L’inexistence des trottoirs dans pas mal de routes expose les piétons à des accidents récurrents. Ils subissent souvent l’humiliation de la part des conducteurs qui les contraignent à quitter la chaussée. Malgré cette situation, le code de la route précise les droits des piétons pendant la circulation
Nous sommes mardi le 25 février 2020 à 7 h 10 min sur l’avenue de l’Université. Une noria de véhicules, des tuks tuks et des bicyclettes font des mouvements de va et vient pour déposer les élèves aux écoles fondamentales Saint Michel et Saint Paul. Un grand nombre d’hommes et de femmes qui accompagnent les écoliers se bousculent.
A cet endroit comme sur d’autres routes de la municipalité de Bujumbura, les piétons ont des difficultés à se déplacer, car le trottoir a une petite dimension. De plus, les conducteurs l’empruntent souvent à la recherche du passage et surtout pendant les heures de pointe. Pire encore, il n’y en a même pas sur certaines routes. Jean Marie Nkunzimana rencontré au quartier Rohero II fait savoir que l’inexistence des trottoirs expose les piétons à un danger imminent. «Le piéton peut se retrouver entre deux véhicules en mouvement. Il est entre le marteau et l’enclume, car il peut avoir un accident à tout moment», révèle Nkunzimana.
Les piétons dans la désolation
De plus, la ville de Bujumbura est envahie par beaucoup de motocyclettes et de bicyclettes. Cela empire la situation et surtout pendant les heures de pointe. Sur les routes qui ne disposent pas de trottoirs, les piétons sont dans la désolation. Ils sont souvent humiliés par les conducteurs de véhicules. « Nous n’avons pas de mots à dire. Les chauffeurs nous humilient. On nous reproche d’avoir envahi la route comme si nous n’avions pas le droit de poser nos pieds sur la route. On nous demande de vider les lieux. Si tu essaies de te défendre, on risque de te cogner ou même de te battre», fait remarquer Nkunzimana. Selon lui, le piéton n’a pas de valeur quand il circule sur les routes qui ne disposent pas de trottoirs.

Les piétons ont du mal à se déplacer sur les routes qui ne disposent pas de trottoirs
Les trottoirs transformés en espaces de stationnement
Dans certains quartiers, certaines routes disposent de trottoirs. Néanmoins, suite à une démographie galopante, les trottoirs ont été envahis et transformés en parcelles. On y a construit des kiosques. Et d’ajouter que certains conducteurs de véhicules y garent leurs véhicules. Tous ces dysfonctionnements gênent les piétons pendant la circulation et les exposent à des accidents récurrents.
Que dit le code de la route ?
Malgré cette situation, le code de la route accorde une place de choix au piéton. Il stipule que les piétons sont tenus d’emprunter les trottoirs et les accotements en saillie. Même ceux qui se déplacent avec des objets encombrants ne sont pas oubliés. Ils peuvent emprunter la chaussée si la circulation sur le trottoir ou l’accotement risque de causer une gêne importante aux piétons. Lorsque le piéton s’engage dans un passage qui lui est réservé, le conducteur d’un véhicule automoteur ou d’une bicyclette doit immobiliser son véhicule et permettre au piéton de traverser la chaussée. Le stationnement des véhicules est interdit aux endroits où les piétons doivent emprunter la chaussée pour contourner un obstacle.
Les piétons demandent à la police d’être vigilante. Leurs droits doivent être respectés comme le souligne le code de la route.
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