Spéciale femme

Les femmes cheffes de ménages toujours résilientes

Parmi les victimes des VBG, il y a certaines qui essaient de se relever en exerçant des activités génératrices de revenus. C’est le cas des femmes abandonnées par leurs maris qui décident de ne plus dépendre de qui que ce soit et de voler de leurs propres ailes. Mais d’autres rencontrent des difficultés dans leur travail quotidien notamment les tracasseries policières pour les vendeuses  ambulantes exerçant aux alentours de l’ex-marché central de Bujumbura    

« Je me suis mariée  en 1994. C’était en pleine crise et nous fuyions la guerre de par intermittence. Dans les années 2000, les problèmes ont commencé dans notre foyer. Mon mari gaspillait de temps en temps les biens familiaux tels que les récoltes de riz et les animaux domestiques comme les chèvres et les porcs. Pire, il a même enlevé le toit de la maison pour vendre les tôles. J’ai été même atteint psychologiquement jusqu’à ce que je sois traitée au centre neuro-psychiatrique », confie Antoinette Ndayitegeyamashi, femme leader habitant en commune Mpanda de la province de Bubanza.

Elle ajoute que son mari l’a quitté pour prendre une autre femme. Avec ses sept enfants, elle a gardé un sentiment de résilience pour les prendre en charge et subvenir à leurs besoins. « J’ai acheté des parcelles et construit une maison solide. Chacun de mes enfants fréquente l’école et  je lui ai octroyé une parcelle », indique-t-elle.

Pour y arriver, elle a rejoint les autres femmes dans les associations et elle a appris l’éducation financière. Comme elle devait élever seul un nombre important d’enfants, elle a appris à économiser et à faire le petit commerce des amarantes, des tomates, etc. Ainsi, elle a pu acheter des parcelles. Au lieu de perdre tout son temps à poursuivre son mari devant les instances judiciaires, elle a plutôt fait tout le possible pour devenir économiquement stable.

Antoinette Ndayitegeyamashi, femme leader habitant en commune Mpanda : « Il ne faut pas qu’une femme coure derrière un homme qui se désintéresse d’elle. Vaut mieux qu’elle vole de ses propres ailes afin de dépendre financièrement d’elle-même ».

L’ex-marché de Bujumbura, un lieu de résilience controversé

Même si certaines femmes victimes des VBGs réussissent dans leurs travaux quotidiens, il y en a d’autres qui connaissent des problèmes notamment les vendeuses ambulantes qui opèrent autour de l’ex-marché central de Bujumbura.

L’article produit par Jean Marie Nduwayo et Lambert Hakuziyaremye intitulé « Les femmes de la mairie de Bujumbura et le petit commerce ambulant: entre précarité et résilience » paru en juin 2021 dans la revue de l’Université du Burundi en dit long. Après son incendie en 2013, les activités qui étaient auparavant concentrées à l’intérieur de l’ex-marché central de Bujumbura se sont développées sur d’autres terrains, y compris les alentours de ce marché. Cet élément explique également la prolifération des sites pour vendeuses ambulantes.

Parmi les personnes qui exercent ce travail, il y a des filles devenues des mères célibataires ou des femmes abandonnées par leurs maris qui se sont retrouvées dans une situation d’extrême précarité. D’une manière générale, les femmes embrassent le métier de commerce ambulant à cause de la très grande précarité dans laquelle elles baignent.

Le commerce ambulant des fruits occupe beaucoup de femmes. On les rencontre également dans tous les quartiers faisant le  porte à porte sur des points précis le long de certaines avenues, sur des sites parfois  improvisés, à proximité de certaines écoles pour profiter du passage des parents venant récupérer leurs enfants à la fin des cours.

La police, une barrière

Malheureusement, les autorités administratives et policières ne favorisent pas le commerce ambulant exercé par les femmes dans la mairie de Bujumbura. Les vendeuses ambulantes subissent souvent des tracasseries de la police qui les empêchent de prester autour de l’ex-marché central de Bujumbura.

Selon Claphe Christine Ntunzwenimana, vice-présidente du Collectif des Associations et ONGs Féminines du Burundi (CAFOB), la cohabitation entre les vendeuses ambulantes et la police reste inquiétante. Ces femmes sont de plus en plus nombreuses et leur effectif ne cesse d’augmenter. Mais le gouvernement ne veut pas qu’elles exercent leurs activités autour de l’ex-marché central de Bujumbura ou ailleurs dans le centre-ville pour des raisons d’assainissement. Le CAFOB suggère que ces femmes se regroupent dans des coopératives. Ainsi, elles auront le poids nécessaire pour demander à l’administration de les intégrer dans les différents marchés de la ville de Bujumbura. Après tout, le petit commerce est leur gagne-pain.

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A propos de l'auteur

Gilbert Nkurunziza.

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