Agriculture

La production horticole bientôt sur le marché d’exportation

Alors que les exportations sont la clé de la croissance économique, le secteur horticole est sous-exploité au Burundi et fait face à bon nombre de défis qui entravent son essor sur le marché d’exportation

A défaut du marché d’écoulement, les horticulteurs essaient désespérement de trouver les clients en pratiquant le commerce ambulant.

Les cultures d’exportation nécessitent l’augmentation et l’amélioration de la qualité. Cela est ressorti d’un atelier de signature d’un mémorandum d’entente qui a réuni les intervenants dans le développement et la promotion des exportations dans le secteur horticole et l’API vendredi le 21 août 2020.

Bien que le secteur horticole rapporte gros, il reste absent sur le marché d’exportation. La production et le commerce des produits horticoles restent rudimentaires et surtout informels. Les investisseurs Burundais s’aventurent dans ce secteur souvent sans ressources ni compétences.

L’absence des produits phytosanitaires, une barrière pour les horticulteurs

Jésus- Marie Joseph Ntinanirwa, représentant de la coopérative Verger Digiri Pommiers Plus (VEDIPO +) a indiqué que le secteur horticole est confronté à plusieurs défis liés surtout à la non-conformité aux exigences du marché d’exportation. L’absence des produits phytosanitaires qui peuvent tuer les mouches prédatrices des fruits qui sont des insectes nuisibles aux fruits handicape ce secteur.

De son côté, la représentante de la coopérative Dutezanye Imbere œuvrant dans la production d’huile d’avocat basée dans la commune Giheta de la province Gitega a indiqué que le secteur horticole est un secteur prometteur. Elle a confié que ce secteur permettrait d’avoir une meilleure entrée de devises dans notre pays qui en a tant besoin.

Le Kenya, une source d’inspiration

Le secteur horticole peut offrir de réelles possibilités d’emploi, permettant ainsi l’intégration des jeunes désœuvrés et l’amélioration du statut socio-économique de la femme en générant des revenus d’appoint très appréciés. Selon l’agence Ecofin, le sous- secteur horticole a rapporté 104 milliards de shillings kenyan (900 millions $) de recettes d’exportation au cours des 8 premiers mois de l’année 2018. C’est ce que rapporte Businessdailyafrica qui mentionne des données du Bureau Kényan des Statistiques (KNBS). Ce montant représente une hausse de 33% par rapport à la somme perçue un an plus tôt à la même période.

Le principal contributeur à cette performance est le segment des fleurs coupées. Cette catégorie de produits a rapporté 76,9 milliards de shillings, soit 74% de la manne financière totale et 38% de plus qu’en 2017. Malheureusement, au Burundi, ce secteur reste informel, car la population burundaise n’est pas formée sur le développement de l’horticulture. Les intervenants dans ce secteur ont précisé qu’il ne rapporte presque rien.  Cependant, le Kenya peut servir de bon exemple dans le développement de ce secteur. Il sied de préciser que pour que le Burundi soit connu dans le monde entier comme pays exportateur des produits horticoles, il faudrait certifier toutes les opérations techniques menant à leur production. Selon l’agence Ecofin, au Kenya les expéditions des légumes ont engendré 16,9 milliards de shillings alors que celles des fruits ont procuré 10,1 milliards de shillings.

Il faut souligner que cette dernière catégorie est celle qui a connu la plus importante progression dans le sous-secteur horticole pour la période concernée avec un bond de 41% de la valeur des ventes comparativement à 2017.

Au cours de l’atelier, les participants ont pu visiter les stands des produits horticoles en exposition.

Cette dynamique de l’horticulture kenyane pourrait se poursuivre dans les mois à venir particulièrement au niveau des fleurs coupées à la faveur du lancement par Kenya Airways de vols directs vers New-York.

Existence des filières horticoles, une source d’information et d’inspiration

Pour certaines filières, les participants ont noté que leur développement devrait commencer en amont en proposant des projets de remplacement des anciennes variétés en dégénérescence.

S’agissant des besoins, l’approche logique retenue par les participants a été l’organisation d’une étude qui devrait déterminer l’état des lieux et les besoins pour chaque filière.

A cet égard, les participants ont noté la possibilité d’existence de quelques études sur des filières qui pourraient servir de source d’information et d’inspiration pour la proposition des plans d’action susceptibles de répondre aux besoins réels.

Dans son allocution, Désiré Musharitse, directeur de l’API a tranquillisé les producteurs. Il a indiqué que le gouvernement a mis en place une Agence de Promotion des Investissement ayant pour mission de promouvoir les investissements et les exportations.

