Spéciale femme

Journée Internationale de la Femme : Une journée de challenge pour les droits de la femme ?

A la veille de la célébration de la Journée Internationale de la Femme, Burundi Eco a rencontré le deuxième vice-gouverneur de la Banque centrale, Mme Annonciata Sendazirasa. Elle dresse le bilan de certaines réalisations qu’elle a pilotées quand elle était ministre en charge de la fonction publique. Elle revient également sur la promotion des droits de la femme en général et les stratégies pour y parvenir

La plupart des gens considèrent la Journée Internationale de la Femme comme une journée festive. Mais que représente réellement cette journée ? Eléments de réponse avec Mme Annonciata Sendazirasa, actuelle deuxième vice-gouverneur de la Banque centrale. La journée internationale de la femme me rappelle qu’un jour, les femmes se sont levées pour mettre à l’évidence le bafouement des droits de la femme, précise-t-elle. Chaque année, l’agence onusienne des femmes (ONUFEMMES) choisit une thématique générale et des sous-thématiques dans chaque pays.

Au-delà des festivités, Mme Sendazirasa considère cette journée comme une journée ordinaire. Pour elle, on devrait plutôt considérer la femme à sa juste valeur et la promotion de ses droits devrait être considérée comme une revendication quotidienne et non un souvenir d’une journée consacrée aux droits de la femme. Tant qu’il y a encore de petites filles violées, des écolières engrossées, des femmes battues, des femmes sans autonomie financière et par conséquent méprisées dans leurs ménages, etc. on devra penser tous les jours à la promotion des droits de la femme. Bref, constate-t-elle, on ne devrait pas attendre le 8 mars pour promouvoir les droits de la femme et des filles alors que ces derniers sont bafoués ici et là, au quotidien

Une carrière riche en innovations !

Mme Sendazirasa a initié pas mal de réformes quand elle occupait le poste de ministre de la Fonction Publique, du Travail et de la Sécurité Sociale (entre janvier 2009 et août 2015). L’une des grandes réformes a été la création de l’Office National des Pensions et Risques Professionnels (ONPR). Mme Sendazirasa nous explique le contexte de sa mise en place.

L’ONPR a été créé pour s’occuper de deux régimes : de pension et risque professionnel pour les fonctionnaires, les magistrats et les agents de l’ordre judiciaire qui n’avaient pas en réalité de pension légale et ne pouvaient réclamer d’être évacués à l’extérieur en cas de soins de santé indisponibles au pays, car ils n’avaient pas de régime de risque professionnel, lorsque leurs chauffeurs et plantons régis par le Code du Travail en avaient le droit. Cet office est venu à point nommé car l’Institut National de Sécurité Sociale (INSS) s’occupe de la pension et risque professionnel pour uniquement des travailleurs régis par le code du travail (secteur privé, entreprises publiques et paraétatiques).

Mme Annonciata Sendazirasa, deuxième vice-gouverneur de la BRB : « Une femme doit avoir une bonne dose de confiance en elle, car une femme qui n’a pas l’estime de soi, le pouvoir intérieur, même si elle a fait de très longues études ne pourra jamais défendre ses droits ».

L’ONPR contribue activement au développement du pays, car aujourd’hui, étant donné que l’Etat donne sa part patronale et les fonctionnaires et magistrats la part individuelle mensuellement, ces fonds sont placés, investis et peuvent améliorer même le quotidien de ceux qui en bénéficient au présent comme à l’avenir. Et comme la population des travailleurs burundais est encore jeune, il y a moyen que ces fonds soient fructifiés, car les retraités sont encore peu nombreux.  C’est ainsi que deux ans après la mise en activité de l’ONPR, cette Institution a pu s’acheter le compound du PNUD de 16 villas d’une valeur de 7 milliards de FBu et certains locaux servent de bureau de l’ONPR. Il importe de signaler que la mise en place de l’ONPR était attendue depuis 1965.

