La production du manioc est encore embryonnaire pour être une culture industrielle. Emmanuel Njukwe, Représentant pays de l’International Institute for Tropical Agriculture (IITA) appelle les producteurs réunis en coopératives à diversifier les variétés de manioc par la durée de maturité et la résistance aux maladies

« Nous sommes en train d’introduire trois variétés de manioc résistant aux maladies ravageurs et très rentables. On doit varier l’âge de maturité de la variété choisie pour que les unités de transformation du manioc disposent de la matière première tout le temps » explique Emmanuel Njukwe, représentant pays de l’IITA. Pour y arriver, il explique que les agriculteurs doivent disposer de variétés de manioc à période de maturité de 8 mois, 14 mois, et celle tardive de 24 mois. Avec ces trois variétés, les coopératives sauront que les tubercules seront disponibles pendant toutes les saisons et dans les 210 jours par an qui sont prévus pour faire fonctionner une unité de transformation.
Dans cette perspective, l’IITA est en train de voir les stratégies qu’on peut mettre en place pour gagner ce pari. « On a fait des études pour voir quelle quantité de manioc est produite à l’heure actuelle, quels sont les potentiels requis pour augmenter cette quantité et si elle augmente, quelles doivent être les capacités de l’unité de transformation qu’on veut construire », a -t-il souligné.
Centre de collecte de proximité
Pour bien approvisionner et rentabiliser les unités de transformations du manioc, M.Njukwe informe que les résultats d’une étude réalisée par l’IITA montre qu’il ne faut pas qu’un commerçant fasse 30 km pour acheter les tubercules de manioc. Selon lui, la Productivité et Développement des Marchés Agricoles (PRODEMA), a déjà mis en place des centres de collecte de manioc dans les provinces comme Muyinga, Ngozi et Rutana et l’IITA vient pour appuyer ces initiatives.

Le processus d’accompagnement des producteurs pour la rentabilité de cette culture concerne la collaboration avec les différents acteurs qui sont impliqués dans la chaine de valeur. Il s’agit des semenciers qui multiplient les semences améliorées de manioc et résistantes aux maladies et aux ravageurs pour avoir des quantités plus importantes à distribuer aux bénéficiaires. Selon Njukwe, les semences résistant au soleil brun et à la mosaïque sont disponibles à l’Institut des Sciences Agronomiques du Burundi (ISABU). Les DPEAE doivent vulgariser ces variétés dans les provinces respectives et les coopératives peuvent s’y en approvisionner. Ainsi, l’IITA apprend aux producteurs de manioc une technologie moins coûteuse à utiliser pour diminuer le coût de production afin d’augmenter le rendement.
Résultats satisfaisants
Léonidas Nyanzira, secrétaire de la coopérative Rumuri-Minago, en province de Bujumbura salue l’apport de Prodema dans l’augmentation du rendement des champs de manioc. Sur un terrain de 2,5 ha exploité par sa coopérative, on a déjà effectué une récolte sur 0,5 ha et on totalise une production de 4,25 tonnes. Selon lui, on ne dépasserait pas 800 kg avec le système traditionnel. Toutefois, M.Nyanzira indique que le rendement aurait pu atteindre 6 tonnes si on avait respecté le calendrier cultural. Alors que le semis devrait être fait en octobre, il n’a été effectué qu’en février. Il salue l’initiative de l’IITA qui vient de prendre le relai de Prodema dans l’augmentation du rendement agricole du manioc.
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