Transport

Gitega : Le transport interurbain n’a pas fait long feu

En  l’an 2019, le transport interurbain a vu le jour dans la capitale politique Gitega. Cependant,  c’est une pratique  qui n’a pas duré que le temps de la rosée alors qu’elle est  au cœur des questions de mobilité  et donc extrêmement importante pour l’utilisation de l’espace public. Les habitants de la capitale politique tirent une sonnette d’alarme

Où est passé le transport interurbain initié en 2019 par les entrepreneurs privés dans la ville de Gitega? Silence. La question taraude plus d’un.  A commencer par les habitants de la ville de Gitega eux même, principales victimes de l’absence prématurée de ce transport.  Dans la mi-journée, tout indique que le transport est garanti et rassurant dans la capitale politique. Mais il suffit qu’il soit 18h du soir, cette ville s’endort.   Les marchés ferment  très tôt et toutes les personnes rentrent chez eux. Celui qui n’a pas son déplacement privé doit rentrer  à pied,  à moto et /ou  à vélo.  Pas de transport en commun ni taxi-voiture.

L’arrêt prématuré du transport en commun ou l’absence de taxi- voiture dans la capitale politique offre de quoi s’inquiéter. Il est 19 h du soir dans la nouvelle capitale politique du Burundi. Jeanne Nduwimana vient d’arriver de Bujumbura. Elle est à la gare des agences de voyage et  doit rentrer au quartier Bwoga I qui est à 4 km de la gare des agences de voyage.  Pas de taxi-motos et ni tuk-tuks. De l’autre côté, un autre passager qui cherche un déplacement. Cette femme dit être  dans l’embarras. Elle  ne sait pas si elle va trouver  un bus ou un taxi-voiture  pour se déplacer. Elle est dubitative. Ce qui ne rassure pas.

Le transport en commun nécessite des professionnels dans le secteur

Joseph Bizimana, habitant du quartier Yoba  nous a confié que le transport en bus n’a duré que le temps de la rosée. Cet habitant tente d’explique cet état de fait. Pour lui, si ce moyen de transport n’a pas  perduré dans cette ville, c’est que les bus étaient trop gros. «  Les bus passaient beaucoup de temps à la gare en attendant les passagers», indique-t-il. Selon lui, les passagers n’étaient pas nombreux et ils n’avaient pas la culture  d’utiliser ce mode de déplacement. Cependant, il précise qu’il ne reste que les bus qui font le transport Gitega- Ngozi, Gitega- Bujumbura et Gitega vers d’autres provinces. Les voyageurs sont dans une désillusion totale indique-t-il.

Transport en commun,  un échec pour les exploitants

« La ville de Gitega est la plaque tournante d’un nombre important  d’affaires depuis quelques années, surtout maintenant qu’elle est devenue la capitale politique » indiquent Ernest  Ndayisenga et libère Nduwumukama résidant de cette ville. Ils marchent  désespérément et se demandent pourquoi ce transport n’a pas perduré. Or, les transports publics sont un service de base pour tous, que toutes les politiques urbaines doivent tendre à conforter et sur lequel elles doivent se fonder argumentent-ils. Selon eux, il faudrait qu’il existe au moins des tuk -tuks qui peuvent assurer le transport jusqu’à 20 h pour  faciliter la mobilité dans la capitale politique.

Ernest  Ndayisenga explique qu’aujourd’hui, ceux qui font des fêtes ne savent pas à quel saint se vouer. Ils préfèrent festoyer très tôt dans le but d’avoir un déplacement assuré pour rentrer chez eux. Si  ce n’est pas le cas, il risque de manquer de moyens de déplacement.

Charles Ntirampeba, secrétaire général de l’ATRABU indique que la venue des transports en commun dans la ville de Gitega est une bonne chose.  Il regrette  pour le moment la non pérennité de ce mode transport à Gitega. Il ignore  les raisons  de son arrêt.

Selon  M. Ntirampeba, le secteur des transports nécessite des exploitants ayants acquis de professionnalisme. Pour les transports en commun tout d’abord, ce principe doit se traduire par une offre de qualité. C’est la densité urbaine qui permet de développer cette qualité et qui constitue la garantie d’une viabilité économique et sociale du « système » de transport urbain.

Les transports en commun doivent  être un service d’appoint et, mieux doivent vraiment constituer un service de base pour tous. La liberté de recours à la voiture ou à un autre type de transport individuel ne doit pas fragiliser l’économie ni dégrader la qualité des transports en commun. C’est sûr que la capitale politique devrait disposer de bus assurant le transport en commun, mais leur existence fait face à d’autres défis insiste M. Ntirampeba. Il indique  par exemple qu’un bus  transportant plus de  30 à 40 personnes ne devrait pas entrer dans la cadence.  Il explique cela en se basant sur les conditions qui ne sont pas remplies dans la ville de Gitega pour que le transport en commun fonctionne normalement.

Il conclut que les transports publics et les transports en commun sont de puissants instruments de requalification des espaces publics urbains, des voiries et de la ville. Et, pour avoir un transport en commun de qualité, il faut que ce secteur soit exploité par des professionnels.

A propos de l'auteur

Ferdinand Mbonihankuye.

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