La mise en place de l’OBEM

D’autres réformes pilotées par Mme Sendazirasa sont entre autres la création de l’Office Burundais de l’Emploi et de la Main d’Œuvre de l’Emploi (OBEM), la création des Guichets Uniques Provinciaux (GUP) en collaboration avec le Ministère technique (Ministère de la Sécurité Publique) et de l’Intérieur car les provinces disponibilisaient les locaux à rénover pour cette activité d’octroi d’extraits du casier judiciaire, de passeport et de permis de conduire. On lui doit également l’informatisation des services de la fonction publique. Ce qui a amélioré le système de paiement des salaires des fonctionnaires.

En outre, elle a créé le Fonds d’Appui à la Protection Sociale (FAPS) qui, d’ailleurs, lui a valu un trophée décerné par l’organisation sous régionale dénommée East and Central Africa Social Security Association (ECASSA). A travers le FAPS, entre 700 et 800 millions de FBu ont été débloqués pour soutenir la population non couverte en matière de sécurité sociale ; comme l’appui à la mise en place des mutuelles de santé communautaires ; ou tout simplement couvrir le risque social des gens non couverts jusqu’aujourd’hui en matière de sécurité sociale. Et la grande innovation non encore trouvée ailleurs, pour l’ECASSA, ce sont les Institutions de sécurité sociale qui financent le FAPS.

Autre chose qui a permis la réhabilitation des ayants-droit à la Fonction publique, c’est la régularisation des ayants-droit de 1972. Ils avaient attendu quarante ans pour leur réhabilitation. Cela a été une action qui n’a pas laissé indifférents les ayants-droit, enfants et veuves de 1972.

La défense des droits des femmes, une lutte permanente

Le deuxième vice-gouverneur de la Banque centrale appelle les autres femmes à promouvoir leurs droits. Une femme doit défendre ses droits au quotidien. Ainsi, fait savoir Mme Sendazirasa, une femme doit conjuguer le verbe  avoir ; une femme qui n’a rien ne pourra pas défendre ses droits. Elle doit aussi conjuguer le verbe savoir, car une femme qui n’a pas étudié ne peut en aucun cas réclamer un poste de responsabilité. Enfin, une femme doit avoir une bonne dose de confiance, car une femme qui n’a pas l’estime de soi, c’est-à-dire, le pouvoir intérieur, même si elle a fait de très longues études ne pourra jamais défendre ses droits. L’autre élément crucial, la femme doit conjuguer le verbe pouvoir. La femme doit intégrer différentes organisations de la société civile, religieuses et partis politiques pour faire entendre sa voix, pour arracher elle-même le pouvoir. Elle ne doit pas dire qu’on l’a oublié, lorsqu’elle ne s’intéresse au développement de son pays à travers différentes organisations et/ou partis politiques.

La dot doit retrouver sa valeur traditionnelle

Au moment où la dot fait objet de controverse dans la société Burundaise, Mme Sendazirasa livre son analyse. Elle est catégorique : « La fille n’est pas une marchandise à vendre. La dot, c’est plutôt une cérémonie traditionnelle qu’il faut à tout prix garder et respecter, mais elle n’est pas matérielle comme certains le pensent ». Elle trouve que ceux qui exigent des montants colossaux veulent compenser les dépenses occasionnées par les cérémonies pompeuses de remise de dot.

Il y a urgence que les cérémonies de remise de dot puissent revêtir le cachet de cérémonie traditionnelle. La dot tisse des liens indélébiles entre les deux familles. C’est pourquoi seuls les membres de la famille et amis très proches y étaient conviés. Et les cérémonies se déroulaient en famille et pas dans des salles d’hôtels. Il faut que la fille soit dotée chez elle et que la dot soit un échange de cadeaux entre les futurs mariés, conclut-elle. D’ailleurs, une dot qui exige un montant fixe minimise davantage la valeur de la fille, car si l’homme paie la dot, la femme va le payer autrement, rétorque-t-elle.

Dans nos éditions ultérieures, nous aborderons notamment les questions relatives à l’autonomisation financière de la femme et le niveau de représentativité des femmes dans les instances de prise de décision.

A propos de l'auteur

Benjamin Kuriyo.

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