Energie

Le gaz, une alternative au bois de chauffage

Le gaz serait employé par les familles modestes, les restaurants, les hôtels… Pourtant, il n’émet pas de fumée ni de déchets. Il regorge d’avantages dans la protection de l’environnement. C’est pourquoi même les familles moyennes sont conviées à utiliser le gaz. Cela au moment où de nombreux foyers font recours au bois de chauffage. Ce qui occasionne le déboisement

« Je n’ai jamais vu mon père ni ma mère utiliser le gaz. Je suis habitué à cuire les aliments avec du charbon de bois», indique Suzanne Ndaruzaniye, une veuve de la zone Kinama, commune Ntahangwa en mairie de Bujumbura. Habitant seule dans une maison d’une chambre et salon, la sexagénaire   tient un sachet vert dans un coin poussiéreux au noir, la couleur du charbon. Ledit sachet est utilisé pour approvisionnement du charbon au point de vente. Le sachet, nuisible à son tour à l’environnement, ne peut pas être lavé. Cela car un autre l’approvisionnement du charbon de bois le salirait. On préfère le laisser dans l’état dans lequel il se trouve. Les points de vente du charbon sont éparpillés partout dans la ville de Bujumbura, capitale économique, signe que le produit est très sollicité.

Le coût du charbon n’est pas moindre comme l’affirme Mme Ndaruzaniye. « Normalement, j’utilise le charbon de bois acheté à 1 000 FBu par jour voire 2 000 FBu, soit entre 30 000 et 60 000 FBu par mois (c’est environ 1 USD par jour au taux officiel), explique-t-elle.

Egide Niyomwungere est gérant d’un hôtel à Kigobe. Il témoigne que parmi les critères qui attirent ses clients figurent la disponibilisation  du gaz.  Avec celui-ci, la propriété est garantie, martèle-t-il avant de rappeler que même le temps de cuire les aliments est trop court. Le prix du gaz est abordable, signale M.Niyomwungere.

Que disent les spécialistes ?

Salum Rucekeri, administrateur directeur général de l’entreprise Rucekeri Salum Company su (RUCSA COMPANY su) confirme que l’utilisation du gaz est une des alternatives à la déforestation. Le gaz remplacerait le bois de chauffage qui est utilisé par une grande frange de la population burundaise actuellement en augmentation constante (plus de 11 millions d’habitants).

Salum Rucekeri, administrateur directeur général de RUCSA COMPANY su : « L’utilisation du gaz est une des alternatives à la déforestation »

Avec une expérience d’une vingtaine d’années, M.Rucekeri importe, commercialise et livre le gaz via son entreprise RUCSA COMPANY su.

Pour répondre aux besoins de la population, il présente différentes sortes de bonbonnes (bouteilles) de gaz qu’il vend.

La première bonbonne a une capacité de contenir un gaz de 6 kg. Elle est recommandée pour les célibataires. Elle peut durer facilement un mois selon le patron de RUCSA COMPANY su.

« La deuxième bonbonne recommandée aux familles non élargies peut contenir 12 kg de gaz. Son usage est estimé à plus au moins 2 mois. La troisième bonbonne a la capacité de contenir 20 kg de gaz. Conseillé aux familles nombreuses, sa durée d’usage est estimée à 3 mois. Nous disposons également de bonbonnes d’une capacité de 25 kg et de 50 kg recommandés pour les catégories qui utilisent beaucoup de gaz », explique M.Rucekeri avant de rappeler que la durée de vie du gaz dépend de son utilisation.

Il annonce que l’entreprise comptabilise 50 tonnes de gaz par mois, soit deux camions citernes.

Quant au prix, l’administrateur directeur général de RUCSA COMPANY su précise qu’il est de 5 000 FBu par kg de gaz.

Toutefois, il existe des accessoires qu’on achète lorsqu’on utilise le gaz pour la première fois. C’est notamment, informe toujours M. Rucekeri, la bonbonne, le tuyau, le détendeur, le réchaud et la cuisinière. « Le format standard du tuyau est de 2 mètres. Il s’achète à 16 000 Bu. Le prix de la bonbonne est de 185 000 FBu tandis que celui du détendeur est de 50 000 FBu. La bonbonne ne s’achète qu’une seule fois. En cas de réapprovisionnement en gaz, on amène une bonbonne vide et on bénéficie d’une bouteille remplie », fait-il remarquer.

Les bonbonnes ne s’utilisent pas de la même façon

Le patron de RUCSA COMPANY su indique que les bouteilles de gaz de 6 kg sont conçues de manière qu’on y pose directement la casserole.

Pour d’autres bouteilles, on doit nécessairement utiliser le tuyau et le détendeur. Ceux-ci sont connectés et à la bonbonne et au réchaud ou à la cuisinière. « Pour avoir de l’énergie, la première opération consiste à ouvrir les manettes de la cuisinière ou du réchaud. Ensuite, on ouvre le détendeur pour libérer le gaz. Dès que ce gaz est en contact avec la chaleur, directeur cela donne de l’énergie. C’est pourquoi on utilise par après une allumette pour déclencher la combustion du gaz. Pour éteindre, on ferme les vannes de la cuisinière ou du réchaud et puis le détendeur », fait-il savoir.

Des précautions à prendre

M.Rucekeri rappelle qu’il existe deux sortes de gaz, à savoir : le butane et le propane. Seul le butane est utilisé ici et il est conservé à l’intérieur de la maison. Le propane est utilisé dans les régions froides et il est surtout conservé à l’extérieur.

L’utilisation du gaz par les ménages urbains est en hausse, en particulier sous forme d’électricité. Cela parce que les prix du charbon sont constamment revus à la hausse.

Il rassure que le butane n’explose pas facilement. D’ailleurs, le gaz ne peut pas être libéré lorsque le détendeur est fermé.  Cependant, il confirme que lorsqu’on enlève le détendeur, il peut y avoir fuite de gaz. En cas de la fuite du gaz, il faut ouvrir les portes et les fenêtres et laisser le gaz s’échapper avant d’aviser qu’il faut éviter toute étincelle ou toute source de chaleur excessive. M.Rucekeri annonce que dans les pays développés, il y a une sirène qui annonce la fuite du gaz. Ce système n’est pas encore développé dans notre pays.

Et de renchérir : « Nous sommes en train   de commercialiser des bonbonnes spéciales contenant 12 kg et 20 kg de gaz qui n’explosent pas ».

Selon l’Accès à l’Energie et Sécurité Energétique en Afrique de l’Est, un document de la Commission Economique des Nations Unies pour l’Afrique, à l’exception de la Tanzanie et du Rwanda où le gaz est utilisé dans la production de l’électricité, dans le reste de la sous-région le gaz est principalement utilisé à des fins domestiques.

L’utilisation du gaz par les ménages urbains est en hausse, en particulier sous forme d’électricité. Cela parce que les prix du charbon sont constamment revus à la hausse. En raison de la déforestation qui sévit dans la région, le bois se fait rare et le charbon coûte de plus en plus cher. La consommation du gaz naturel par les ménages en Afrique a progressé de 34,6 milliards de mètres cubes (mmc) en 2000 à 115,2 mmc en 2011, soit une croissance moyenne de 6,2 % par an.

L’article 46 de la loi budgétaire 2019-2020 du Burundi a exonéré le gaz des droits et taxes de douanes. Cela pour booster son utilisation. M.Rucekeri reconnait cela et informe que bientôt le texte sera mis en application. Ce qui diminuera le coût de l’utilisation du gaz.

A propos de l'auteur

Mélance Maniragaba.

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