Energie

Les énergies actuelles et futures dans le pays

Le bois énergie est utilisé sous forme de charbon et de déchets végétaux à 97,09 % par les ménages. Cela pour la cuisson et le chauffage. Cependant, le potentiel du pays pour produire l’électricité est énorme. Les stratégies sectorielles de mise en œuvre du Plan National de Développement (PND Burundi 2018-2027) élaborées par le ministère de l’Hydraulique, de l’Energie et des Mines dressent l’état des lieux, énumèrent les défis et les actions à mener

Selon ces stratégies sectorielles, les sources essentielles de l’énergie sont notamment les sources traditionnelles d’énergie (bois de feu, charbon de bois et résidus agricoles), les produits pétroliers, l’hydroélectricité, l’énergie solaire, la tourbe, l’éolienne, la géothermie et le biogaz.

D’après la lettre de politique énergétique (2011), l’offre nationale annuelle en bois énergie a pu être estimée entre 1 300 000 et 2 900 000 tonnes par an tandis que la demande nationale a été estimée entre 3 320 000 et 4 520 000 tonnes par an

Par ailleurs, stipulent ces stratégies, le potentiel pour produire l’électricité est énorme. Il découle en premier lieu des ressources nationales hydroélectriques et solaires prouvées et probablement des ressources géothermiques et biologiques (biomasse : l’ensemble des matières végétales ou animales pouvant se transformer en énergie) encore à explorer ou à tester.

Un déficit entre l’offre et la demande du bois énergie

Le bois énergie est la source d’énergie la plus utilisée. Il est utilisé sous forme de charbon et de déchets végétaux à 97, 09% par les ménages pour la cuisson et le chauffage. D’après la lettre de politique énergétique (2011), l’offre nationale annuelle en bois énergie a pu être estimée entre 1 300 000 et 2 900 000 tonnes par an tandis que la demande nationale a été estimée entre 3 320 000 et 4 520 000 tonnes par an.

Projet de valorisation des déchets urbains

Un programme de valorisation des déchets municipaux de la ville de Bujumbura pour la production de l’énergie et des combustibles modernes est évoqué via le cadre du Partenariat Public‐Privé (PPP).

La tourbe, un autre combustible pour le chauffage et la cuisson

Les gisements de tourbe étaient estimés à 150 millions de tonnes en 1990. Les gisements exploitables étaient évalués à 57 millions de tonnes. Actuellement, la tourbe est utilisée comme combustible pour le chauffage ou la cuisson. La consommation de la tourbe est de l’ordre de 13 mille tonnes par an avec une possibilité d’augmentation de la production.

Son utilisation pour la production de l’électricité est envisageable. Il conviendrait cependant que des études de faisabilité puissent être réalisées pour mieux analyser cette technologie, ses impacts économiques, environnementaux et fonciers, le risque éventuel d’épuisement de la ressource accessible et la concurrence avec l’usage de la même ressource en substitution du bois de feu.

Déchet de la canne à sucre comme source de courant électrique

Une centrale électrique alimentée par de la bagasse (déchet de la canne à sucre) existe à la Société Sucrière du Moso (SOSUMO)

Il s’agit d’une unité de cogénération de 2 x 2 MW alimentée à partir de la bagasse et fonctionnant durant toute la campagne sucrière de 6 mois. Malheureusement, cette turbine n’est raccordée qu’à l’usine de la SOSUMO et aux bâtiments administratifs). Aussi, les excédents éventuels pourraient être réalisés par un import/export sur le réseau de la Regideso.

Nécessité de réhabiliter les biogaz

Une soixantaine de projets collectifs de biogaz (écoles, camps militaires…) ont été réalisés dans les années 90 à partir des déjections animales ou humaines. Suite aux événements de 1993, une réhabilitation est nécessaire. Cette ressource énergétique reste pertinente à exploiter. Seul un site est fonctionnel pour le moment et la politique de remise en état de ces projets est en cours à la Direction Générale de l’Energie (DGE) et sa mise en œuvre par l’Agence Burundaise d’Electrification Rurale (ABER) suit son cours normal. Dix sites par an à partir de l’exercice 2020/2021 seront réhabilités, soit soixante-dix sites jusqu’en 2027.

