L’Etat du Burundi à travers sa Banque centrale (la Banque de la République du Burundi) emprunte des fonds pour pallier aux déficits budgétaires. Nonobstant, il s’avère important qu’il s’endette plutôt localement qu’à l’étranger. Les coûts de remboursement que supporte l’Etat diminuent considérablement et les marchés domestiques financiers se développent
Des marchés obligataires bien enracinés et liquides sont essentiels pour un développement soutenu des pays conduit par une allocation des capitaux dictée par les marchés financiers. Toutefois, les marchés obligataires en Afrique demeurent largement sous-développés avec des marchés d’obligations d’entreprises inexistants ou balbutiants. Ainsi la Banque Afrique de Développement (BAD) a lancé en 2008 l’Initiative des Marchés Financiers Africains(IMFA) pour développer les marchés obligataires en monnaie locale sur le continent.
L’IMFA a la mission est de contribuer au développement des marchés obligataires locaux sur le continent à travers ses deux piliers complémentaires: la base de données des marchés financiers africains (AFMD) et le fonds obligataire domestique africain (ADBF).Plusieurs Etats africains dont le Burundi se lancent ainsi dans l’élargissement des champs d’action pour le développement de leurs marchés financiers.
Développer les marchés obligataires domestiques, un moyen sûr de s’endetter
La récente accumulation de la dette a conduit aux ratios d’endettement les plus élevés que l’Afrique subsaharienne ait connus depuis qu’elle a bénéficié d’un allègement de sa dette.

Les recettes d’exportation de la région ont augmenté bien plus lentement que les emprunts sur les marchés financiers qui soulèvent des inquiétudes quant à sa capacité de remboursement. Dans certains pays, le manque de rigueur dans la gestion du budgét et des finances publiques explique en grande partie l’accroissement démesuré de la dette publique. Les emprunts des Etats en Afrique subsaharienne sont de plus en plus soumis à des conditions non concessionnelles.De nombreux pays de la région ont accès aux marchés financiers internationaux, s’exposant ainsi aux chocs et à la volatilité des marchés financiers.Avec un nombre sans précédent d’emprunts en devises étrangères, les pays s’exposent aux risques de change.La structure de la dette se complexifie et soulève des questions de transparence.Pour la BAD, développer les marchés domestiques est un moyen le plus sûr de supporter les coûts de remboursement. Pour s’acquitter de la dette extérieure, les Etats remboursent en devises alors que la dette intérieure est payée en monnaie locale.
Marchés des titres du Trésor
L’Etat du Burundi via la Banque de la République du Burundi lance un appel de soumission aux bons et obligations du Trésor sur le marché primaire des titres du Trésor depuis 2007. Les banques commerciales, les institutions et les particuliers qui remplissent les conditions achètent ces titres. Cependant, les acheteurs se montraient réticents à participer au marché parce qu’ils avançaient un problème de liquidités rencontré avant l’échéance de la dette, surtout pour le cas des obligations.
C’est ainsi que le 28 décembre 2018 naquit le marché secondaire des titres du Trésor où on peut revendre les titres à une marge de plus ou moins 10% du pourcentage auquel on les a acheté sur le marché primaire.
Bons et obligations du Trésor, titres émis par la BRB
Les bons et les obligations sont émis par les gouvernements afin d’emprunter des fonds respectivement à court terme et à long terme. Un bon est un titre dont l’échéance varie de quelques jours à un an. Les bons du Trésor sont des titres plus facilement négociables sur le marché monétaire. Quant aux obligations, l’échéance varie d’une année à dix ans. « La condition exigée pour participer sur le marché primaire est que la banque, l’institution ou le particulier doit avoir un capital de 50 millions de FBu pour les bons et 100 millions de FBu pour les obligations », fait savoir Mme Pélagie Nyandwi, cheffe de service Marché Monétaire à la BRB. Et un seul bon est acheté à 5000 FBu et une obligation à 10 000 FBu sur le marché secondaire.
Les Spécialistes en Valeur du Trésor (SVT), des intermédiaires financiers
Les SVT sont des intermédiaires financiers. Ils ont la mission de participer régulièrement au marché des titres et d’animer le marché secondaire. Un spécialiste en valeurs du Trésor (primary dealer en anglais) est une institution financière, une banque ou une maison de courtage habilitée à commercer directement avec la BRB qui est chargée de la gestion de la dette dans le cas du Burundi. Au Burundi, seules les banques commerciales remplissent les trois conditions pour être des STV, à savoir : avoir un capital minimum de trois milliards de FBu, disposer d’un système de conservation et de gestion des titres du Trésor et des facilités d’accès aux liquidités de la Banque centrale, explique Mme Nyandwi.
Aussi, souligne-t-elle, les SVT sont les seuls à pouvoir revendre les titres du trésor à d’autres particuliers ou institutions sur le marché secondaire. Inversement, ces derniers ne peuvent vendre ces titres aux SVT uniquement.
Les SVT assurent la liquidité du marché des valeurs du Trésor, c’est-à-dire qu’ils doivent être prêts en permanence à acheter et à vendre ces titres à l’intérieur d’une fourchette des prix. Le plus souvent les obligations sont revendues à des compagnies d’assurance qui les intègrent dans des produits d’assurance-vie, mais elles peuvent aussi être achetées par d’autres types d’institutions financières (fonds de pension, Banque centrale…).Les STV peuvent également garder ces titres à leur actif, augmentant ainsi leurs ratios de liquidités réglementaires.
Prêter à l’Etat c’est placer en lieu sûr son argent. Dans l’ensemble, ce sont des placements sûrs, assure Mme Nyandwi. Ils ne subissent pas de prélèvement d’impôts comme l’épargne dans d’autres institutions financières et le système de remboursement est automatique.
En attendant la mise en place d’un marché des capitaux pour acheter des actions, pourquoi ne pas investir dans ces marchés plus prometteurs?
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