Au premier semestre du lancement officiel d’utilisation des feux tricolores dans la ville de Bujumbura, six d’entre eux ont été déjà cognés. La PSR indique que des mesures draconiennes ont été prises pour les sécuriser. Elle fait aussi le point sur la sécurité routière
Le lancement officiel de l’utilisation des feux tricolores installés dans la mairie de Bujumbura a eu lieu le 26 octobre 2017.
« A presque cinq mois du lancement officiel de l’utilisation des feux tricolores en mairie de Bujumbura, la police a déjà dénombré six poteaux de ces feux cognés », regrette OPC1 Roger Bankibigwira, commandant de la Police Spéciale de Roulage et de Sécurité Routière (PSR).

OPC1 Roger Bankibigwira, commandant de la PSR : « Les principales causes des accidents de roulage sont notamment, l’excès de vitesse, le mauvais état du parc automobile et des infrastructures routières »
Toutefois, il se réjouit qu’aucun cas n’ait échappé à la vigilance de la police. « Tous ceux qui ont endommagé ces installations ont été appréhendés et ont subi la rigueur de la loi. En plus d’une amende de 100 mille FBu (57, 1 USD) infligée à chaque coupable de la destruction des infrastructures publiques, les contrevenants ont été amenés à les remettre en état. Le conducteur est arrêté et le véhicule responsable saisi. Ils ne sont relâchés qu’après avoir réparé complètement l’infrastructure détruite. D’ailleurs, un des cas recensés a déjà coûté à l’auteur pas moins de 910 USD, soit 1 million 592 mille 500 FBu », fait remarquer OPC1 Bankibigwira.
Pour lui, des mesures importantes pour protéger ces feux s’avèrent nécessaire, car le risque est de trouver tous les feux tricolores cognés en un laps de temps.
L’Office des Routes du Burundi (OdR) et l’entreprise chinoise Sinohyndro qui a procédé à l’installation des feux tricolores sur dix-huit carrefours de la ville de Bujumbura déterminent les dommages.
Des infrastructures d’utilité publique
OPC1 Bankibigwira explique que les feux tricolores sont un dispositif permettant la régulation du trafic routier entre les différents usagers de la route. « Ils servent à réguler le trafic au niveau des croisements des routes », précise OPC1 Bankibigwira avant de signaler qu’avec la réinstauration de ces feux, les accidents au niveau des intersections des routes ont été réduits de 63 % dans moins de six mois.
Une courbe des accidents descendante
« Comparativement aux années 2016 et 2017, la courbe des accidents est descendante », informe OPC1 Bankibigwira. Selon les statistiques, indique-t-il, on a enregistré 1 757 accidents en 2016 contre 1 720 en 2017. Les victimes ont été aussi revues à la baisse, soit 995 cas de blessés en 2016 alors qu’en 2017, ils étaient 574. Les décès étaient estimés à 93 en 2016 contre 86 en 2017.
OPC1 Bankwibigwira rappelle qu’en tête de liste des causes de ces accidents figurent notamment l’excès de vitesse, le mauvais état du parc automobile et des infrastructures routières. Et d’ajouter : « La conduite en état d’ivresse, le manque d’expérience en matière de conduite automobile, la signalisation insuffisante ou inadéquate sont aussi parmi les causes des accidents enregistrés, mais à moindre mesure ».
Changement de comportement
OPC1 Bankibigwira atteste que pour diminuer les accidents, il faut d’abord respecter la législation (code de la route en vigueur). Cependant, il reconnait que l’indisponibilité du code de la route est l’une des lacunes constatées dans le secteur du transport et à laquelle on va bientôt remédier.
En attendant, OPC1 Bankibigwira invite les autoécoles à augmenter le nombre des séances de formation sur le code de la route, car la maîtrise de celui-ci (tout détail dans le code de la route importe) est douteuse. Et de renchérir : « Les gestionnaires des autoécoles doivent accroître également le nombre des séances lorsqu’ils forment les futurs conducteurs ».
Les administratifs, eux, doivent s’impliquer dans la sensibilisation des citoyens pour combattre les causes des accidents de roulage et les médias sont invités à diffuser plus d’informations sur la sécurité routière.
Ne pas prioriser l’argent
OPC1 Bankwibirwira certifie que lorsque les transporteurs mettent en avant l’appât du gain et ne tiennent pas compte des aspects sécuritaires, ils constituent un danger pour la sécurité routière. Les associations des transporteurs, des conducteurs, des convoyeurs et des rabatteurs doivent être des canaux efficaces pour transmettre les messages allant dans le sens de ne pas prioriser l’argent à toute autre considération.
« Les piétons n’ont pas la considération qu’ils méritent », déplore OPC1 Bankibigwira. Pourtant, rassure-t-il, ce sont eux qui ont la priorité de passage. S’ils sont en train de traverser la route, selon toujours lui, les autres usagers de la route doivent attendre jusqu’à ce qu’ils franchissent les bandes blanches qui matérialisent leur priorité.
Diminution de la fraude des permis de conduire
« A un certain moment, les faux permis de conduire ont pullulé », souligne OPC1 Bankibigwira. Il témoigne qu’avec l’introduction en avril 2017 du permis de conduire biométrique, les fraudes ont sensiblement diminué. Pour ceux qui cherchent alors le permis de conduire biométrique, son prix est de 120 mille FBu (68, 57 USD) pour le nouveau conducteur.
Ce coût est le même pour ceux qui changent les anciens permis de conduire. Pour ceux-ci, dit OPC1 Bankibigwira, les pénalités de retard fixées à 2 mille FBu par jour de retard ont été instaurées depuis le 1er septembre 2017. Et d’éclaircir : « A l’heure actuelle, les pénalités de retard avoisinent 400 mille FBu (228, 57 USD).
OPC1 Bankibigwira conclut en signalant que les conducteurs qui ont peur de payer cette amende, peuvent recommencer à zéro le processus d’obtention du permis de conduire. Ils sont tenus de se faire inscrire de nouveau, passer le test théorique. Ce test donne droit au permis de conduire provisoire avant de faire le test pratique qui donne accès au permis de conduire définitif.
La période qui sépare les deux tests est de 3 mois pour habituer le nouveau conducteur. Pour ceux qui possèdent les anciens permis de conduire, la seule facilité est qu’en l’espace d’une semaine on peut passer les tests et obtenir le permis définitif.
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