Selon le ministre de la Santé Publique, la Covid-19 a été maîtrisée à l’interne. Il y a une baisse du taux de positivité. Néanmoins, le chef de l’Etat appelle à plus de vigilance
37 244 personnes ont été dépistées. Parmi elles, 323 personnes ont été confirmées positives à la COVID-19 durant les 3 mois de la campagne de dépistage massif. 18 personnes encore sous traitement sont venues de l’extérieur du pays, a fait savoir Thaddée Ndikumana, ministre de la Santé lors de la présentation du rapport d’évaluation de la campagne ‘’Ndakira, Sinandura kandi Sinandukiza COVID-19. C’était une réunion dirigée par le Président de la République Evariste Ndayishimiye avec le comité multisectoriel sur l’évaluation de la campagne contre la Covid-19 mardi le 06 octobre 2020.
Selon lui, depuis le 1er avril 2020 jusqu’à la fin de la campagne, 16 753 tests ont été effectués dont 67 se sont révélés positifs. Parmi les 67 personnes dépistées positives, 53 personnes provenaient de l’étranger et 14 étaient dans le pays. Au total, avant et pendant la campagne, 42 145 personnes ont été testées, 514 cas ont été testés positifs, 495 cas ont été guéris, 18 cas sont en cours de traitement et 1 cas de décès, a indiqué le ministre Ndikumana.

Depuis le 1er avril 2020 jusqu’à la fin de la campagne, 42 145 personnes ont été testées, 514 cas ont été testés positifs, 495 cas ont été guéris, 18 cas sont en cours de traitement et 1 cas de décès.
Le Président de la République du Burundi Evariste Ndayishimiye a alors demandé que toutes les mesures de prévention et d’hygiène individuelle et collective recommandées restent en vigueur et soient renforcées aux points d’entrée dans le pays. Les personnes en provenance de l’étranger doivent être en possession d’un certificat médical de la Covid-19 valide pour 72 h et, arrivées sur le sol burundais, elles doivent obligatoirement être mises en quarantaine pour 72 h. le chef de l’Etat a indiqué que pour concrétiser la lutte effective contre cette pandémie, les communes construiront des infrastructures réservées aux cas suspects de la COVID-19 et une somme de 80 milliards de FBu est nécessaire pour ériger ces infrastructures.
La pandémie s’étend en Europe et n’est pas maîtrisée en Amérique
Durant cet été en Europe (juillet-août), la pandémie n’a jamais disparu. Elle connaît une nouvelle vague depuis quelques semaines. La situation est à nouveau très grave selon les autorités sanitaires en France, Belgique, Pays-Bas ainsi qu’en Allemagne où de nouvelles mesures restrictives pour la vie nocturne sont prises.
En Afrique, depuis le début de la pandémie, les observateurs et experts sanitaires s’interrogent sur la situation où, à l’exception de l’Afrique du Sud, le virus circule beaucoup moins et les populations sont touchées en petits nombres et surtout de façon moins sévère. Plusieurs facteurs sont mis en évidence pour tenter d’expliquer ces spécificités : moins de déplacements, des populations qui sont beaucoup plus jeunes qu’en Occident. A titre d’exemple, il faut mettre en évidence un chiffre, en moyenne pour les pays européens, il y a 27 % de la population qui a plus de 65 ans, en Afrique, c’est seulement 4 %, or ce sont les personnes âgées qui sont les plus fragiles et donc les plus durement touchées, avec des formes graves entraînant des soins intensifs et des mises sous respirateurs artificiels. Une nouvelle explication pourrait éclairer l’interrogation.
Un facteur de risque de la Covid-19 issu de la préhistoire
Certains experts tentent d’expliquer pourquoi le continent africain reste moins touché. Tout part de la préhistoire. L’Homo sapiens, plus communément appelé « Homme moderne », « Homme », « Humain », ou « Être humain », est une espèce de primate originaire d’Afrique qui s’est aujourd’hui répandue et naturalisée sur l’ensemble de la planète hormis l’Antarctique tandis que l’Homme de Néandertal, ou Néandertalien, est une espèce éteinte du genre Homo, qui a vécu en Europe, au Moyen-Orient et en Asie centrale jusqu’à environ 30 000 ans avant Jésus-Christ.
Ainsi donc, depuis quelques années, la génétique apporte des informations nouvelles sur la rencontre entre l’Homo sapiens et l’Homme Néandertal grâce à l’analyse de l’ADN ancien. Après les études sur l’ADN actuel qui a démontré l’origine africaine récente de notre espèce, l’ADN ancien extrait de l’Homme de Néandertal a apporté un éclairage sur la rencontre entre cet Homo sapiens et son cousin Néandertalien. Les derniers travaux démontrent qu’il y a eu un mélange entre les premiers hommes modernes sortis d’Afrique et les Néandertaliens.
L’étude de l’ADN de l’homme de Kostenki qui vivait en Russie il y a 37 000 ans a permis de préciser le moment du métissage entre l’Homo sapiens et l’homme de Neandertal. Les scientifiques ont découvert que l’homme de Kostenki avait un petit pourcentage des gènes de Neandertal. Ceci confirme que le croisement entre « Sapiens » et l’Homme de Neandertal s’était déjà produit à l’époque où vivait cet homme il y a 36 200 à 38 700 ans avant Jésus-Christ. Quand les ancêtres des Européens actuels sont sortis d’Afrique pour se diriger vers l’Eurasie il y a 50 000 à 60 000 ans avant Jésus-Christ, ils ont rencontré les Néandertaliens. Ceux-ci se trouvaient déjà en Europe et en Asie. Les scientifiques ont utilisé les données génétiques pour déterminer que le croisement s’est produit il y a à peu près 54 000 ans avant Jésus-Christ.
L’ADN néandertalien rend-il plus sensible au Covid-19 ?
Selon une étude publiée dans la revue Nature, un fragment d’ADN de Neandertal qui a traversé le génome humain jouerait un rôle dans ce croisement. Les chercheurs ont découvert que les porteurs de cet ADN ont trois fois plus de risques de développer une forme grave de la maladie du Covid-19. Mais la transmission de cet ADN est inégalement répartie dans le monde. Il est porté par 15% de la population en Asie du sud et 16% en Europe, mais il est quasiment absent en Afrique. Cela pourrait contribuer à expliquer pourquoi certains porteurs du virus sont asymptomatiques et d’autres sont en soins intensifs
Signalons que le prix Nobel de chimie 2020 a été attribué à deux chercheuses pour leurs travaux sur la méthode d’édition des gènes. Il s’agit de la Française Emmanuelle Charpentier et de l’Américaine Jennifer Doudna. Elles ont été récompensées pour avoir mis au point des « ciseaux moléculaires » capables de modifier les gènes humains.
Une percée révolutionnaire et « un outil pour réécrire le code de la vie ». C’est entre autres un moyen simple de modifier l’ADN de n’importe quel organisme. Baptisée CRISPR-Cas9, cette technique d’édition du génome permet aux scientifiques d’éliminer et d’ajouter des fractions de matériel génétique avec une extrême précision. Elle peut être utilisée pour neutraliser les gènes, corriger les maladies génétiques ou introduire des gènes pour créer des modèles animaux mimant des pathologies humaines.
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