Il y a trois semaines, l’Association des Transporteurs du Burundi (ATRABU) a lancé la campagne de port de masques par les chauffeurs de bus. Une initiative bien accueillie par les usagers de transport en commun, mais qui n’a duré que le temps de la rosée
C’est la matinée de ce mardi 11 août 2020 au boulevard Mwezi Gisabo, sur le lieu appelé Gare du Nord.Les gens s’empressent de prendre les bus. Le temps de regagner à l’heure le lieu de travail. Les rabatteurs se bousculent pour remplir les bus. Tous les moyens sont bons, soit prendre les clients par les bras, soit par les épaules. La distanciation physique est une histoire ancienne pour eux. Arrivé dans le bus, je suis captivé par le regard du chauffeur dans son rétroviseur.

Sur l’arrêt-bus du centre-ville, les dispositifs de lavage des mains ne sont plus utilisés comme il faut.
Au lieu de voir un visage masqué comme l’avait annoncé précédemment l’Atrabu, c’est un sourire et des échanges de mots avec les clients qui sont au rendez-vous. J’essaie de lui poser la question de savoir s’il aurait un masque sur lui. Une réponse toute simple s’échappe de sa bouche. « Le jour où on a donné les masques, je n’étais pas là. Et je peux te dire que même n’eût été cela, c’est insupportable de le porter toute la journée sous cette chaleur de chaudière », lâche-t-il d’un air ironique.
Le non port de masques ne préoccupe personne
Les cinq chauffeurs présents à cet arrêt-bus semblent ne pas être concernés par le port de masques. Et même les passagers n’ont rien à leur reprocher. « Il n’y a aucune importance que seuls les chauffeurs portent le masque au moment où nous sommes entassés comme des poissons dans les bus. Si un parmi nous est porteur du Covid-19, nous sommes tous vulnérables », fait savoir un des clients ayant pris place dans un mini-bus qui dessert le trajet Gasenyi-centre-ville.
Le lavage des mains, une pratique presqu’oubliée
Depuis quelques mois, les différentes lignes de parking au centre-ville s’étaient dotées de seaux d’eau et de savons pour le lavage des mains. La rigueur s’en était suivie, mais n’a pas fait long feu. Il suffit d’y passer pendant les heures de pointe pour constater que personne ne se soucie du lavage des mains. « Avant on signalait à tout le monde qu’il fallait passer par le dispositif de lavage des mains. Maintenant on s’engouffre dans les bus comme si de rien n’était », se désole Claude, un passager en attente sur la ligne des bus en partance vers Kamenge. Il se demande comment les gens peuvent relâcher les mesures barrières alors que les cas de contamination ne cessent de croître. « Il faut que ceux qui gèrent les parkings restent vigilant et exigeant pour le bien de tous », poursuit-il. Comme nous l’avons constaté, les seaux sont à sec et les savons ont tari. Ce qui montre à fortiori que les mesures barrières sur les arrêts-bus ne sont plus respectées.
L’évolution du coronavirus en chiffres
Avec la campagne « Ndakira, sinandura kandi sinanduza abandi » initiée par le gouvernement, il y a eu flambée des cas positifs. Selon les derniers chiffres fournis par le ministère de la Santé Publique et de la Lutte contre le Sida, 17. 306 tests ont déjà été effectués dont 14.691 pendant la campagne. Au total, 408 personnes ont été testées positives à la Covid-19 dont 315 guéries et un seul décès.
Ailleurs en Afrique, l’Afrique du Sud est le plus touché avec plus de 500.000 cas recensés et plus de 9.000 morts. Il devient ainsi le 5ème pays le plus touché au monde et le premier sur le continent africain.
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