopérative « KU Mahoro ». « Nous engagions de temps en temps beaucoup de travailleurs journaliers selon la taille des marchés, mais ce n’est plus le cas ces derniers jours », indique Désiré Sebashira, président de la coopérative « Ku Mahoro » qui soutient que la nouvelle règlementation de l’OBM a fortement pesé sur leur production. Il explique que les prix du bois utilisé dans la cuisson des tuiles ont explosé. Ce qui a directement affecté le coût de fabrication des tuile et contribué à la hausse du prix unitaire d’une tuile. Ce responsable indique également que leur marché a été rétréci, car ils ne reçoivent plus les clients venant de la capitale économique du Burundi.

Obligée de changer de mode opératoire

« Nous avons dû nous regrouper en une coopérative après la mise en place de la nouvelle règlementation de l’OBM pour pouvoir continuer nos activités », explique Sebashira. Cependant, il indique que les frais de fonctionnement de l’atelier leur pèsent toujours lourd. Pour contourner ces difficultés et continuer à travailler, la coopérative a l’ambition de changer de four pour pouvoir utiliser d’autres combustibles comme source d’énergie, entre autres le son de riz.

La coopérative ambitionne aussi d’étendre son activité à la fabrication des briques. Pour ce faire, les membres de la coopérative projettent d’acheter une machine qui marche à l’électricité ou au mazout. Cependant, Sebashira affirme que d’utilisation de l’électricité comme source d’énergie coûte cher. « L’étude nous a montré que le coût des installations électriques s’élèverait à 12 millions de FBu et ce montant est très élevé pour nous», réagit-il. Comme alternative, il indique que sa coopérative utilisera le mazout pour faire tourner la machine.

La céramique reste un domaine non développé au Burundi. Comme c’est le cas pour la plupart d’autres tuileries du pays, la fabrication des tuiles à la coopérative « Ku Mahoro » se fait toujours de manière artisanale.

A propos de l'auteur

Jonathan Ndikumana.

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