Le ministère de l’Hydraulique, de l’Energie et des Mines en collaboration avec l’Union Européenne au Burundi a officiellement lancé mercredi le 6 octobre 2021 à Bujumbura les programmes EDFI ElectriFI et GET.invest qui permettront d’améliorer l’accès à l’énergie renouvelable et l’efficacité énergétique au Burundi
Fiancés à hauteur de 10, 6 millions d’euros, soit 24 milliards de FBu par l’Union Européenne, ces programmes visent à favoriser les investissements du secteur privé intervenant dans l’énergie renouvelable et à appuyer et accompagner le secteur public dans la gestion et le suivi de ces investissements.
Le programme EDFI ElectriFi va appuyer les entreprises à but lucratif ayant des projets visant à accroître l’énergie renouvelable (foyers améliorés, centrales hydroélectriques, etc.). Ce programme va octroyer des fonds, des crédits qui seront remboursables à des taux d’intérêt variables selon le cas de chaque entreprise. « Cela va dépendre de plusieurs facteurs dont par exemple les risques que présentent une entreprise demandeur de fonds. Le taux d’intérêt pouvant être de 10%, 15%, …, fait savoir Dieu de Electrifi », explique Lionel Dieu, responsable de l’investissement à EDFI ElectriFi. Le montant prévu pour ce programme s’élève à plus de 8 millions d’euros. Ce programme va octroyer 50% du financement du projet.
Quant à lui, le Get.invest sera mis en exécution par le GIZ dans un délai de 3ans. Il va fournir l’assistance technique aux entreprises qui souhaitent bénéficier des financements (l’amélioration des processus opérationnels, la structuration financière, la recherche de bons financements, les négociations, etc.). Il aura de son côté une enveloppe d’environ 2 millions d’euros. Parmi les résultats escomptés de ce projet est que 16 MW de capacité sera installé, 70 00 ménages auront accès a l’énergie.
Claude Bochu, ambassadeur de l’EU se réjouit que le Burundi figure parmi les premiers pays africains à bénéficier de telles initiatives. « Le Burundi, avec la loi sur la libéralisation du secteur de l’énergie, s’est doté d’un cadre juridique favorable aux investissements du secteur privé. Il encourage les acteurs du secteur privé qui interviennent dans le secteur énergétique à saisir cette occasion que l’UE met en place.
Toutefois, certains des investisseurs s’inquiètent que ces programmes sont trop exigeants au regard de l’environnement dans lequel ils travaillent. Certains évoquent le défi de l’expérience. « Ces programmes exigent de l’expérience alors que la loi régissant l’investissement dans le secteur de l’énergie au Burundi est récente. On n’a pas cette expérience qu’ils exigent ».
Quid de l’électrification du pays ?
Le Burundi a un taux faible d’électrification. La production actuelle d’électricité oscille autour de 60 MW. Le rapport 2019 de la Banque Mondiale indique que seulement 19 % de la population a accès à l’électricité.
Pour faire face au déficit énergétique, des centrales hydroélectriques sont en cours de construction. Le barrage hydroélectrique en construction sur la rivière Ruzibazi (commune et province de Rumonge) avec une capacité de 15 MW. Sa mise en service était prévue pour 2022. Le barrage de Jiji et Mulembwe d’une capacité de 49,5 MW. La centrale Kabu 16 (20 MW) est en train d’être construite sur la rivière Kaburantwa en commune Murwi dans la province de Cibitoke. Le barrage de Mpanda (10,4 MW). Une autre centrale hydroélectrique est régionale, celle de Rusumo Falls qui est en construction sur la rivière Kagera. Cette centrale desservira trois pays, à savoir : le Burundi, le Rwanda et la Tanzanie. Elle fournira 26,5 MW au Burundi. Il y a également des centrales hydroélectriques développées par Songa Energy (11 MW), Kirasa Energy (16 MW). En outre, 45 Mini-Grid et 13 Mini-Grid seront également installées au pays dans le cadre des projets Soleil Nyakiriza et Umuco Witerambere. L’objectif chiffré est d’atteindre un taux d’électrification de 30 % d’ici 2030.
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