Les défis constatés sont nombreux, entre autres : l’actualisation des données sur l’offre et la demande de la biomasse et de la tourbe comme source d’énergie, l’utilisation rationnelle des sources d’énergie traditionnelles (bois, charbon de bois), la mise en place des conditions favorables pour attirer plus d’investissements dans le secteur, l’amélioration des capacités en matière de techniques améliorées pour l’utilisation de la biomasse.

Les actions à mener sont la mise en place de la stratégie de substitution du bois énergie par d’autres combustibles modernes (DGE), la sensibilisation de la population sur la substitution du bois, la réhabilitation et/ou la construction de dix sites de biogaz par an, la production d’un bilan énergétique du Burundi

Energie hydroélectrique importante

Le régime hydrologique est très important. Il est couplé à des possibilités de captage et de chutes favorables. Le gisement hydroélectrique a été évalué à 1700 MW dont environ 300 MW techniquement et économiquement exploitables.

« En 2013, 156 sites potentiels ont été recensés ainsi que 29 sites existants ou en phase d’être développés », indiquent les stratégies sectorielles de mise en œuvre du Plan National de Développement. Les défis sont la protection des barrages contre les effets néfastes liés aux changements climatiques, la disponibilité des études de préfaisabilité et faisabilité pour la construction des centrales hydroélectriques, la nécessité de réhabiliter et d’étendre des réseaux de distribution, la capacité de planification de l’offre et de la demande de l’énergie.

Les actions à mener sont la finalisation des projets hydroélectriques en cours (Regideso, DGE, ABER), la réhabilitation et l’extension des réseaux de distribution (Regideso, ABER), la planification de l’offre et  la demande de l’énergie (DGE), la promotion des PPPs (DGE, AREEN), la plantation des arbres autour des barrages et des pistes d’accès et faire les études de préfaisabilité et de faisabilité des sites identifiés.

Energie solaire en voie de développement

L’ensoleillement moyen reçu annuellement dans le pays est estimé à 2 000 kWh par m2 et par an. L’utilisation de l’énergie solaire photovoltaïque est à un stade avancé. Quelques projets pilotes ont été mis en œuvre notamment l’éclairage public sur la voie routière en mairie de Bujumbura, les installations dans les centres isolés et les infrastructures publiques comme les hôpitaux, les centres de santé et les écoles. Actuellement, plusieurs ménages ont également trouvé la solution d’accéder à l’électricité par l’utilisation de l’énergie solaire.

Les défis rencontrés dans ce secteur sont le manque de données statistiques sur l’accès à l’énergie solaire, la marge tarifaire de production de l’énergie solaire, la pérennisation des infrastructures solaires installées et la règlementation de la norme sur les importations des produits solaires. De plus, le stockage de l’énergie constitue à lui seul un réel défi. Des solutions techniques existent mais elles sont encore très coûteuses aussi bien au niveau de l’investissement que de l’entretien.

Produits pétroliers et gaziers très utilisés dans le transport et l’industrie

Les produits pétroliers (l’essence, le gasoil, le fuel lourd, le pétrole, le jet A1 kérosène) constituent une source d’énergie importante dans l’économie du pays. Cela dans les secteurs du transport et de l’industrie. Ces produits sont totalement importés et le secteur est libéralisé.

Les défis concernent la mise en place d’un stock stratégique national pour le carburant, la fluctuation des coûts des produits pétroliers sur le marché international, la capacité de la population en matière d’utilisation des produits pétroliers et du gaz, les infrastructures suffisantes de stockage des produits pétroliers, un cadre légal adéquat et les équipements de certification et de contrôle de la qualité des produits.

Les actions à mener sont la réhabilitation des parcs pétroliers existants (PPG et Société d’Entreposage du Pétrole (SEP), la construction de trois nouveaux parcs pétroliers dans le cadre des PPPs (Sud, Nord et Est), l’acquisition des équipements de certification et de contrôle de la qualité, s’abonner aux prix platt’s et affecter le fonds stratégique carburant de la structure officielle des prix du carburant à la pompe à la constitution du stock stratégique.