C’est dans le cadre des missions dédiées au service de promotion des exportations que l’API organise les actions d’appui au développement des produits exportables. A cet effet, l’API aura contribué à la mise en œuvre du Plan National pour le Développement (PND 2018-2027). En effet, le PND stipule que l’objectif à long terme vise entre autres à rétablir les équilibres structurels de l’économie burundaise à travers le renforcement de l’autosuffisance alimentaire, a souligné Désiré Musharitse, directeur de l’API.

Les participants ont eu l’occasion de visiter les différents stands d’exposition dans le but de connaitre davantage les potentialités que regorge le secteur horticole du Burundi. Et ils ont souligné l’importance et la nécessité de la mise en place de cette plateforme.  Il était question que les intervenants se mettent ensemble et agissent en synergie pour le développement de l’horticulture. La synergie dont il est question est conçue comme une stratégie de résoudre les questions transversales qui minent le développement de l’horticulture burundaise.

Le directeur de l’API a souligné que la plateforme d’appui au développement de l’horticulture est une inspiration des meilleures pratiques des pays comparables au Burundi, qui ont déjà démontré son efficacité. M. Musharitse reste donc optimistes que le Burundi pourra faire mieux, étant donné la diversité des avantages comparatifs dont le bon Dieu l’a doté.

Le guichet unique de certification, une nécessité

Pour relever les défis liés à l’exportation, Jésus- Marie Joseph Ntinanirwa demande que tous les efforts soient être déployés par tous les intervenants pour soutenir ce secteur. Il a proposé que l’existence des relations entre le ministère du Commerce et les agriculteurs soit la plus-value dans ce secteur. Et c’est dans le but de suivre de près les activités des agriculteurs pour les aider à résoudre les problèmes auxquels ils sont confrontés dans ce domaine. Encore plus, il faudrait qu’il y ait la décentralisation des guichets de certifications, c’est-à-dire les guichets uniques pouvant faciliter les producteurs, les lieux sûrs pouvant faciliter la conservation, le coût de transport des marchandises très cher (route Burundi – Tanzanie) par rapport aux autres pays de l’EAC sans oublier le manque d’emballages pour conditionnement à l’exportation.

Le directeur de l’API, Désiré Musharitse souligne que le secteur horticole pourrait générer des devises pour le Burundi.

Le directeur de l’API a conclu son allocution en saluant le travail déjà entrepris par les membres de la plateforme. Il a précisé également la plus-value   attendue de cette plateforme pour le développement des exportations horticoles.  Dans cette optique, il a invité les membres à signer le cadre légal de collaboration de la plateforme afin de le rendre plus opérationnel. Désiré Musharitse a indiqué que les missions cette de plateforme sont immenses et vont faire face à un problème de budgets alloués à la promotion des investissements et des exportations qui sont insuffisants.

Il a réitéré également que l’API ne ménagera aucun effort dans la négociation avec les partenaires, y compris le gouvernement afin d’augmenter la ligne budgétaire allouée à la promotion des exportations.

Désiré Musharitse a lancé un vibrant appel aux partenaires techniques et financiers pour qu’ils s’approprient cette noble mission de la plateforme.  Il a souligné encore une fois l’importance de la plateforme. La pertinence des membres est une évidence. La composition de la plateforme par différents intervenants à différents maillons de la chaine de valeur horticole augure son aptitude à intervenir sur tous les aspects du secteur horticole. Ceci pour démontrer encore une fois l’importance de la stratégie de réunir les intervenants dans une même plateforme et notre engagement à suivre les directives de développement déjà tracées par le gouvernement du Burundi.

Signalons que tous les participants sont appelés à partager l’enthousiasme et l’optimisme par rapport à cette initiative et par rapport à l’espoir d’aller de l’avant

Rappelons que huit associations et coopérative étaient présentes à cette réunion de mise en place d’une plateforme de professionnels chargés de l’encadrement des producteurs du secteur horticole, à savoir : la Direction de la Promotion des Filières Agricoles et des Produits Forestiers Non Ligneux (DFAPFNL), la Direction de la protection des végétaux(DPV), la Chambre Fédérale du Commerce et de l’Industrie du Burundi (CFCIB), le Comité National SPS, l’Alliance des Coopératives Rurales du Burundi (ALCORU), l’Appui au Développement Intégral et à la Solidarité sur les Collines (ADISCO), l’Interprofession des Fruits du Burundi (IPFB), et le Forum des Producteurs Agricoles du Burundi (FOPABU).

A propos de l'auteur

Ferdinand Mbonihankuye.

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