Spéciale femme

Les mariages précoces, un fléau qui persiste dans la société

Forcés ou non, les mariages précoces sont souvent une double peine pour les jeunes filles : leurs droits à une enfance heureuse et à une éducation sont bafoués, et leur santé mise en péril du fait des grossesses précoces que le mariage implique. Une fois mariées, les perspectives d’avenir pour ces enfants sont minces et les empêchent de sortir de la pauvreté en particulier et   de contribuer au développement  du pays    

« L’homme, avant vingt-et-un ans révolus et la femme avant dix-huit ans révolus ne peuvent pas contracter un mariage. Néanmoins, le gouverneur de province peut accorder une dispense d’âge pour motifs graves », lit-on dans le projet de réforme du code des personnes et de la famille de 1993 qui est en cours de révision. Toutefois, les mariages clandestins des hommes et des femmes n’ayant pas encore atteint l’âge requis s’enregistrent toujours dans notre société. Les causes du mariage précoce sont diverses et variées mais surtout  empêchent les jeunes filles de se développer pleinement et sereinement en décidant de leur avenir.

Les jeunes filles mariées précocement sont plus en proie aux risques de violences conjugales et sexuelles.

A la recherche d’une protection

Me Sonia  Ndikumasabo, Présidente et Représentante-légale de l’Association des Femmes Juristes du Burundi fait savoir que les mariages précoces s’expliquent presque toujours par le désir des jeunes filles de trouver une alternative aux difficultés économiques, sociales et morales du quotidien. « Le monde évolue si vite et les besoins sont énormes. Les parents ne pouvant pas les combler, les jeunes filles se tournent vers le mariage », explique-t-elle.

Une jeune fille mariée serait une bouche de moins à nourrir. De ce fait, certains parents tolèrent le souhait de leurs enfants. « Selon eux, le mari fait une figure de protecteur et d’assureur ».

Une jeune fille se doit d’être une épouse et une mère selon les normes sociales. Plus vite une jeune fille est mariée, et plus les risques de grossesse hors mariage  sont moindres. La pression sociale, bien qu’implicite, pousse alors les familles vers la décision de mariage avant même que leur enfant soit adulte.

Un handicap pour le développement

Les mariages précoces ont aussi des répercussions sur le développement économique et social de tout un pays. « Les jeunes filles qui se marient précocement n’ont pas d’activités professionnelles. La plupart ont abandonné l’école. Le pays est donc dépourvu d’une main d’œuvre. Ce qui constitue un manque à gagner colossal pour le pays », explique-t-elle.

Qui dit mariages précoces dit souvent des grossesses précoces qui peuvent avoir de graves répercussions sur la santé des jeunes filles en pleine puberté, dont le bassin n’est parfois pas totalement formé. Les risques pour la santé sont alors aussi importants pour la mère que pour le nourrisson, et les accouchements peuvent s’avérer compliquer. Dépourvues de toute éducation sexuelle, les jeunes filles peuvent être victimes des violences de la part de leur maris, souvent plus âgés. « Les jeunes filles mariées précocement sont plus en proie aux risques de violences conjugales et sexuelles », fait savoir Me Ndikumasabo.

Une culture à déconstruire

Les mariages précoces touchent plus les campagnes que les centres urbains. La protection des jeunes filles par le mariage précoce est une autre idée reçue à déconstruire auprès des communautés. Pour Me Ndikumasabo, le moyen de combattre ce fléau est de sensibiliser les communautés. A travers les clubs de parents, des journées de sensibilisation communautaires ainsi que des accompagnements personnalisés, les bénéficiaires (enfants et adultes) peuvent obtenir des informations sur la santé reproductive, les besoins spécifiques des enfants et des cours en droit du mariage et de la famille.

Pour rappel, Chaque année, 12 millions de filles se marient avant l’âge de 18 ans dans le monde.

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A propos de l'auteur

Dona Fabiola Ruzagiriza.

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