Energie éolienne inexploitée

L’énergie éolienne est disponible sur le territoire national, mais il n’est pas exploité. Aucune étude de faisabilité n’a eu lieu relativement à l’exploitation de cette source d’énergie. Des études de faisabilité seront faites sur deux sites par la DGE jusqu’en 2023.

L’énergie éolienne est l’énergie renouvelable tirée du vent. Pour la produire, le vent fait tourner des pales qui font elles-mêmes tourner le générateur de l’éolienne

La problématique, c’est la disponibilité des études de faisabilité, l’identification des sites éoliens potentiels. La résolution de cette problématique consiste en l’identification des sites éoliens potentiels et l’élaboration des études de préfaisabilité et de faisabilité.

Energie géothermique : une quinzaine de sources chaudes

Le pays est localisé dans la vallée du Rift. Cette zone géologique dispose de potentialités géothermiques à l’échelle continentale (eaux chaudes souterraines). Il existe une quinzaine de sources chaudes dont les températures mesurées sont au maximum de 70°C environ.

Ce qui constitue un obstacle et explique le retard dans la concrétisation, c’est le peu de disponibilité des études techniques sur le potentiel au niveau national et l’identification des autres sites géothermiques potentiels. Une action urgente est à mener : élaborer des études de faisabilité de deux sites.

Un réseau électrique national interconnecté vétuste

Le réseau électrique national interconnecté est vétuste. Il enregistre des pertes techniques et commerciales. La puissance électrique installée est actuellement proche de 90 MW dont 34 MW de production nationale d’origine hydraulique. Les projets hydroélectriques nationaux et régionaux en cours d’aménagement totalisent une puissance installée de 196,35 MW. La puissance totale installée devrait être de 287,141 MW en 2027.

Les ouvrages de production au niveau national sont constitués par des centrales hydroélectriques et les centrales thermiques qui sont gérés par les institutions publiques et les privés. A cela s’ajoutent les centrales RUZIZI I et RUZIZI II.

Actuellement, l’offre en électricité ne satisfait pas encore la demande et, si les délestages sont moins fréquents, ils existent néanmoins. Dans les dix ans à venir, après l’achèvement des projets en cours, l’offre sera largement supérieure à la demande comme le signale les stratégies sectorielles de mise en œuvre du Plan National de Développement.

Dans nos prochaines éditions, nous allons vous parler des facteurs favorisant ou limitant et des axes stratégiques du secteur de l’énergie.

 

-Platts est une société créée en 1909  pour fournir des informations fiables, neutres et indépendantes sur les cours du pétrole. La société Platts se présente aujourd’hui comme leader mondial dans le domaine de l’information sur l’énergie et en particulier dans l’évaluation des prix de l’énergie (pétrole gaz, charbon et produites pétroliers) et tout particulièrement pour la fixation des cours du pétrole.

-Biogaz : est le gaz produit par la fermentation de matières organiques en l’absence d’oxygène. C’est un gaz combustible composé essentiellement de méthane et de dioxyde de carbone. Il peut être brûlé sur son lieu de production pour obtenir la chaleur et l’électricité ou purifié pour obtenir du biométhane utilisable comme gaz naturel pour véhicules ou injectable sur le réseau de distribution de gaz naturel.

Le biogaz est produit en utilisant le processus de méthanisation. Ce procédé consiste à stocker des déchets dans un espace dans lequel il n’y a pas d’oxygène. Ainsi, les déchets fermentent et dégagent alors du biogaz.

-L’énergie éolienne est l’énergie renouvelable tirée du vent. Pour la produire, le vent fait tourner des pales qui font elles-mêmes tourner le générateur de l’éolienne. A son tour, le générateur transforme l’énergie mécanique du vent en énergie électrique de type éolienne. L’énergie éolienne est donc une source d’énergie intermittente qui n’est pas produite à la demande, mais selon les conditions météorologiques. Elle nécessite alors des installations de stockage ou de remplacement pendant ses périodes d’indisponibilité

A propos de l'auteur

Mélance Maniragaba.

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