Agriculture

Les femmes dans les rizières, un travail de tous les dangers

Souvent réservée aux hommes, l’exploitation des rizières dans la plaine de l’Imbo nécessite un dur labeur. Avec le changement des mentalités et la complémentarité dans les ménages, les femmes s’impliquent de plus en plus dans cette activité en bravant tous les dangers qui peuvent les toucher

Viola Barahiraje, cultuvatrice : «Puisqu’on n’a pas le choix, nous essayons de faire avec les moyens de bord. C’est pourquoi nous mettons les pantalons pour que les sangsues ne nous collent pas dessus»

Mubone est connue non seulement pour ses briqueteries, mais aussi de vastes champs de riz étendus sur plusieurs mètres habillent le décor de la zone Maramvya. Nous sommes près de la rivière Muzazi, le soleil de midi rappelle à la fois une belle et dure saison sèche. Le travail champêtre n’y est pas très présent. Le manque criant d’eau d’irrigation en est la principale cause. Nous traversons in extremis les petits terroirs qui font office de rizières. De petites grenouilles grouillent dans les champs où il y a encore de l’eau dans les exploitations. De loin, on peut déjà distinguer la différence de verdure.

A une dizaine de mètres de nous, des jeunes gens s’activent à arroser les petits champs d’aubergine et d’autres légumes. Sous un petit arbre, deux dames cinquantenaires sont à l’ombre, canne à sucre dans la main, histoire de se déshydrater. Elles nous diront qu’elles sont là pour labourer les petits terroirs afin de repiquer les plants riz pour dans les prochains jours. On est intrigué par leurs tenues : pantalon jusqu’aux pieds, inhabituel pour une vielle dame. Elle, c’est Viola Barahiraje, une cultivatrice de Mubone. Elle laboure ses champs depuis plus d’une trentaine d’années. Elle assure qu’elle s’est lancée dans l’agriculture quand elle a constaté que la vie devenait plus chère. «Avant je vivais grâce à l’argent de mon mari. Il pouvait me payer tout et moi je m’occupais des travaux ménagers. Mais avec la cherté de la vie, j’ai vite compris qu’il ne faut pas baisser les bras et espérer survivre avec les seuls revenus de mon mari», nous témoigne-t-il. Le travail dans les champs était jadis réservé aux hommes suite à plusieurs dangers qui s’y trouvent.

Les marées étant le plus souvent infestées de vers, de sangsues ou même de serpents, les femmes sont les plus exposées. « Puisqu’on n’a pas le choix, nous essayons de faire avec les moyens de bord. C’est pourquoi nous mettons les pantalons pour que les sangsues ne nous collent pas dessus. Le problème reste avec les pieds. Moi par exemple il y a plus d’une année j’ai été piquée par un ver qui s’est introduit dans mon pied. Je l’ai su plus tard er j’ai dû aller en catimini à l’hôpital pour me faire soigner, et ça m’a coûté une fortune », raconte Mme Barahiraje.

Un travail à la fois pénible et peu rémunéré

Il est difficile de gagner sa vie quand on est cultivateur de riz, parce que cela demande beaucoup de temps et par là beaucoup de moyens, surtout pour les femmes veuves qui essaient tant bien que mal de tout faire pour se payer le repas quotidien. « Nous sommes obligées de travailler à la fois dans nos champs et dans ceux des voisins pour pouvoir survivre. Le travail abattu n’est jamais proportionnel à l’argent gagné », affirme Pascasie Baranyizigiye, une autre agricultrice.

Les cultivatrices de Mubone travaillent comme saisonniers dans les rizières de leurs voisins pour survivre.

Selon elle, les bottes qui leur serviraient de protection sont très chères. Elles sont vendues à plus de 20.000 FBu. Impossible de s’en procurer quand on gagne à peine 1.000 FBu par jour. Même son agribusiness n’est pas très rentable vu qu’elle la pratique sur de lopins de terres. Elles demandent à la Société Régionale de Développement de l’Imbo (SRDI), seule garante des exploitations de cette localité de revoir comment leur donner des outils appropriés pour ces femmes qui travaillent dans les rizières. « Si on pouvait avoir ces bottes à moins cher ou peut être les payer à long terme ça nous aiderait à mieux exercer. La SRDI serait capable de les subventionner pour les petits exploitants comme nous », plaide Mme Baranyizigiye.

Du côté de la société, ils affirment que le problème de ces femmes est bien connu, mais que leurs doléances demandent l’intervention du gouvernement. En attendant, ces battantes des rizières continuent de labourer fièrement leurs lopins de terre pour faire vivre leurs familles.

A propos de l'auteur

Bonaparte Sengabo.

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