L’environnement est menacé suite à l’extraction du charbon de bois, un combustible de première nécessité au Burundi. Certaines collines sont dénudées suite à l’utilisation incontrôlée du charbon de bois. La synergie des médias s’est penchée sur cette situation préoccupante pour trouver des alternatives
Le bois de chauffage et le charbon de bois sont utilisés au Burundi à plus de 95% dans les ménages. Les statistiques montrent que 55% du charbon de bois utilisés dans la cuisson dans la ville de Bujumbura viennent des provinces de Bururi et Makamba. C’est dans cette optique qu’une synergie des medias a été organisée sur la promotion des énergies alternatives.
Nyabiraba menacée par la déforestation
Les collines Dunga et Raro de la commune Nyabiraba en province Bujumbura sont presque désertes. De part et d’autres des routes qui mènent vers cette localité, des stères de bois s’observent. Les collines Mukungu et Gatete ne font pas exception à la règle. Elles sont en proie à la déforestation suite à la prolifération des constructions. Les populations riveraines des boisements avancent la pauvreté comme principale cause du déboisement. Elles avancent qu’elles coupent les arbres pour subvenir aux besoins quotidiens surtout dans un contexte d’insécurité alimentaire. Cependant, la population est consciente des dangers liés à la déforestation.

Les jeunes investissent dans le charbon écologique à base d’épis de maïs et de déchets ménagers.
Les autorités administratives en collaboration avec l’Office Burundais pour la Protection de l’Environnement (OBPE) militent pour la préservation de l’environnement. D’après Vianney Masumbuko, représentant de l’OBPE dans cette localité, les séances de sensibilisation à la protection de l’environnement portent des fruits.
Le bois de chauffage; une denrée rare à Makamba
La province de Makamba est un exemple parlant où la population subit l’impact de la déforestation. Les habitants de cette province rapportent un manque criant de bois de chauffe. Les communes riveraines de la province de Bururi s’approvisionnent en bois dans cette province. L’approvisionnement en bois de chauffe est un véritable casse-tête. Les autorités invitent la population à pratiquer l’agroforesterie pour remédier au problème de pénurie de bois de chauffage.
La promotion des sources d’énergie, un impératif
Pas mal d’initiatives ont été prises çà et là pour substituer le bois utilisé comme source d’énergie. Cependant, les moyens utilisés demeurent limités pour vulgariser ces sources. A Gitega, l’association KAGE (Kaze Green Economy) fabrique le charbon écologique à base d’épis de maïs et de déchets ménagers. Kaze Delphin en est l’initiateur.
Jean Marie Hatungimana, représentant de l’OBPE à Gitega salue les travaux de ces jeunes qui fabriquent le charbon écologique à partir des déchets ménagers. Et si la population utilise ce charbon fabriqué à base des déchets, il ne doute pas que la dépendance vis-à-vis du charbon de bois diminuerait. D’ailleurs ce produit très prisé dans les villes n’arrive pas à satisfaire la demande. Dans la capitale économique Bujumbura, les prix du charbon de bois explosent. La population demande à l’administration et au ministère de l’Hydraulique, de l’Energie et des Mines à prendre plus de précautions pour résoudre le problème de la pénurie charbon de bois.
Quid du charbon ?
D’après Janvier Murengerantwari, directeur général de l’OBPE, le bois de chauffage cause des dégâts environnementaux. La démographie galopante est à l’origine de la deforestation. L’OBPE rassure au niveau de l’équilibre entre le rythme de plantation et d’abattage des arbres. Chaque province a planté plus de 120 000 arbres en 2019. En plus de la réglementation sur le respect de l’environnement, le ministère a mis sur pied le programme d’utilisation des ustensiles et des briquettes fabriqués localement. A côté de tout cela, le ministère a entrepris le programme de plantation massive des arbres dans les endroits où il y a des constructions de barrages. Ceci à travers le projet « Ewe Burundi Urambaye ».
L’entreprise Bioénergy a emboîté le pas au programme en fabriquant des briquettes combustibles à base de déchets menagers. D’après Benjamin Bikorimana patron de cette entreprise, ces briquettes sont moins chères que les charbons de bois. Pourtant, la fabrication se heurte à un défi de taille, à savoir : l’acquisition des machines pour leur fabrication à grande échelle. Le Ministère de l’Energie et Mines, encourage la population à utiliser les briquettes et le gaz et/ou le biogaz pour réduire la pression sur les ressources naturelles. L’Etat a pris le devant de la scène dans la promotion des énergies alternatives en exonérant les importateurs des droits de taxe et de douane sur le gaz.
Le Kenya, champion dans l’utilisation du gaz
Pour Bikorimana, les Burundais doivent être sensibilisés sur l’utilisation du gaz comme combustible. Cela va réduire le volume du bois de chauffage utilisé dans la cuisson des aliments. Et c’est un atout pour la préservation de l’environnement. Le porte-parole du Ministère de l’Intérieur, et de la Formation Patriotique et du Développement Local précise qu’il y a des lois pour autoriser l’abattage des arbres. Il explique que celui qui veut abattre ses arbres doit présenter un document signé par les autorités. Ledit document explique dans les moindres détails le remplacement des arbres coupés.
Pour le ministère en charge de l’énergie, il faut que la population comprenne le bien-fondé de la protection de l’environnement. Il est demandé aux camps militaires, aux lycées et aux prisons d’utiliser les briquettes et les foyers améliorés nécessitant moins de charbon de bois. L’union fait la force. Il faut que tout un chacun s’implique dans la protection de l’environnement.
Signalons que la synergie des médias a été organisée par les radios Isanganiro, Rema FM et Izere FM et les journaux comme Burundi Eco et Iwacu ainsi que le collectif des blogueurs Yaga Burundi sur appui financier et technique de l’ambassade du Royaume des Pays Bas et la coopération Suisse.
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