Entrepreneuriat

Maison du fermier : Un centre agro-pastoral en pleine expansion

C’est un constat. L’entrepreneuriat agro-pastoral attire moins les jeunes. Cependant, certains jeunes se lancent déjà dans ce domaine. Le jeune Wilbert Dusabe de la commune Giheta en province de Gitega a créé sa propre ferme qu’il veut transformer en une véritable entreprise. Reportage    

Nous sommes à quelques centaines de mètres de la RN2. Nous traversons un village peu habité.  Il est 14 heures passé quand nous débarquons dans cet espace aménagé sur le sommet d’une petite colline, loin des ménages. Avant d’arriver à ce site où se pratiquent l’agriculture et l’élevage modernes, on traverse un petit boisement victime des activités agricoles. Cette journée-là, les nuages étaient abondants dans le ciel, enveloppant de temps en temps le soleil. Tout le monde n’est pas le bienvenu. On doit traverser une barrière, signe que tout visiteur doit justifier sa visite. A cette heure-là, quelques travailleurs sont à leur tâche dans les jardins.

La Maison du fermier est une machine économique déjà en marche.

Un centre en pleine expansion 

A l’entrée, le regard se porte sur un véritable site agro-pastoral en extension. Des maisons en cours de construction, de petits jardins dont certains sont destinés à des essais des cultures sont visibles. Dans une maison non encore pourvue de fenêtres et de portes, une petite salle est prévue pour l’accueil des personnes à la quête de formation.  De l’extérieur, on peut apercevoir un flipchart ayant servi dans la dernière formation qui est toujours suspendu sur un support adossé contre le mur.

Des espaces destinés à la pratique de l’élevage sont aménagés et l’exploitation est déjà lancée. A part l’élevage des animaux ordinaires comme celui de vaches, de porcs, de moutons ou de lapins, la ferme s’est également lancée dans la pisciculture. Selon Dusabe, l’élevage des poissons en dehors des vallées est une innovation au Burundi. Il affirme être le premier à pratiquer ce qu’il appelle « pisciculture à la maison ». Ses étangs piscicoles ne sont pas encore élargis. Deux étangs sont déjà fonctionnels tandis que deux autres sont en construction. Pour lui, la pisciculture en terre sèche est plus rentable et il croit même que d’autres personnes pourront s’y lancer d’ici peu. Selon ses observations, l’élevage de poissons n’a pas été développé depuis son introduction au Burundi. Cela est dû au manque d’espace à exploiter dans les marais, au vol ou autres défis. Ces défis découragent les entrepreneurs dans ce domaine. En plus, quand l’élevage se fait à la maison, la production est de loin supérieure à la maison que dans les marais.

Le projet donne déjà des fruits

La Maison du fermier est une machine économique déjà en marche. Selon Dusabe, cette ferme emploie déjà 13 salariés dont deux ingénieurs.  Un de ces derniers est spécialisé en production animale tandis que l’autre s’occupe des questions liées à l’agronomie. Son personnel comprend également quelques femmes et un sourd. Parfois, il est obligé d’engager des travailleurs saisonniers. « Ils viennent surtout quand il faut transporter le compost », dit-il. Ce jour-là, 9 personnes étaient dans les champs. Les uns s’occupaient de l’enfumage et du repiquage. D’autres travaillaient sur un nouveau chantier prévu pour accueillir la culture du riz, l’élevage des poissons et des oies.

Le propriétaire de cette ferme parvient à mettre sur le marché au moins 4 tonnes de poissons tous les quatre mois et demi. Selon lui, les deux étangs en exploités peuvent produire jusqu’à 8 tonnes de poissons. Aussi, la vente des animaux lui permet d’encaisser l’argent de temps en temps. Il cherche à continuer les recherches et à agrandir ses champs. Le promoteur de la Maison du fermier dit avoir déjà commencé à fournir le bétail à la population.

Fondée en 2016, la Maison du fermier porte déjà des fruits. Alors qu’il affirme s’être lancé au départ dans ce business sans une grosse somme d’argent, Dusabe indique que son entreprise a aujourd’hui une valeur de plus de 100 millions de FBu. Cet ingénieur en électromécanique converti en fermier pointe du doigt le manque de volonté chez certains jeunes. Pour lui, la jeunesse peut s’engager dans l’entrepreneuriat même si elle ne dispose pas de gros capitaux.

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A propos de l'auteur

Jonathan Ndikumana.

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