Afin de protéger les élèves et le personnel éducatif dans le contexte de la Covid-19, le déroulement des cours devrait se faire dans le strict respect des règles sanitaires. Un protocole sanitaire qui permettrait d’accueillir tous les élèves dans l’ensemble des écoles devrait être mis en place. Cependant, aucune règle n’est observée
Du Nord au Sud de la capitale économique Bujumbura, les arrivées et les départs dans les écoles ne sont pas particulièrement étudiés pour limiter au maximum les regroupements d’élèves. Les mesures prises pour se prévenir contre la covid-19 devraient s’adresser aussi bien aux élèves qu’aux personnels. Leur application doit tenir compte du contexte propre à chaque établissement. Le constat est qu’il n’y a pas de protocole sanitaire au niveau des établissements scolaires visités.
Les établissements scolaires ont baissé la garde. Il n’y a pas de rigueur de leur part qui obligent les élèves ou les écoliers à prêter beaucoup d’attention aux mesures barrières. «On se lave quand on veut. Il n’y a pas de rigueur», lance un élève du lycée municipal de Gikungu.
Le surpeuplement des établissements, un grand défi
A l’entrée de beaucoup d’établissements scolaires de la mairie de Bujumbura et dans les faubourgs de la ville se trouvent des dispositifs de lavage des mains. Dans certains établissements, il y a du savon à côté de ses dispositifs, dans d’autres il n’y en a pas. Les accolades, les embrassades se font à l’ordinaire.

Les responsables scolaires disent qu’ils sont débordés, que c’est impossible de contrôler des effectifs énormes.
Les responsables scolaires disent qu’ils sont débordés, que c’est impossible de contrôler des effectifs énormes. Là c’est au moment où les établissements scolaires font face au surpeuplement des salles de classe. Ce qui rend également la distanciation physique impossible. Dans plusieurs écoles, les élèves s’asseyent à trois.
Au lycée de la Convivialité de Kanyosha par exemple, le préfet des études indique que sauf dans les classes du cycle supérieur où les élèves s’assoient à deux, dans le cycle inférieur ils s’assoient à trois sur le banc-pupitre. Dans les zones périphériques comme à Ruziba et Kabezi, le constat est encore amer. Certaines écoles n’ont pas de dispositifs de lavage de mains.
Le port du masque, entre négligence et manque de moyens
Les responsables scolaires disent que face à ce problème de surpopulation des lieux d’apprentissage, le port du masque serait une solution alternative. Cependant, ils évoquent le manque de moyens pouvant leur procurer des masques à tous les écoliers. Le constat est le même aux personnels enseignants. Pas de précaution de la part des enseignants.
Comme nous explique le préfet des études au Lycée de la convivialité de Kanyosha, au début de l’année scolaire, certains enseignants avaient pris l’habitude de porter des masques. Cependant, ils étaient tellement minoritaires qu’ils ont eu honte de les porter seuls et ils ont abandonné.
Moins touchés mais pas épargnés
D’après les données recueillies par l’OMS, les enfants et les adolescents de moins de 18 ans représentent près de 8,5 % des cas de Covid-19 déclarés. Ils contractent généralement une forme bénigne de la maladie et peu d’entre eux en meurent par rapport à d’autres tranches d’âge. Des cas de maladie grave ont toutefois été signalés dans cette tranche d’âge. Comme les adultes, les enfants présentant des affections sous-jacentes auraient plus de risques de développer une forme grave de la maladie et d’être admis en soins intensifs. Des études plus approfondies sont en cours pour évaluer le risque d’infection chez les enfants et pour mieux comprendre la transmission dans cette tranche d’âge.
Le maintien d’une distance d’au moins un mètre entre les personnes, et notamment entre les bureaux, un lavage des mains fréquent et le respect de l’hygiène respiratoire, le port de masques adaptés à l’âge, la ventilation et le nettoyage de l’environnement sont de mise pour se prévenir contre la pandémie. Selon le protocole de l’OMS, les écoles devraient : sensibiliser le personnel et les élèves aux mesures de prévention de la COVID-19, établir un calendrier pour le nettoyage quotidien et la désinfection de l’environnement scolaire, des installations et des surfaces fréquemment touchées, mettre à disposition des installations pour l’hygiène des mains et suivre les directives concernant l’utilisation des masques.
Comme rappel, dans l’article 24 de la Convention Internationale sur les Droits de l’Enfant, les Etats-parties reconnaissent le droit de l’enfant de jouir du meilleur état de santé possible et de bénéficier des services médicaux et de rééducation. Egalement, les Etats-parties s’efforcent d’assurer la réalisation intégrale du droit susmentionné et, en particulier, prennent les mesures appropriées.
Le contenu des commentaires ne doit pas contrevenir aux lois et réglementations en vigueur.
La rédaction se réserve le droit de ne pas publier les commentaires enfreignant ces règles et les règles de bonne conduite.