Des groupes de solidarité et d’entraide dits SILCs (Savings and internal lending communities) se développent ici et là en province de Muyinga. Des femmes témoignent avoir réalisé des activités d’auto-développement grâce à ces groupements. L’autorité locale encourage les femmes à intégrer leurs maris dans ces genres de groupements pour plus d’harmonie dans les ménages
Une vingtaine de femmes se rassemblent dans les parages du stade de Mukoni en ville de Muyinga. Autour d’un cercle, elles échangent des billets de banque par l’intermédiaire du chef du groupe. C’est devenu une habitude. Nous nous rassemblons ici le soir une fois la semaine, confie Mme Joselyne Ndayisaba, chef de l’association Umukenyezi mu Rugo ku Neza y’Ibibondo.

L’objectif de l’organisation communément appelée SILCs est l’inclusion financière de la femme qui épargne et accède au crédit.
L’objectif de l’organisation communément appelée SILCs est l’inclusion financière de la femme qui épargne et accède au crédit, signale la responsable. Sous l’encadrement d’un agent de l’organisation Catholic Relief Service (CRS), ces femmes ont aussi droit aux notions d’entrepreneuriat et de résolution pacifique des conflits. Aujourd’hui, je gère un petit commerce de denrées alimentaires grâce au crédit obtenu via notre SILC, confie Aicha, membre de l’association. Chaque semaine, on épargne un montant quelconque et, du coup, des demandeurs de crédits se partagent l’argent pour réaliser des projets d’auto-développement, ajoute Mariam.
Le groupe de Mukoni n’est qu’une illustration du regroupement des femmes, confie un jeune homme, agent de l’ONG CRS, une des organisations initiatrices de ces associations d’épargne et crédit. On les rencontre ici et là dans différentes communes sous diverses appellations, signale un cadre de l’organisation Care International qui a promu des groupes dits Nawe Nuze.
Plus de succès et moins d’échecs ?
L’autorité provinciale en collaboration avec les initiateurs de Nawe Nuze ont organisé une journée fut aux groupes d’épargne et crédit fin février. Un des moments forts de la journée concerne le témoignage des femmes qui ont connu un bond en développement grâce aux SILCs. Devant des centaines de femmes, une certaine Chantal originaire de la commune Mwakiro explique. Mon capital de départ a été la force et l’imagination mais, aujourd’hui, j’ai un patrimoine d’une valeur estimée en millions de francs burundais, lâche la trentenaire d’années sous les acclamations de l’auditoire. Elle dresse son portrait à s’associer avec d’autres femmes et présente sa situation actuelle.
Dans l’isolement, j’étais misérable. Je travaillais pour les autres pour gagner le pain quotidien, révèle-t-elle avant de signaler qu’avec l’initiative des SILCs, elle a intégré un groupe de sa colline et a contracté un crédit de 15 000 FBu. Avec l’esprit entrepreneurial, elle s’est lancée dans la fabrication d’une bière locale à base de la farine du maïs. Après cinq ans d’activités, elle a acheté avec le bénéfice réalisé des propriétés foncières, des animaux domestiques et des plaques solaires pour l’éclairage de sa maison. J’ai un patrimoine immobilier et mobilier d’une valeur de plus de six millions de FBu, révèle-t-elle.
Mme Denise Ndaruhekere, conseiller social du Gouverneur de la province Muyinga parle de succès des groupements communautaires d’épargne et de crédit. Cette administratrice pointe du doigt un défi. Quelques hommes qui interdisent encore à leurs femmes de participer aux organisations féminines. Subséquemment, certaines femmes contractent des crédits à l’insu de leurs époux. L’autorité provinciale recommande un dialogue franc entre les membres des couples et la participation commune des hommes et des femmes dans le cadre de l’organisation et la formation en vue d’atteindre un développement durable.
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