Le Burundi vient de mettre en place un permis de conduire biométrique. Celui-ci est obtenu moyennant 100 mille FBu la pièce. Plus de 290 mille permis de conduire papier avait déjà été délivrés. Ce qui équivaut à plus de 29 milliards de FBu. Cela été constaté lors du lancement officiel de ce permis, mardi le 5 juillet 2016.

Alain Guillaume Bunyoni, ministre de la Sécurité Publique en train de se faire enregistrer pour l’obtention du tout premier permis
Dévoilant les bienfaits de ce permis, le ministre de la Sécurité Publique Alain Guillaume Bunyoni déclare que c’est un document qui respecte les normes et les standards internationaux. « Le permis de conduire biométrique est un document de technicité moderne qui a la capacité de conserver les données biométriques du détenteur », fait-il remarquer. Le ministre Bunyoni affirme que le permis de conduire biométrique n’est pas falsifiable et imitable. « Il permettra de faire la traçabilité de la conduite et du comportement du conducteur. Les fautes, les manquements et les contraventions du conducteur, bref toutes les données du porteur seront recueillies et gardées », précise-t-il. Le ministre Bunyoni indique en outre que le nouveau produit permettra la connectivité avec d’autres services partenaires en matière de circulation et de sécurité routières. Le commandant de l’unité de police de roulage et de la Sécurité Routière (PSR), Alfred Innocent Museremu, signale que les détenteurs des permis de conduire papier doivent payer une somme de 100 mille FBu pour obtenir le biométrique. Ceux qui n’en disposent pas, selon toujours lui, doivent passer les examens et payer les 100 mille FBu après réussite de ceux-ci. « Que ce soient les conducteurs qui habitent l’intérieur du pays, que ce soient ceux qui habitent Bujumbura, tout le monde doit passer au PSR pour enregistrement et obtention du permis de conduire biométrique. La date limite donnée aux détenteurs des permis en papier pour acquérir le nouveau permis biométrique est fixée au 29 novembre 2016 », informe-t-il. Le commandant Museremu rappelle que les permis déjà délivrés sont au nombre de 290 mille, soit une équivalence de 29 milliards de FBu si on se réfère à leur remplacement.
« Moyen de remplir leurs poches »
H.C est un chauffeur. L’introduction du permis biométrique n’est qu’un prétexte pour les initiateurs de remplir leurs poches. « Imaginez-vous que l’ancien permis se délivrait à 40 mille FBu. Le nouveau coûte 100 mille FBu. Cette différence de prix est énorme », s’indigne-t-il. H.C avoue qu’il lui est impossible de se procurer le nouveau permis au moment où il touche 150 mille FBu par mois là où il travaille et qu’il est également obligé de s’occuper de sa famille. Bosco Minani, président de l’Association des Transporteurs du Burundi (ATRABU), rassure qu’un conducteur en fonction ne peut pas manquer la somme prévue pour payer ce permis. Il tient compte du délai maximal de cinq mois donné pour retirer les anciens permis de la circulation. Par ailleurs, renchérit-il, c’est un bon moyen de lutte contre les permis frauduleux. « Ce qui permettra la diminution des accidents de roulage », se réjouit-il.
Notons qu’en moyenne 100 permis frauduleux étaient confisqués mensuellement selon le commandant du PSR.
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